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CHAPITRE VII

MALADIES DE LA CAPSULE DE l'(KIL , DU TISSU CELLULAIRE ET DU TISSU ADIPEUX DE l'oRBITE.

Ténon (I), Dalrymple (2), Bonnet (5) et O'Ferrall (4) ont décrit lœil comme étant entouré d'une capsule de tissu cellulaire condensé qui le sépare complètement du tissu adipeux de l'orbite, et qui livre passage aux sixmuscles qui viennent s'insérer au globe oculaire . Il est difficile de concilier les diflérences qui existent dans la description que ces divers auleurs donnent de la capsule oculaire; mais, quant à l'existence même (le cette dernière, elle ne saurait être révoquée en doute. On la découvre très facilement en suivant la méthode indiquée par le docteur O'Ferrall , qui consiste à diviser verticalement chaque paupière à sa partie moyenne , à renverser chacun des quatre lambeaux ainsi formés, à diviser cireiilairement la conjonctive , à l'endroit où elle se réfléchit des paupières sur l'œil , puis à déchirer avec une sonde le lissu aréolaire qui unit faiblement le 4obede l'œil à la cap- ^ule qui l'enveloppe. Sans faire d'autre incision, on peut apercevoir les six muscles qui perforent la capsule pour atteindre le globe de l'œil. Dans cette préparation de la capsule, on la démontre en avant jusqu'à l'angle de réflexion de la conjonctive. On admet généralement qu'il est possible de la suivre jusque dans les paupières. Sans nier le '.lit, je pense néanmoins que la mince toile celluleusc, décrite par M. Lucas (5) sous le nom de fascia sous-œnjunctival, est aussi une

(!) Mémoires cl observalions .sur ranalomic, la pathologie cl la chirurgie, el nrineipnleniciu ■iirrorganc de l'œil, p. 1 93. Paris, I81(S. (2) Aiialomy of Ihe lluinan Eyc, p. 248. London,

(5) Dublin Médical Press. March 3, m\ , j). 135. [Annales d Orulisliquc. l. V, p. 27.] 4) Ibid. Mareh 10, 1841, p. lîiS. Dublin .louriial of Médical Seicnee. vol, XIX, p. 33(1. (•)) Practieal Trealise on Ihe Cure of Sirabismus, p. 24. London. 1840.

[Fis- 68.] Empruntée à Haynes Wallon.

MALADIES DE l,A CAl'SULE DE l/OElL, ETC.

procUiclion de la capsule ; de sorte que l'on peut considérer cetteii membrane comme se divisant en deux couches au moment où clle<( atteint l'angle de réflexion de la conjonctive : l'une qui se rend au car-i lilage tarse, l'autre qui s'avance vers la cornée.

Il y aurait certainement de l'importance à distinguer les maladies qui i siègent dans la capsule de celles qui siègent en dehors d'elle. C'est cequei' le docteur O'Ferrall a essayé de faire. Il pense que les épanchementset les tumeurs situés à l'intérieur de la capsule doivent rendre la con-i jonctive saillante tout autour de la cornée et faire disparaître le repli ! que la conjonctive forme entre la paupière et le globe de l'œil ; tandis que les mêmes aflections, siégeant en dehors de la capsule, se montre- ! ront davantage vers le contour de l'orbite, et qu'à la paupière supé- i Heure en particulier, elles feront saillie au-dessus du pli transversal formé par l'action de l'élévateur de la paupière. Lorsqu'une tumeur est-' située en dehors de la capsule , rien ne s'oppose à ce qu'elle se porte « en avant, à mesure qu'elle augmente de volume, et à ce qu'elle devienne «| ainsi déplus en plus superficielle ; si elle est située dans la capsule et 4 limitée par elle, la tumeur semblera naître de la surface de l'œil ii lui-même. '

SECTION I

LÉSIONS TIULMATIQUES DU TISSU CELLULAIRE DE l'oRBITE. t

Les plaies qui pénètrent le long du globe de l'œil, même lorsqu'elles > n'en intéressent ni les muscles ni aucune autre partie importante, sont ' susceptibles de provoquer une inflammation phlegmoneuse grave et i même la perte de la vision .

Obs. 236. — Deux enfants étant à jouer, l'un d'eux s'enferma dans une chambre d'où <

il avait exclu l'autre. Celui qui était resté dehors, mécontent, prit une baguette de l'épais- •

seur d'une plume à écrire environ , et remarquant que son camarade renfermé dans la .

chambre regardait par un petit trou de la porte, il poussa vers lui sa baguette avec tant i.

de violence, qu'elle s'enfonça jusqu'à la longueur de deux travers de doigt entre le globe «

de l'œil et le nez. La baguette se cassa en travers, et, comme la mère ignorait ce qui i

s'était passé, il s'écoula un jour ou deux sans qu'on y fît attention; mais la tuméfaction et •

l'inflammation de l'œil et des parties voisines devinrent telles, qu'on dut consulter un i

médecin. Le gonflement était si considérable, qu'on ne put apercevoir qu'avec peine le »

morceau de baguette, et qu'il fallut employer beaucoup de force pour l'extraire avec les ^

pinces. Il avait pénétré d'autant plus facilement, qu'il était aminci à l'une de ses extré- -

mités- son long séjour dans l'orbite l'avait fait gonfler. L'extraction opérée, on saigna ; deux fois le malade qui se rétablit promptement. L'œil ne parut avoir subi aucune lésion externe, néanmoins la vision y était complètement abolie (1).

Obs. 237. — Un soldat fut blessé d'un coup de baïonnette qui pénétra dans l'orbite sans léser l'œil. Les symptômes qui suivirent furent insignifiants jusqu'à ce que, trois

(1) Gendron. Traité des maladies des yeux, t I, p. 381. Paris, 1770.

LÉSIONS TnAL'MATlQUES DU TISSU CELLULAIHE DE l'oRBITE, 455

iolirs après l'acciileut, le ninliido s'abseiila pciidaiil viiigl-iiualre liuures, el s'enivra. A son relonr, l'œil était saillant en avant; on ne pouvait soulever complètement la paupière pour découvrir l'organe qui était fortement enllaniuié; un cliémosis s'était développé; la Nision était troul)le,Viris changé de couleur, la pupille contractée; il existait une douleur rxcessive et dans l'œil qui semlilait trop volumineux pour rester contenu dans l'orbite, et dans le front et la tempe de ce côté; la compression ;\ laquelle l'œil était soumis par les piirties voisines occasionnait la sensation d'éclairs diversement colorés. Le gonncmenl 'uigraenta, le délire survint, et le quatrième jour un abcès de la paupière supérieure s'ouvril sans amendement dans les symptômes. Le malade tomba bientôt dans le coma, et mourut, probablement à la suite de la formation de pus dans le crâne. L'œil, avant la mort, avait été détruit par gangrène de la cornée (\).

Des corps étrangers, qui pénètrent dans le tissu cellulaire de l'orbite, peuvent y rester lo§és longtemps, la peau ou la conjonctive se cicatrisant au-dessus deux; d'autres fois, au contraire, la plaie prend un aspect fongueux et présente une ouverture sinueuse qui communique avec le lieu occupé par le corps étranger.

Obs. "238. — Le cheval d'un gentleman s'abattit à la chasse en franchissant une haie, l't le cavalier tomba dans un champ couvert d'éleules. Un corps pointu, il ne put dire si c'était une branche de la haie ou un morceau de paille, lui entra entre l'œil et l'orbite au niveau de la caroncule lacrymale. Il crut avoir retiré lui-même le tout au moment de l'accident. Des sangsues furent appliquées pour combattre l'inflammalion. Lorsque, trois mois après, il vint se confier aux soins du docteur Roberl-son, d'Édimhourg, ce médecin remarqua, auprès de la caroncule lacrymale, un grand nombre de petites granulations fongueuses, que les divers praticiens qui avaient jusqu'alors donné des soins au malade, ;ivaient essayé de détruire à l'aide des caustiques, de l'instrument tranchant, etc. Il y avait en même temps un écoulement de pus. En palpant minutieusement les parties, on liécouvrait une sorte d'endurcissement fibreux, de la nature de ceux qui forment les parois des trajets fistuleux, se portant vers la partie postérieure de l'orbite. M. Robertson, convaincu que l'écoulement puriforme devait être entretenu par quelque corps étranger, et ne pouvant, avec la sonde, se frayer un passage jusqu'à lui, pratiqua une incision sur l'induration même. 11 s'échappa un morceau de paille d'un pouce de long, puis un second, puis un troisième, et le malade se trouva parfaitement guéri.

[Obs. 239. — Le docteur Haine, d'Anvers, est mandé près d'un enfant de dis ans, présentant, vers le tiers inférieur du grand angle de l'œil, une petite blessure « paraissant être le résultat d'un abcès formé en cet endroit et offrant une ouverture d'une ligne par laquelle s'écoulait un pus épais, jaune-verdîître; la paupière inférieure était fortement «udématiée, la partie correspondante du front gonflée, ainsi que toute la région paroti- (lienne gauche de l'oreille du même côté. » L'auteur apprit que cet état était la suite d'un coup de hàlon pointu qu'un autre enfant avait porté au malade trois semaines auparavant. L'indocilité du sujet ne permit pas d'explorer la plaie. — Sept semaines environ après l'accident, la mère de l'enfant, en renouvelant le cataplasme, et en frottant sur l'œil pour i n ôter le pus, sentit quelque chose de dur qui sortait par la dernière ouverture qui s'était formée. Elle remarqua que c'était un morceau de bois, qu'elle relira, à sa grande stupéfaction. 11 avait 6 centimètres de longueur, un demi d'épaisseur, un demi de largeur. — Le petit malade guérit (2). T. W.]

[L'observation suivante, que nous résumons, est une des plus intél essanles que la science possède.

(1) Gbtiirie. Lectures on Ihe Opcrntivc- Sui'sîery of iht'Eyc, p. UG. London, 1825. [(2) Annales de la Sociclé de mcdccine d'Anvers.]

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