‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 67 sur 144 · DACRYOLITIIES, OU CALCULS LACRYMAUX DANS LES UEPLIS DE LA CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

DACRYOLITIIES, OU CALCULS LACRYMAUX DANS LES UEPLIS DE LA CONJONCTIVE

On a rapporlé plusieurs observations de dépôts calcaires provenant i des larmes et ayant formé des concrétions dans les rei)lis de la cou- jonctive. Le volume considérable de quelques-unes de ces concrétions « et la fréquence avec laquelle elles se re|)roduisaient, ont fait concevoir des doutes sur la réalité de celte alVeclion et donné à penser ([ue les substances extraites avaient pu être introduites à dessein dans l'œil. . Néanmoins, l'analyse chimique et des faits recueillis par des obsep- • valeurs d'une exactitude reconnue, doivent faire cesser tout doute (1), .

Obs 210 — En 1811, un petit niorcenu Je chaux se détacha du plafond d'un apparlemeni et tomba dans l'œil gauche d'une jeune femme bien portante. Le professeur Waltber enleva le corps étranger : l'œil ne paraissait avoir subi aucune lésion En février 1813 la malade ressentit pour la première fois de violentes douleurs de dents auv mâchoires supérieure et inférieure. On pratiqua l'extraction de plusieurs molaires cariées nui paraissaient les plus douloureuses, mais sans amener de soulagement prolongé. Bientôt apr s, elle fut prise d'une constipation assez, opiniâtre, accompagnée de coliques; d s lavements, des lomenlalions l'en débarrassèrent. Vers la fin du mois de juillet de la même année, elle commença à accuser dans l'œil gauche une sensation de brûlure, de picotement qui augmentait quand elle faisait mouvoir les paupières, ou s exposait aux rayons du solei En Examinant soigneusement l'organe, on découvrit une concrétion blanchâtre, aïguleuse: située entre le globe de l'œil et la paupière inférieure, vers l'angle externe de r. 'œil El e avait environ le volume d'un pois, et quand on l'eut extraite de l œi , ell e . réduisU facilement entre les doigts en une poudre grasse sablonneuse Bien que la malade . ni m - s positivement qu'aucun corps étranger ne lui était entre dans l'œ.l, Wallher upposa que ie qu'il venait d'extraire était un morceau de chaux qui ne se trouvait la qu ■ def^s peu de temps. Il fut donc très surpris, lorsque, trois jours après, la malade muI . ouv r denouveaïavec un calcul en tout semblable au premier et occupai! exac ement même ce L'œil était cette fois fortement ennammé ; la douleur ne •;esl;Ul pas ornée ■ ù cetoT'a e maiss'étendaitdausladirectiondunerfsus-orbita.re. La photopliobieet e I r- ■ mo n ei t L e en proportion des autres symptômes. L'infiammation de l'œil a va Sua vei le au soir, ilar un violent paroxysme fébrile, accompagne de frissons suiv . Se alèut Bi que ce nouveau calcul eût été facilement extrait, le lendemain matin, apre un nu t pén ble et sans sommeil, rintensilé de l'inflammation s'était beaucoup accr e t Toi aï rcevait dans le pli inférieur de la conjonctive une autre concrétion blanclia au e ou. suivant, avait un volume égal à celui des deux autres. La paupière super.eu et i't e namnï e, e les bords des deux paupières lu'»éfiés, L'inflammation fut ass inise our exiger l'emploi de la saignée et des autres remèdes «"l'Pl' og-st qu • Ils ^ amenèrent Quelque soulagement; mais quatre jours plus tard, ^f^^'^'f^fl^'^

boire abondamment d'une infusion de viola tncoloi . Api es six jour^ uni

UD DESMxnaES. Mémoire sur lesdacryolilhes et les rhinolilhos. An». d'Ocul.. VII, VlII. IX, 1842-43. - Op. cit. l. Il, p. 202.]

LÉSIONS TU\l!M.\TiyUi:.S DF. LA CONJONCTIVE.

remèdes, temps poiuliinl lequel l'iiriiie fut trouhie el fcHide, el Uiissa déposer un sédiment iihoiidiin'l, la disposition à la formation des calculs i)arut diminuer lieaucoup d'activité. Pendant l'espace de "24 heures, il ne se fonna qu'une jjetile concrétion ; puis il ne se produisit plus qu'une poudre blanchâtre (|ni ne se réunissait plus en masse et ne demandait à être enlevée que tous les deux jours. Mais à mesure (jue ralfeclion de l'œil gauche allait on décroissant, une maladie toute semhlahie se déclarait à droite, occupant exactement le même point de la conjonctive, c'est-à-dire la portion comprise entre le glohe de l'œil et lu paupière inférieure. Sa marche fut exactement celle qui avait été observée de l'autre côté; c'est-à-dire (lueles calculs se formèrent d'abord lentement et en petit nombre, puis plus rapidement et en plus grand nombre; l'inllammalion fut d'abord modérée, |)uis devint plus intense et exigea l'emploi de plusieurs saignées. Néanmoins l'afleclion n'acquit jamais la même intensité qu'à gauche, et sa durée fut plus courte. Elle cessa graduellement comme elle s'était accrue, les concrétions devenant moins nombreuses, moins volumineuses, et cessant enlin tout à fait. I.a durée totale de l'alTection fut de près de dix semaines. La poitrine de la malade parut soulïrir un i)eu des nombreuses émissions sanguines et du changement de régime, peut être aussi de l'usage prolongé de la médication alcaline; elle fut prise d'une toux fatigante, qui surtout le matin s'accompagnait d'une expcctoralion abondante: sa santé générale paraissait fort altérée. Wallher lui prescrivit une infusion de lichen d'Islande et un régime plus généreux. En trois semaines elhi se rétablit |)arfailenienl. Quelques années après, elle fut néanmoins encore attaquée de la même maladie. Des concrétions ressemblant aux premières pour la couleur, les dimensions et les autres propriétés, se formèrent dans l'œil gauche; elles se montrèrent d'abord entre la paupière inférieure et le globe de l'œil, puis entre celui-ci et la paupière supérieure. Quelques jours après les calculs se montrèrent aussi dans l'œil droit. Les yeux furent cette fois moins enflammés, et la maladie ne se prolongea pas autant que lors de la prennère attaque. Vv'alther prescrivit immédiatement la solution de potasse. Le nombre des calculs qui se produisaient chaque jour diminua bientôt, et l'affection eut une durée plus courle. A l'analyse, on trouva que ces concrétions étaient com|)osées de carbonate de chaux qui en formait la plus grande partie en poids; de traces de phosphate de chaux et de lymphe coagulable ou d'albumine. Elles ressemblaient donc aux calculs salivaires et au tartre qui se dépose sur les dents (1).

SECTION IV

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