VERRUES DE LA CONJONCTIVE
On rencontre sur toutes les parties de la conjonctive, sans en excepter la surface de la cornée, des verrues rouges, charnues, et un peu granuleuses, isolées ou réunies en groupes. Il commence à s'en développer une sur la membrane semi-lunaire, par exemple ; puis d'autres surviennent, jusqu'à ce qu'une portion considérable delà conjonctive oculaire et palpébraleen soit affectée. M. Travers les compare aux végétations qui naissent à la face interne du prépuce, et il les attribue à une cause semblable, c'est-à-dire à l'iriitation produite par une sécrétion morbide. Elles sont ordinairement accompagnées d'une inflammation puro-nuiqueuse de la conjonctive.
J'ai observé un cas dans lequel, après l'ablation d'une petite verrue située sur la surface externe de la paupière inférieure, il s'en développa une multitude d'autres sur la conjonctive oculaire. Elles disparurent spontanément, mais laissèrent un symblépharon partiel des deux paupières. Dans un autre cas que j'ai vu, une verrue qui naissait par un pédicule étroit de la conjonctive scléroticale, s'accrut au point de recouvrir tout l'œil, offrant un aspect qu'on aurait pu aisément confondre avec un fongus hématode de l'œil. En refoulant la tumeur de côté, on vit que la cornée était saine, et un examen attentif permit de reconnaître que le pédicule n'adhérait même pas à la sclérotique, car il était mobile sur le globe de l'œil. Il ne faut pas confondre les végétations de la conjonctive avec les fongosités qui se développent autour d'un corps étranger logé dans le repli de la conjonctive, ni avec les afi'ections fongueuses de la conjonctive que nous décrirons ci-après.
Bien que la marche de ces excroissances soit lente, elles déterminent une irritation et une inflammation considérables, qui s'étendent quelquefois jusqu'à la cornée : il faut donc les enlever immédiatement avec les ciseaux. Les escharotiques, bien qu'ils puissent retarder leur développement, ne paraissent point avoir la puissance de diminuer leur volume.
M. Wardrop a décrit une excroissance vcrruqueuse congénitale de la conjonctive cornéenne. Il dit qu'elle était dure, immobile, offrant à l'extérieur un aspect rude et granuleux ; sa coloration brunâtre n'an-
MALADllîS Ulî LA CONJONCTIVE.
noiiçail pas (|irollo lïil, livs viisculairc. Elle ôlail jxUilc lorscuroii Tobserva pour la première fois, mais elle s'accrul à mesure (\ini reiiliiiii i gramiil (1). M. Bowman (Î2) rapporte un cas d'opacité verra(|ueuse i de la cornée ; la surface eu était ruf^ueuse comme celle d'une corne molle. En pratiquant l'abrasion, il en diminua la saillie et améliorai la vision.
SECTION XIII
POLYPES DE LA COiNJONCTIVE.
M. Lawrence (5) rapporte qu'il a vu se développer sur la conjonctive de petits polypes analogues à ceux de la membrane de Schneider. . Dans un cas, la tumeur avait le volume d'un pois, et était réunie à la i surlace interne de la paupière supérieure par un prolongement mince. Sa surface était unie et muqueuse. Lorsque M. Lawrence l'enleva d'un i coup de ciseaux, il trouva que le pédicule en était dur et exigeait une certaine force pour se laisser diviser. On trouva qu'à l'intérieur cette tumeur était fibro-cartilagineuse et dure, tandis qu'extérieurement elle était formée par la conjonctive. Le mal existait depuis 15 ans et avait provoqué le trichiasis d'un quart de la paupière supérieure (4).
SECTION XIV