‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 77 sur 144 · LACRYMALE · texte numérisé non relu

LACRYMALE

SECTION

ABNORMITÉS CONGÉNITALES.

La membrane semi-lunaire présentait à chaque œil un prolapsus chez un veau observé par Schwab. Sauf ce cas, nous ne trouvons guère de vices de naissance de cette membrane cités dans les auteurs.

La caroncule lacrymale peut manquer partiellement ou totalement. Cette absence congénitale est rarementlibre de complications; toutefois, Plenck dit en avoir observé un cas. Himly conseille la formation d'un petit sac pour remédier à l'écoulement des larmes le long des joues, en faisant, cicatriser séparément les bords d'une incision faite dans cette région.

Celinski a observé un cas de télangiectasie de cet organe : c'était une tumeur violette, en forme de mûre, qui s'était étendue au loin ; Wilde en a également vu un.

Enfin, la caroncule lacrymale, outre les petits poils qu'elle porte à l'état normal, en a parfois de plus gros : Ryba les classe parmi les tumeurs dermoïdes de la conjonctive. On arrachera de temps en temps ces poils, quand leur présence aura un ell'et fâcheux.

SECTION II

INFLAMMATION DE LA MEMBRANE SEMI-LUNAIRE ET DE LA CARONCL'LE LACRYMALE.

Symptômes. — La membrane semi-lunaire et la caroncule lacrymale, lorsqu'elles s'enllammenl, augmentent beaucoup de volume; elles deviennent d'un rouge vif, et très douloureuses, surtout lorsqu'on

570 MALADIES DE LA MEMHUANE SEMl-LlINAinU, ETC.

l'ail mouvoir les paupières. L'inllainnialion se propai^e juscprà un eerlain point à la coujonclive, donl la nieinhraiie senii-lunaire n'est (ju uneti |)()rlion, et qui revêt la earoiieule laeryniale. L'an'ecliou s aeeouipa^ne(; (le la sensation d'un eorps étranj^ei' dans l'angle interne de l'œil. 'j L'absorption des larmes est entravée, et il s'éeoule d(;s lollieules deti Méïbomius, delà eonjonclive et de la earoneule, dont la séerétion esi'i augmentée, un mucus abondant, quclquelois puriforme. Dans quel-! ques cas, il se forme de la suppuration dans la substance même de la;t caroncule, probablement dans ses follicules. La rougeur et le gonlle-' ment vont en s'accroissant pendant quelque temps, jusqu'à ce que, le pus > s'étant formé, soulève en pointe la conjonctive, la perfore et s'écoule • au dehors. Des excroissances fongueuses surviennent assez souvent à a la suite de ces abcès, et quelquefois la caroncule éprouve une déviation n permanente; d'autres fois, même, elle est complètement détruite part la suppuration.

Causes. — Le froid peut produire cette inflammation. J'en ai vu.i un exemple sur un de mes malades qui prit froid pendant qu'il était i convalescent de la dyssenterie. Cette inflammation est aussi provoquée r par de légères blessures. Elle l'est quelquefois par des corps étrangers, . comme des particules de fer, qui viennent se loger derrière le repli i semi-lunaire, ou se fixer de façon à irriter la caroncule. On m'apporta) une petite fdle qui avait depuis plusieurs semaines un gonflement i inflammatoire de la caroncule lacrymale encore en voie de s'accroître. . J'aperçus sur le côté de la tumeur, entre elle et le globe de l'œil, une; sorte de fdament blanc que j'enlevai avec le doigt. C'était une barbe > d'orge, de trois quarts de pouce de long. Le docteur Monlealh (1) ; rapporte qu'il a vu deux fois cette aff'ection déterminée par un cil donli la racine ou grosse extrémité avait pénétré dans le point lacrymal 1 supérieur et jusque dans le canal lacrymal; son autre extrémité se > trouvait conséquemment dirigée en bas vers la caroncule lacrymale que • sa pointe irritait constamment. Dans les deux cas, l'irritation disparut l dès qu'on eut enlevé le cil. J'ai fréquemment rencontré ce petit acci- dent: tantôt le cil occupe le point lacrymal inférieur, tantôt le supé- • rieur. Une fois, le malade, dans l'espoir d'en éprouver du soulagement, , avait fait couper une portion du cil avec des ciseaux, ce qui n'avait t servi qu'à irriter davantage la caroncule. J'ai quelquefois vu aussi un i cil enfoncé dans un des follicules de Méïbomius, et irritant l'œil. Comme l'ouverture est ici plus petite, cela arrive plus rarement.

[ Il parait qu'il existe dans certaines familles une prédisposition au i développement de cette affection, sans cause appréciable; c'est au i moins ce que l'on peut inférer de l'observation suivante que nous . empruntons à M. Middlemore (2) :

(1) Translation ofWEUER'sManual, vol. I,p. 191. Glasgow, 182! .

[(2) R. MiDDLEMonE. A Trcali.sc on ihe Discases of tlie Eye, eln., I. Il, p. o4o.]

POLYPES UE LA CARONCULE LACUYMALE.

fffjg «)6)8 Une jeune (ille, âgée de 12 ans, se présenta à l'inllrmerie avec une luniéfflflion coiisidérahledc la membrane semi-lunaire elde la earoncuie. Les parties luméliées ^ta ent rou"e^ mais à peine douloureuses. Elle ne savait quelle cause assigner à sa maladie ni°donner aucun détail sur la marche qu'elle avait suivie. L'application de quelniies sairsues près du cantlius interne, et des scarifications étendues, répétées fréquemment firent bientôt disparaître le mal. Pendant que celte fille était en voie deguérison, sa sœur' vint me consulter pour une maladie toute semblable qui existait depuis un mois environ - pendant ce temps, elle avait été traitée par un savetier delà ville, qui lui introduisait chaque jour dans l'œil un onguent noir à l'aide d'une aiguille à tricoter. Le mal s'améliora également par les moyens employés chez sa sœur; mais, quoique l'inllamniatlon fût enlevée , la membrane semi-lunaire et la caroncule lacrymale conservèrent leur .augmentation de volume. T. W.]

Pronostic. — L'inflainmalion de la inembi'aiic semi-lunaire el de la caroneule laeryinalc, négligée, peul enli'aîner le larmoiemenl el, en fin décompte, l'innammalion des conduits des larmes.

Traitement. — Le traitement général consiste à faire disparaître la cause de l'inflammation, si on la connaît et qu'elle soit de nature à être enlevée ; à baigner fréquemment les parties avec de l'eau tiède, à 'les toucher une fois par jour avec la solution de caustique lunaire, enfin à faire usage des laxatifs. Si le gonllement augmente, on se ti^ou- \era bien d'appliquer une sangsue sur la caroncule lacrymale enflammée, et s'il y a menace de suppuration, d'introduire dans un petit sac (le linge fin un cataplasme de pain et d'eau, qu'on placera ensuite sur l'angle interne de l'œil. Lorsque le pus est foriué, on lui ouvre une issue avec la lancette. S'il se produit des granulations fongueuses, on essaie de les réprimer à l'aide de la teinture vineuse d'opium, du sull;ile de cuivre ou du nitrate d'argent. Si ces moyens échouent, on reiranche les fongosilés avec des ciseaux.

SECTION in.

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