‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 83 sur 144 · FISTULE DU SAC LACRYMAL · texte numérisé non relu

FISTULE DU SAC LACRYMAL

ainsi Tonnée peut se lennei' après un court espace de temps, et les choses aller bien. Mais, la plupart ilu temps, louverture ne lait que se rétrécir • elle ne manil'esle au(;une tendance à se fermer, et dégénère en une fistule du sac à travers laquelle s'échappe une grande partie du mucus et des larmes absorbées par les points lacrymaux, presque aucune portion du liquide n'arrivant plus dans la narine. La listule lacrymale est quelquefois compliquée d'un état d'hypertrophie de la membrane muqueuse du sac, et le plus souvent d'un rétrécissement du canal nasal.

Pronostic. — La conséquence la moins désagréable de rinllammation du sac, qui s'est terminée par une fistule, est une cicatrice plus ou moins visible à la peau. Ordinairement la cicatrice est assez enfoncée ; elle peut même produir*; un certain degré d'ectropion. Si l'on laisse |)ersister la fistule longtemps, on a à redouter, comme conséquence de la cessation de ses fonctions, le rétrécissement ou même l'oblitération du canal nasal. Le pronostic est favorable lorsque, en comprimant le sac, il s'en échappe des larmes en même temps que la matière de la sécrétion morbide, bien qu'elles n'y soient pas mélangées. Ce fait démontre, en effet, que les points lacrymaux ont recommencé à absorber les larmes, et les canaux à les transporter dans le sac.

Traitement. — Quel que soit l'état dans lequel se présente une fistule lacrymale, qu'elle soit simple et s'ouvre directement dans le sac, ou qu'elle soit compliquée, de telle sorte que la peau se trouve perforée par plusieurs ouvertures situées à différentes distances du sac, et communiquant avec lui à l'aide de trajets sinueux, placés à différentes profondeurs sous la peau, le traitement à suivre est le même; c'est-à-dire, qu'on doit ouvrir le sac à la manière ordinaire, faire pénétrer un stylet dans le canal nasal, assujettir ce stylet, pour qu'il ne glisse pas dans le sac, et appliquer ensuite un cataplasme émollient. Telle est la conduite à tenir, même quand la fistule se trouve assez profondément située pour qu'une portion du maxillaire supérieur, le long duquel elle se dirige, se trouve dénudée ou frappée de carie. Lorsque cela existe, l'ouverture fisluleuse est environnée de granulalions fongueuses, il s'en échappe une matière ichoreuse; les téguments d'alentour sont d'un rouge foncé, et la sonde permet de sentir l'os dénudé ou carié.

Le stylet fait reprendre aux larmes leur roule naturelle, et le trajet ouïes trajets fîstuleux se ferment ])romptement, sans l'aide d'aucun autre moyen qu'un cataplasme dont on discontinue l'emploi aussitôt que la dureté des parties a cessé. On ne doit retirer délinitivement le ^lylel qu'après que le chirurgien s'est assuré que les canaux lacrymaux et le canal nasal sont perméables et capables de fonctionner.

Il y a une espèce particulière de fistule que nous devons signaler; c'est celle qui résulte de l'usage du stylet. Lorsque cet instrument a

MALAUIKS DES ORGANES EXCIIÉÏEURS DES LARMES.

i'cikUi au canal nasal son diamèlrc noi'nial, on le relire; rouverlure de > la peau se rélrêeil alors, mais queUiuelbis elle ne se ferme poiiii. Onu peut essayer de l'oblilérer en avivanl ses bords el en les louchant de temps en temps avec le causli(|ue lunaire. Quelques chirurgiens le . touchent avec un lil de laiton rougi au l'eu. Ces moyens réussissent, dans certains cas, mais ils échouent dans d'autres, el les larmes con-t tiimenl à s échapper par la petite ouverture et à enllammer la joue. On peut, en pareil cas, cerner Touverture (isluleuse à l'aide de deux\ petites incisions concaves, extirper le morceau de peau ainsi entouré, ■ et rapprocher les lèvres de la plaie par la suture. Certains de ces cas se sont montrés si gênants que l'on a dû quelquefois recourir pour y remédier à la transplantation d'un lambeau de peau (1).

SECTION VI

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