‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 96 sur 144 · INFLAMMATION DE LA CAPSULE OCULAIRE. J · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DE LA CAPSULE OCULAIRE. J

,„ais en général la vision n'est pas aiïaiblic. Dans quelques cas,ce|)cn- ,1 mt la i)upilleesl Tort dilatée et la vision confuse.

I 'œil à la suite de l'état que nous venons de décrire, peut se retal.lii'compléteincnt ou incoinpléteinent, sans qu'il se forme ou s'évacue ■uioune matière purulente. Lorsque le rétablissement est incomplet, i , ml reste quelquefois privé de mouvement, des adhérences s étant établies entre la sclérotique et la capsule oculaire, et les gaines des muscles ainsi que les ouvertures à travers lesquelles ils passent, .'étant soudées par suite de l'inllammation. S'il s'accumule dans la capsule une certaine quantité de pus, le pli qui existe naturellement entre le globe de l'œil elles paupières, s'oblitère; la conjonctive forme une saillie circulaire arrondie qui lui donne l'aspect d'une tumeur, et, à moins qu'on ne l'ouvre artificiellement, l'abcès peut percer spontanément.

Cette maladie s'accompagne d'une fièvre considérable ; le pouls est plein et dur, la langue chargée, l'urine rare. R Diagnostic. — Cette maladie se dislingue de la périoslite de l'orbite par ce fait que l'on peut ici appuyer perpendiculairement sur les os de cette partie sans déterminer de douleur ; le contraire arrive dans la périostite. (Voyez p. 41.) Elle se dislingue de l'inflammation phlegmoneuse du tissu cellulaire de l'orbite, en ce que le gonflement ([ui l'accompagne se montre dans la portion tarsienne des paupières, ot nullement dans leur portion orbitaire. Ces deux aff'ections peuvent néanmoins exister conjointement. L'inflammation delà capsule oculaire accompagne aussi quelques variétés d'ophthalmies.

Traitement. — 1. La saignée du bras, l'artériotomie, l'application de nombreuses sangsues à la tempe et autour de l'œil, déterminent un soulagement marqué.

I 2. Les antimoniaux et les purgatifs sont utiles.

5. Le calomel avec l'opium, administré jusqu'à ce qu'il survienne des symptômes généraux, triomphe ordinairement du mal en trois ou quatre jours.

4. Le docteur O'Ferrall recommande fortement l'iodure de potassium à haute dose. Il rapporte un cas dans lequel dix grains de cette substance, administrés toutes les trois heures le premier jour, et quinze toutes les trois heures le second jour, arrêtèrent la maladie. De plus faibles doses, prises pendant les trois jours suivants, la firent complètement disparaître.

b. Si la suppuration s'établit, il faut ouvrir la capsule à travers la conjonctive, dans le point où la fluctuation se fait sentir.

[Nous croyons devoir reproduire ici deux des principales observa- 1 lions sur lesquelles M. O'Ferrall a basé son travail :

Obs. 2S9. — Laurent Granl, âgé de 32 ans, cliarpenlier, d'un loinl foncé et d'une

Ab"! MALADIES UK LA CAPSULK DE l'oEIL, ETC. W

coiistilulioii assez forte, se prcseiilc à Vllùiiilal Saiiil-Viriceiil, en lévrier 1838. pour une influiiiiiiulion iiileiise de l'œil droit avec propulsion de l'organe hors de l'orbite. L'œil luii une lorte saillie en avant; la cornée et l'iris sont sains, mais la vision est fort confuse. Lu conjonctive forme autour de la cornée une saillie renianiuable; elle est d'une couleur pàlc ambrée et n'offre pas la moindre trace d'injection. Les deux paupières sont gonllées el rouges; la partie inférieure de la paupière supérieure est tellement tuniéliée que les cils' paraissent beaucoup plus écartés les uns des autres que de coutume ; son diamètre transverse est fort augmenté. Celte paupière est d'un rouge sale el parcourue |)ar de nombreuses \eines distendues. Bien que, par suite du gonflement dont elle est le siège, la paupière se soit abaissée en même temps que s'est agrandi son diamètre vertical, le déplacement en avant du globe de l'œil est si considérable qu'il reste à découvert. Entre l'arcade sourcilière et la partie enllammée de la la paupière existe un intervalle, où l'on ne voit ni rougeurnigonllemenl; cet espace est large d'unpouce environ el occupe toute l'étendue transversale de la paupière. Le malade accusait une douleur horrible dans l'œil, il lui seniblaii qu'on le lui arrachait de l'orbite. Celle dernière sensation était permanente; mais la douleur était sujette à des exacerbations violentes. Bien qu'il ne pût supporter le plus léger attouchement du doigt d'une autre personne, la compression de toute la tumeur, qu'il exerçait avec la paume de sa main, paraissait lui procurer quelque soulagement. On pouvait néanmoins, sans lui occasionner de souffrance, comprimer la portion de paupière qui n'élaii pas rouge, pourvu qu'on le lit lentement et sans imprimer de mouvement au reste de lu paupière, el que la pression fût dirigée en haut vers la voùle orbitaire. Lorsqu'on appelait son attention sur ce point, il disait apercevoir par instants devant l'œil des éclairs lunnneùx; mais ce symptôme était beaucoup plus riiarqué au commencement de sa maladie. Celle-ci avait débuté cinq jours auparavant. Il s'était couché ne ressentant rien dans lœil, et avait été réveillé par la douleur vers 3 heures du matin. Il y avait huit jours qu'il avait dû interrompre son travail par suite d'une attaque de rhumatisme dans les genoux el les jambes: les membres étaient en voie d'amélioration lorsque la maladie de l'œil avait éclaté. Il avait frotté les parties affectées avec de la térébenthine, mais n'avait pris aucun remède interne. 11 existait encore un peu de gonflement et d'épanchementdans Je genou gauche, et un peu de douleur et de tuméfaction vers la partie moyenne du tibia droit. Cet homme avait eu la syphilis six ans auparavant el avait pris beaucoup de mercure. 11 était actuellement marié, mais il abusait encore des boissons spiritueuses. On ouvrit l'artère temporale et l'on en fil sortir seize onces de sang, ce qui amena du soulagement. Celui-ci ne fut toutefois que temporaire, et la douleur revint presque immédiatement. L'hôpital étant plein, et le logemenl du malade rapproché et dans de bonnes conditions hygiéniques, on l'autorisa à suivre son traitement chez lui. On lui fit prendre, toutes les trois heures, trois grains de calomel avec un demi-grain d'opium. Il ne survint d'amélioration que le quatrième jour , à l'apparition des symptômes constiUitionnels du remède; le mal commença alors à céder. La douleur diminua la première; l'œil rentra ensuite, puis la rougeur disparut graduellement. Le gonllement de la paupière et l'écarlement des cils furent les derniers à s'effacer.

A Tappui de l'efficacilé de Tiodure de potassium contre cette affection, M. O'Ferrall rapporte l'observation suivante :

Obs 260. — Il s'agit d'une femme, âgée de 48 ans, Mary Smith, qui fut adnnse dans la salle Saint-Joseph le d6 avril 1840 pour une attaque de rhumatisme occupant les deux genoux Elle fut traitée pendant une semaine à l'aide de fomentations, de sangsues, et du colchique administré à l'intérieur. A cette époque , le gonflement des genoux avait presque disparu, lorsqu'elle se plaignit de ressentir une vive douleur dans l'œil droit. Pendant les premières 24 heures, il n'y eut point de traces d'innammalion; aussi cetle particularile fixa peu l'attention elon se borna à prescrire un purgatif actif. Le second jour, la paupière supérieure était enflammée et gonflée, el l'on remarqua que l'œil devenait saillant, la douleur s'accrut, el la malade fui lourmenlée par des éclairs lumineux qui P^ssaienj devant l'œil. - Ventouses scarifiées à la tempe, antimoniaux et purgatifs. - Elle a passe une très mauvaise nuit, en proie aux plus vives soulTranccs. Le lendemain mal'"', «"f 'J^ caractères de la maladie sont bien dessinés. Le globe de l'œil fait en avant une .aillie de

EXOl'HTHALMOS OU llliUMU DE LOEII,.

do irois nuarls de pouce; la cornée et l'iris seul sains, ils se inonlrenl ires-brillanls ' mi iou tl'un chtMnosis Irès-iuarqué. La couleur de celui-ci est d'un jaune d'ambre sans on ni rougeur. Les paupières sont luna'llces, mais ne recouvrent point l'œil; la S icureolïre la teinte rouge sale et le gonnement spécial signalés dans l'observation Srédenle Sa portion supérieure, celle qui avoisine l'arcade sourciliere, n'a subi aucun înirenient et se trouve séparée de la portion inléricure tuméfiée par une ligne de I ! ication très-prononcée. Une pression exercée sur celte moitié supérieure ne delerne iioint de douleur quand on la dirige en baut vers la voûte orbitaire. Llle voit aussi PI, avec cet œil qu'avec l'autre. La ressemblance avec les autres cas était trop fraiipante our qu'on la méconnût, et comme évidemment il ne s'agissait point d'une affection du nérioslc de l'orbite, et que néanmois elle se rattacliait au rbumatisme, il n'y avait guère a hésiter sur le diagnostic. Voulant savoir si quelque autre portion du système fibreux était •illeinle nous finies découvrir les tibias. Bien qu'elle ne se fût aperçue de rien, nous Irouvinics dans ce point une tuméfaction distincte et une vive sensibilité sur le tibia gaucbe, •l'un pouce environ au-dessous de son extrémité supérieure. Elle reconnut alors que cette région était fort douloureuse ; mais les soull'rances que l'œil lui faisait ressentir lui avaient

fait négliger celle-là. , „. ■

Convaincu, à la suite de recherches déjà publiées (i), de la grande elhcacite de 1 lodure (le potassium dans la périostite, je me déterminai à combattre cette formidable affection à l'aide de ce seul agent; mais, comme l'organe de la vision était en danger, je prescrivis les prises de ce sel puissant à intervalles plus rapprochés qu'à l'ordinaire. On en administra 10 grains toutes les trois heures. Le lendemain, à l'heure de la visile, elle avait pris 70 grains d'hydriodate de potasse. Elle se trouvait mieux, et avait moins de douleur; néanmoins nous n'aperçûmes aucun changement dans l'état de l'œil. Le jour suivant, tous ceux qui la virent furent frappés de l'amélioration obtenue : toute la tumeur avait diminué; l'œil était considérablement rentré, le chémosis amoindri, et le gonflement et la rougeur (les paupières moins forts. Le cinquième jour du traitement, il restait à peine quelques traces de la maladie; on cessa donc l'usage du remède. Le tibia était aussi revenu à l'état normal. Pendant que nous nous félicitions de la prompte disparition d'une affection aussi grave, il survint de la douleur à l'œil gauche, et dans l'espace de 36 heures tous les symptômes de la maladie se présentaient : la même saillie en avant du globe de l'œil, le même chémosis, la même tuméfaction des paupières, et, comme dans l'autre attaque, la même intégrité de la vision et la même photophobie. On reprit l'usage de l'hydriodale de potasse il la dose de 18 grains toutes les trois heures, avec la résolution, si l'on réussissait, de persister dans son emploi quelques jours après la disparition apparente du mal. Le lendemain, j'eus la satisfaction de m'apercevoir que les symptômes étaient arrêtés; et au bout de trois jours ils avaient presque complètement disparu. On continua l'hydriodale à doses moindres et de plus en plus éloignées. Dix jours après, tous les symptômes avaient disparu (2). T. W.]

SECTION V

EXOPHTHALMOS, OU HERNIE DE l'oEIL.

Fig. Wallon, flg. 103.

L'exophthalmos, ou hernie de l'œil hors de lorhilc, est plutôt un symptôme qu'une maladie ; mais comme ce symptôme existe souvent seul, et peut être la conséquence d'une cause inconnue, on le décrit

[(I) Loiiiloii Metliciil Gazello, Aprii 10, 1840.]

[(2) Dublin .louriial of iMcilical Science for July tSil.Onpciit consulter aussi IIays. Kdilion niencaine de Lawrence, deux obscrvalions intiiressanlcs qui paraisseiil se rapporter ù cpUc ■iiiecUon, p. 8G2-65, bien que cependant le doulc soit très permis.]

assez

MALADIKS DR I, A CAPSIJKR l)V. LOUl, KTC.

souvent connue une allection spéciale. Si l'œil déplacé devici

[Fig. G9.] Empruntée à H Wallon.

le siège d'une violente inllannnatioii, Vexoplilhaltuos pi'cnd le nom d exoph Ihalmie.

Voici quelques unes des causes qu produisent rexoplitlialmos : — 1. L; périostose et l'exostose de l'orhiic 2. Le longus de la dure-mère se frayan une voie par l'orliite. 3. Les maladiei du sinus maxillaire, se portant vers l'or bite. 4. Les maladies de la glande lacrymale. 3. L'iullammation du tiss cellulaire de Torbile ou de la capsul oculaire et les épancbements à l'int^' rieur de l'un ou l'autre de ces tissus i 6. L'ophllialmitisplilegmoneuseet phlé bitique. 7. Les tumeurs et les anévrys mes de l'orbite. 8. Le l'ongus liématod du nerf optique, ou de l'intérieur d( la gaine du nerf optique. On peu.

ajouter comme cause probable, dan certains cas, 9. un état variqueux dé veines ophtbalmiques.

^ l. — Exophthalmos simple.

L'exophtbalmos simple, avec conservation de la vision et des mou vcments de l'œil, sans tumeur appréciable au toucher, sans productioi morbide, et sans gonflement, se rencontre assez souvent. Il peut reslei stationnaire pendant des années, et il est parfois impossible d'eu prer, ciser exactement la cause. Il y a quelque raison de croire quen parei cas, la cause du déplacement réside dans la capsule oculaire; san cela le globe de l'œil serait gêné dans ses mouvements, sinon comple tement immobile. La maladie n'occupe point l'intérieur du nert opliqu sans cela la vision serait abolie. Mais quel est le siège de la caus comprimante qui refoule l'œil? Est-il au-dessus, au-dessous de lœi au côté nasal ou temporal, derrière l'œil ou hors de l'orbite, dans h crâne ou dans l'un des sinus du nez? Quelle est cette cause? Esl-ceui état variqueux des veines ophthalmiques, un épanchement ou un abc dans le tissu cellulo-adipeux, une augmentation de volume de la glaM lacrymale, une tumeur enkystée ou solide? Personne ne saurait i dire. Les symptômes sont parfois plus compliqués : il P^iity aNOir a la douleur; d'autrefois des symptômes d'amaurose, ou enfin les aeu à la fois. En pareil cas, jusqu'à ce que la guérison soit accomplie, o.

EXOl'IlTlIALiMOS OU lIF.UiNIE l)E l'oKII.

lu iiiu' c'iluse lani2;ihlc vienne se inonlrer entre l'œil déplacé et le rebord le lorljilt', le Iraileinenl ne peut être quexpérinienlal.

Cette maladie s'observe aussi bien chez les hommes que chez les Vmmes. Ceux chez qui elle se rencontre sont rarement robustes. Il ji'ya en général qu'un seul œil allecté. On |)cut indi(|uer parmi les •iuises exeilanles, la fatigue, l'inquiétude et l'exposition au IVoid. r;d été consulté pour une petite iille de huit ans allectée d'un •xoplillialmos de l'œil droit produit par la coqueluche. L'œil était nobile et la vision bonne. Son frère s'était trouvé dans le même Hat; mais chez lui l'œil avait repris sa place sous l'influence les a|)plicalions froides. Un aulre cas d'exophthalmos que j'ai vu, celait manifesté pour la première fois à la suile d'un violent accès riiyslérie. Dans ce cas, les sangsues et l'iode produisirent peu ramélioralion.

Il est évident que, dans tous les cas d'exophthalmos, les muscles Iroits subissent un degré plus ou moins considérable d'élongation. Il :'st assez probable, ainsi que parait l'avoir supposé M. Dalrymple (1), ]iie la diminution de la tonicité naturelle, en vertu de laquelle ils (iiainliennenl l'œ^il en place, peut contribuer dans une certaine mesure ni déplacement.

j II y a une variété d'exophthalmos dans laquelle l'œil ne fait hernie que lorsqu'il se trouve dans une position déclive ; il rentre en place -uissilôt que le malade relève la tête. On en mentionne une autre variété ?omnie étant le résultat de la paralysie des muscles droits; on l'a iippelée ophlhalmoplosis. Je ne sais si, dans cette affection, l'œil rentre dans l'orbite. Dans le cas suivant, le seul de cette espèce que j'aie vu, il ne paraissait y avoir aucune affection paralytique.

Obs. 261. — Le malade, qui était tonnelier, fut admis au Glasgow Eye Infirmary pour une oplillialmie calarrlio rliumalismale affeclant surtout l'œil droit. Lorsqu'il y fut lie quelques jours, on découvrit que quand il se pencliail en avant, même seulement pour quelques minutes, il éprouvait une sensation comme si quelque chose venait remplir ou comprimer le dessus de son œil droit, qui commençait immédiatement à faire hernie. Lorsqu'il relevait la tête, la saillie de l'œil était très remarquable. Lorsque l'œil était iiinsi déplacé, il n'y voyait qu'indistinctement. Cet organe commençait bientôt à se retirer, el au bout de quelques minutes il avait repris sa place ordinaire. Quand l'œil était en pl'ice, le malade le faisait mouvoir complètement à sa volonté, et il en était encore presque de même lorsqu'il était déplacé. Les mouvements de l'Iris étaient naturels. Il se plaignait de ressentir dans l'orbite une douleur intense, qui fut soulagée par la saignée et les purgatifs mercuriels. Il raconta que le déplacement de son œil avait débuté cinq ans iivaiit qu'il se i)i'ésentàt au Eye lufinuanjjdl qu'il s'était montré un jour où il avait porté mi fardeau sur le dos. Il était diiricile de trouver là une explication satisfaisante. Il est proliiil)le que la hernie de l'œil dépendait d'un état variqueux des veines ophtbalmiqucs, le saiigrenuaiit de ces vaisseaux dans les sinus de la dure-mère quand la tète était relevée 0" rejetée en arrière, et repassant au contraire dans ces vaisseaux, sous l'innuencede la pesanleiir, quand la téle s'inclinait en avant. La tonicilé des muscles était probablement «iissi diminuée.

fl) l.;incel,Mny 26, 1849, p. iioô.

MA1,ADII'S DR LA CAI'SUl.E DE L OEIL, ETC.

Dans Texopllialmos simple, si rélal du malade comporte les déplé-, lifs, et surloul s'il exisle de la douleur daus l'orbile, ou autour de lui on doit appliquer de nombreuses sangsues à la tempe et sur le côlédu' nez ; administrer le mercure jusqu'à ce que la bouche en soit all'ectée,!' et faire suivre son emploi de celui de l'iodure de potassium; appliquer des révulsifs à la tempe el derrière l'oreille. J'ai vu plusieurs fois ceilen aiïection, lorsqu'elle était récente, disparaître complètement sous l'in-t fluence de ce traitement (1).

Plusieurs auteurs ont rapporté des exemples d'exophthalmos danss lesquels il n'existait ni effusion sanguine, ni inllammation dans le tissus cellulaire de l'orbite, ni aucune tumeur circonscrite dans cette cavité.* Dans quelques-uns de ces cas, l'exophthalmos a cédé à l'emploi des* remèdes, et, bien qu'il soit tout à fait impossible de dire quelle était lal nature exacte de la cause qui avait produit la maladie, ces faits onli trop d'importance pour que nous n'en parlions pas. Saint-Yves intitule le chapitre dans lequel il rapporte les trois observations que je vais lui* emj)runter, des amas cVImmeurs qui se font derrière le globe de^ l'œil. M. Ware (2) parle de cas semblables; il les considère commeii occasionnés par une accumulation morbide de la substance sur laquelleH l'œil repose dans l'orbite : il dit que les applications répétées desang-jf sues à la tempe et au front ont beaucoup servi pour triompher delà! maladie. Dans un cas qu'il a traité, la saillie de l'œil a promplenienti diminué par l'ouverture de la temporale et la conversion de la plaie en» un cautère après la saignée. Dans un autre cas, il obtint une guérisony parfaite par l'application d'un caustique étendu derrière l'oreille.

Obs. 262. — Dans le premier cas que rapporte Saint-Yves, il suppose que le lissnf: cellulaire graisseux situé derrière le globe de l'œil, ainsi que la glande lacrymale avaienli augmenté de volume par suite de l'épanchemenl à leur intérieur d'un liquide visqueiix.i' L'œil faisait une saillie d'au moins trois lignes. Plusieurs cliirurgiens qui furent consultésh étaient d'avis d'extirper la glande lacrymale, dans l'espoir que la suppuration de la plaiei déterminerait le replacement de l'œil et ferait disparaître le gonOement de l'inleneur» de l'orbile Saint-Yves s'opposa à cette opération, craignant que l'affection, qui lui parais-» sait de nature scrofuleuse, ne dégénérât en cancer. 11 obtint en trois mois une guerison» complète par l'usage de i'aetliiops minéral.

Obs. 263. — Le sujet de la seconde observation de Saint-Yves était un jeune liomme.K qui vint à iparis avec l'œil enflammé et extrêmement proéminent. Les paupières Cflm-i primées contre l'orbite par le globe de l'œil, étaient gonflées; la supérieure commençaili même déjà à présenter une teinte livide,comme si elleeûtété près de tomber en gangrène.» Le malade attribuait son mal à un coup de soleil, qui avait été tout d'abord suivi dunei douleur située profondément dans l orbite, puis du déplacement en avant du globe de l œii.^ Saint-Yves conclut de l'examen des symptômes qu'il y avait ou un abcès derrière 1 œil, ou. une infiltration du tissu adipeux et cellulaire de l'orbile. S'il avait été certain de 1 «islente" d'un abcès il aurait poussé une lancette à travers l'orbiculaire des paupières jusqu au ouu» de l'orbite; mais n'osant, dans ledoule, agir ainsi, il résolut d'essayer d'un liailcmenire-

m Vove7 des observations de PiLCEn. Lancci, .lune 10, 184S, p. 640 Une obsenalion de ■ BnowNE. Dublin Qaarlerly Journal of Médical Scienee, vol. XI, p. 232 Dub.in 18ol. (^->) Obsei'valiouson Ihe Trealmenl of the Epiphora, etc., p. 29o. London, 1818.

EXOPIITIIALMOS OU HEUNIE DE l'oEIL. 457

sorbaiU 11 pi'L'scrivil tlonc 8 grains de calomel pour le soir, et une dose de sené, de niaiiiie et do jalapà prendre le lendemain malin ; il pratiqua en même temps une saignée de I iii'nilaire. S'apercevant d'une amélioration à la suite de la première purgalion, il conl'iiiua" le calomel et la mixture purgative , et au bout de quelques jours il eut la satisfaction de voir l'exoplitlialmos disparaître complètement.

Ql^g 26-i. — Saint- Yves rapporte un troisième cas dans lequel les symptômes furent, neiidaiu'iin certain temps, amendés par l'usage des remèdes; mais à la lin, la douleur devenant liisupportaiile, au point d'abolir complètement le sommeil, en même temps que l'œil se désoraanisait. il enleva le contenu de l'orbite. Malheureusement, il ne dit point ce qu'il trouva ï^la dissection, bien qu'il parle avec assurance de la cause du déplacement t omme étant un amas d'Imineurs visqueuses (1).

Obs. 265. — Louis cite, d'après la Medicina Septenlrionalis de Bonet, le cas d'une petite fille âgée de 3 ans, dont l'œil droit fut presque complètement chassé hors de l'orbite. On consulta Donet pour savoir si un séton à la nuque pouvait être de quelque utilité. Il remarqua que les vètemenls de l'enfant étaient plus courts par devant que par derrière, tr qui le conduisit à examiner l'abdomen. Il le trouva extrêmement tuméfié, tendu, et ilin-. L'enfant, en un mot, présentait les symptômes du tabès infanlum. Bonet pensa ,|ii"iln"y avait rien à faire directement pour l'œil, mais qu'il fallait combattre l'étal d'obstruction des intestins. On purgea l'enfant, et on la mil pendant un mois à l'usage de la teinture de rhubarbe. L'exophthalmos diminua à mesure que l'abdomen s'affaissa ; et lorsque les organes de la digestion furent rétablis, le globe de l'œil, sans autre traitement, reprit complélenient sa situation normale (2).

Obs. 566. — Un homme, âgé de 40 ans, éprouvait depuis quatre à cinq jours une douleur atroce dans l'orbite droit, la tempe et le côté correspondant de la tête. Lorsqu'il se présenta à l'hôpital, ces symptômes allaient en s'aggravant, et s'accompagnaient d'une lièvre intense; mais il n'y avait aucun dérangement des facultés intellectuelles. On eut recours pendant quatre jours, sans en obtenir d'amélioration, à un traitement antiphlogistique actif; au bout de ce temps, et dans l'espace d'une seule nuit, les paupières devinrent énormément gonflées et rouges, état qui s'étendit jusqu'à une certaine distance à la tempe et à la joue. L'œil était fortement chassé en bas et en dehors; mais la vision n'était pas affaiblie.

On pensa que les symptômes pouvaient être dus à un abcès de l'intérieur de l'orbite. On pratiqua donc une incision à travers la paupière supérieure ; mais quoiqu'on plongeât Irès profondément dans l'orbite, d'abord un scalpel, puis un bistouri, il ne s'écoula point de pus. On prescrivit un cataplasme; et le lendemain, comme le pus ne s'était pas montré, on promena un bistouri, dit M. Hamilton, presque tout autour de l'œil, et si profondément que le nerf optique dut se trouver en danger. Cette opération ne lut pas plus heureuse que la première; tous les symptômes s'aggravèrent. Le quatrième jour, le malade devint hébété, et expira bientôt. L'intelligence et la vision restèrent intactes jusque quelques heures avant la mort. L'autopsie démontra que le gonflement de l'intérieur de l'orbite dépendait d'un épanchemenl de sérosité et qu'il n'y avait point de pus; mais il existait un abcès circonscrit dans le lobe antérieur droit du cerveau. Le reste de l'encéphale était sain (3).

[Obs. 267. — Une jeune fille bien portante, âgée de 12 ans, se présenta au Central london Ophthalmic Ilospital, pendant le courant de l'année dernière, avec un œil presque complètement sorti de l'orbite. Nous avons donné la ligure de ce cas au commencementde celle section (v. p. 454) : les paupières sont un peu rétractées, afin de faire mieux apprécier la dislance qui existe entre la partie antérieure du globe de l'œil et l'orbite. Les mouvements de cet œil s'exécutaient d'accord avec ceux de son congénère qui, lui, était à l'élat naturel et plutôt enfoncé que saillant. On constata avec beaucoup de soin l'élatdela vision de l'œil déplacé, et l'on s'assura qu'elle était parfaite. L'examen le plus

(1) Nouveau Irailc des maladies des yeux, p. iU. Paris, 1722.

(2) .Mémoires (IcrAcadériiie royale de chirurgie, t. Xlil, p. .ïiiO, 12n<". Paris, 1774.

(3) Dublin Jouriiiil of Médical Science, vol. IX, p. 2G2. Dublin, 1836.

MALADIES DE LA CAPSULE DE l'oEIL, ETC.

altonlif ne fil découvrir «lucun autre symptôme que celle proéminence qui avait commencé un an auparavant et s'clail graduellement accrue. On essaya le mercure, mais en vain le l'er et les autres moyens sans plus de succès. On pratiqua pendant quelque temps une * légère compression qui parut d'abord être utile mais Unit par devenir inelïlcace. Lors-' qu'on l'eut cessée d'un jour ou deux, la saillie de l'œil redevint aussi forte qu'auparavant (1). [T. W.]

§ II. — Exophthalmos anémique.

Dans celle variété, les deux yeux sont presque loujours afl'eclés. Ilsl^ paraissent augmentés de volume, sans (jue cette augmentation existe en tj réalité. Cette affection est plus fréquente chez les lenunes que chez les 4 hommes.

Symptômes. — 1 . Les globes oculaires sont lellement saillants, que m les paupières restent largement ouvertes et permetlenl de voir au- w dessus de la cornée une portion considérable de la sclérotique. Cet *t élat imprime à la physionomie du malade un air d'étonnement sauvage. • Les globes oculaires semblent quelquefois plus durs au loucher, sanse qu'il y ait aucun désordre appréciable à l'intérieur (2). Leurs meuve-menls sont en général assez libres, bien que le malade se plaigne parfois d'y éprouver de la raideur, de la plénitude, de la distension, et une certaine difficulté à les tourner complètement d'un côté ou de l autre. Les yeux ne sont pas douloureux, même à la pression. Ils n'offrent en général d'autre rougeur que celle qui est occasionnée par la présence de quelques vaisseaux qui rampent à leur surface. La conjonctive est souvent œdémateuse, surtout vers la périphérie du globe. Les paupières sont bouffies; l'inférieure est quelquefois noire et changée de couleur. La saillie est parfois si considérable que le malade ne peut clore complètement les paupières, ou même partiellemenl, sans avoir préalablement reloulé l'œil en arrière avec la paume de la main. La vision ne parait point matériellement affectée; cependant, quelques malades se plaignent de son affaiblissement.

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