POLYPES DE LA CARONCULE LACRYMALE
J'ai rencontré plusieurs fois une tumeur molle et rouge, naissant par un pédicule de la cai^oncule laci7male, et saignant abondamment quand on la louchait. Loi^squ'on la saisit avec des pinces, la plus grande partie de la tumeur est emportée par la pression de Tinslrunient, et ressemble aux polypes mous de la membrane de Schneider. D'autres fois j'ai rencontré une espèce de polype plus ferme, naissani (lu repli semi-lunaire et de la surface de la caroncule; la texture en i était granuleuse ou lobulée, il fallait des ciseaux pour les enlever. Ces I deux variétés de polypes sont sujettes à rcpulluler. Leur racine doit 3 iHre touchée de temps en temps avec le nitrate d'argent, le sulfate de ' cuivre ou une solution saturée de carbonate de soude.
MALADIES DR I.A MEMBRANE SEMl-LliNAlUE, ETC.
SECTlOrS IV.
N/EVLS MATEHNUS DE LA CAHONCULE LACRYMALE.
Von Ammon (1) a reprcsonlé un cas de tclangicclasic de la caroncule, unie à la paupière inférieure, recouvrant une grande parlie de l'œil el pendanl pres(iue jus(|u'à la bouche.
SECTION V
ENCANTHIS.
Fig. Dcmours, pl. LXIV, flg. 1. Von .\mmon, Ihl U, lab. IX, flg. C, 7, 8 et 0.
On donne ce nom à un engorgement chronique de la caroncule lacrymale et de la membrane semi-lunaire, mais surtout de la première de ces deux parties. On a distingué l'encanthis bénm de Tencanthis malin. Le premier ne consiste très-probablement que dans un état d'hyper- • trophie de la conjonctive, plutôt que de la caroncule; il est la consé- ■ quence dune inflammation simple, susceptible de disparaître sous . l'influence des remèdes que nous avons déjà énumérés. Le second est i une afl"ection squirrheuse de la substance glandulaire de la caroncule ■ qui dégénère, lorsqu'on la néglige, en ulcération cancéreuse.
Sijmptàmes.—D?^ns l'encanthis squirrheux, la caroncule ofl"re l'aspect 1 d'une tumeur dure et irrégulière. Il envahit le repli semi-lunaire et I s étend à la conjonctive qui double les paupières, et même à la scléro- ■ tique et à la cornée. Au début, sa couleur est d'un rouge uniforme; : mais quand son volume a dépassé de beaucoup les dimensions ordinaires de la caroncule, il devient blanchâtre par places, avec des vaisseaux variqueux qui se ramiGent à sa surface. Des douleurs lancinantes s'y développent ; il gêne par son volume les fonctions des paupières et des voies lacrymales. Les paupières, l'inférieure surtout, sont renversées en dehors et excoriées. Les poils qui naissent de la caroncule deviennent beaucoup plus volumineux qu'à l'état naturel. Le momdre attouchement détermine un écoulement de sang. L'ulcération finit par s'établir. Les bords de l'ulcère sont renversés en dehors ; la matière qui s'en écoule est ténue et acre ; elle irrite et excorie les parties avoisinantes. Si l'on continue de laisser marcher les choses, l'ulcération cancéreuse s'étend aux paupières, perfore les condmts lacrymaux, attaque le globe de l'œil lui-même, enfin se comporte absolument comme le cancer des paupières, que nous avons déjà décrit.
(I) Klinische Darsldlungcn dcr Krankhcitcndes menschlichcn Auges, vol. l\, Tab. IX, fig. lO- Berlin, 1858.
ENCANTIIIS.
robs. 229. — Tiniwnr fiOro-pldStique de l'angle interne de lœil droil (1). — Une feimiie, figée tie 26 ans, d'un lenipéniniciil éinineninienl lympluitiquc , enlni le 24 janvier 18o3 à 17/i.s//7«i ophlhahnique du lindxinl, portant dans langlc interne de l'œil droil une tumeur volumineuse. Autant qu'elle se le rappelle, elle a eu, il va cinq à six ans, une oplillialinie catarrliale qui dura ITi jours, et c'est à la suite de celle affection que se serait développée la tumeur qu'elle a actuellement. Celle tumeur siège à l'angle interne de l'œil droit et à la région occupée d'habitude par la caroncule lacrymale et le repli semi-lunaire; elle s'clend depuis ce point jusqu'à deux millimèlre.s delà cornée: elle est d'une couleur jaune rosée, aplatie, |)résentanl un bord concave, aminci, lalciforme, dirigé vers la cornée, et une base renllée, tournée du côté du nez. Sa consistance est ferme: elle ne saigne |)oint au loucher et n'est point sen.<il)le: la malade dit seulement y avoir ressenti parfois des picotemenls; elle prétend que lorsqu'elle se baisse et prend certaines positions, la vision se trouve gênée. — Florent Cunier procède immédiatement à son ablation. Les paupières étant écartées à l'aide du spéculum à ressort, il saisit la tumeur avec des pinces, et la détache à coups de ciseaux; elle se prolonge sous l'une et l'autre paupières et parait y adhérer. L'opérateur, en incisant, éprouve assez de résistance pour croire à la nature cartilagineuse de la tumeur; il pense au moins avoir incisé en haut une portion du cartilage tarse de la paupière supérieure à laquelle la tumeur adhérait fortement. Examinée après son ablation, cette tumeur forme une languette de deux centimètres et demi de long sur huit millimètres de large; elle offre d'un coté un bord mince et tranchant, de l'autre une base plus épaisse sur laquelle a porté l'incision. Elle parait formée par un repli de la conjonctive (le repli semi-lunaire liyperirophié probablement), dans lequel la pression fait sentir plusieurs petites tumeurs dures et résistantes. En partageant la tumeur en deux tranches, on reconnaît, que ces corps résistants sont d'un jaune rosé, s'écrasent sous une assez forte pression, et n'ont aucune ressemblance avec le tissu cartilagineux dont on n'aperçoit pas de trace. Le microscope fait rgconnailre, comme l'avait déjà fait la vue simple, que la membrane enveloppante est la c(«ipnclive; on en aperçoit très distinctement les éléments. Quant aux corps jaunes - situés^ous la conjonctive, ils sont constitués par du tissu fibrillaire au milieu duquel f sont inliltrés les noyaux ronds et p'valaires propres au tissu fibro-plastique. Les autres 1 éléments de ce tissu, lels que les gnindes cellules mères et les fibres fusiformes, manquent ; 1 néanmoins il n'y a pas à se méprendre surla naturedu tissu. On ne découvre aucune trace \ des follicules sébacés dont la réunion coiislilue la caroncule lacrymale: il est donc proba- ; lile que le repli semi-lunaire seul a été enlevé. Il ne s"écoula que peu de sangaprès l'opéra- I lion. On n'appliqua aucun pansenieiil et l'on ne prescrivit que des lotions froides. La ma- I lade fut promplement guérie et, quand elle sortit, elle n'avait point de larmoiement. T. \Y].
Traitemmt. — L'encanlliis squin-lieux réclame rexlirpalioii. Pour
: exécuter celle opéralion, ou fait passer à travers la tumeur une aia;uille courbe armée d'un lil de lin. On se serl de ce lil pour éloi2;ner la lumeur des parties voisines; puis, à l'aide d'un petit scalpel ou de ciseaux, on la .sépare complètement de ses connexions. Il est probable que l'abhition de la caroncule et du repli semi-lunaire sera suivie d un larmoiement incurable; mais cet inconvénient n'est pas à mettre en balance
lavec les dangers qu'entrainerait une aiïection squirrbeuse ou cancéreuse de cette région, abandonnée à elle-même. (On voit cependani par l'observation ci-dessus que le larmoiement peut ne pas être la conséquence de celte opération.) Si les paupières ou le globe de \\v\\
• sont envabis par le mal, il laul les enlever. S'il survient aprt's l opéralion des granulations exubérantes ou d un mauvais caractère, on doit
' les loucber avec le nitrate d'argent (2).
[(I) 01)s. iiicililc]
(2) ÇoiisulU'zsur rcnciiiiniis, Cvniii)^ m Vii.hhds. Guiilc prnliqut',p|p.,l. 1, \tJiM. Pari;., ISôS '■• 32
57/l' MALADIKS l)K I.A MEMI»UAMi SEMl-Ll NAIUE, ETC.
SECTION VI
LITHIASE 1)E LA CAHONCLLE LACUY.MALE.
Hiinly(l), dans un pai'Jiiçraplic ainsi inliluU'scile Blasius, Sandil'on, Schniiickoi' et Kibcri, coinnic rapporlanl des cas de concrétions caiculeuses logées dans les cryptes de la caroncule lacrymale. On doit les extraire avec une aiguille.
SECTION VU
[llÉiMORKHAGlE SPONTANÉE UE LA CAUONCULE