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N/EVUS MATERNUS DE LA CONJONCTIVE

- sclëroticale, où elle est moins apparente, ets'élendant jusqu'aux contins de la pupille, . dont elle recouvre même en partie la marge inférieure et externe. Elle est imparfaile- : ment circonscrite par le secteur inférieur et externe de la cornée, compris entre deux •rayons se coupant à angle droit. La partie sclëroticale de celte production offre à peu I près une étendue égale à celle qui occupe la cornée, mais elle tranche beaucoup moins : sur le fond blanc de cette membrane. Son aspect s'éloigne complètement de celui des opacités cicatricielles de la cornée : elle est d'un blanc crayeux, grumeleux, chagriné, et ine saurait mieux se comparer, quand elle est en place, qu'à une couche assez épaisse de I poudre calcaire ou de farine bien blanche qu'on y aurait déposée. Absolument dépourvue | de transparence, elle ne laisse rien apercevoir de ce qui est derrière elle. Elle paraît . adhérer intimement à la cornée, et cependant on l'en détache avec la plus grande facilité, • soit avec un instrument mousse, soit avec l'ongle. Elle se présente alors comme une 1 pulpe amorphe, blanche et se ramassant complètement sur elle-même. A la place qu'on ; lui a fait quitter, il reste une opacité nuageuse, maisen partie transparente, semblable à icelle qui persiste sur le drap, après qu'on en a fait éclater la partie la plus saillante eldéjà (desséchée d'une éclaboussure de boue blanche; la cornée y paraît nébuleuse et dépolie. ■ Quand on va plus loin et qu'on fait, au moyen d'un grattoir ad hoc, l'abrasion superficielle delà cornée, à son endroit malade, on rend à celle-ci tout son poli et sa transpairence normale. Cette abrasion se fait sans que le sujet en manifeste la moindre souffrance. .Au bout de vingt-quatre à trente-six heures au plus, le produit s'est renouvelé avec tous «ses caractères. Au côté interne du même œil, à savoir à l'extrémité nasale du diamètre : transversal de la cornée, ainsi qu'aux deux extrémités du diamètre correspondant de 1 l'œil gauche, la même affection commence à se manifester. Elle n'empiète encore qu'à [peine sur la cornée et n'y gêne aucunement l'exercice de la vision. L'ablation de ce proiduit anormal ne donne lieu à aucune douleur et ne laisse après elle ni pholophobie, ni larmoiement. Les cornées, dans leurs parties non occupées par lui, sont nuageuses et ne 1 permettent qu'une vision fort imparfaite. De plus, le malade ne voit que les objets très (rapprochés de ses yeux, devenus très myopes. Les globes et les paupières ne sont le : siège d'aucune inflammation ni injection morbide.

Examinée au microscope par le docteur Sacré, la production pathologique se trouve (être constituée exclusivement par de l'épitbélium pavimenteux, disposé par couches : stratifiées. On n'y découvre que des cellules ; celles-ci sont très-grandes, mesurant de ! o™04 à 0m07, à contours très pâles et formées d'une membrane incolore transparente; (elles contiennent un noyau deOm010 à 0in015, dans lequel on dislingue, à un fort grossissement, un ou deux nucléoles. La forme des cellules varie : la plupart sont irrégulièrement polygonales, quelques-unes allongées, les plus jeunes à peu près arrondies ; I toutes sont aplaties, de même que leur noyau. L'alcool et l'élher sont sans action sur i elles; l'acide acétique fait d'abord pâlir leur membrane et rend le noyau plus apparent, i mais bientôt il la dissout entièrement. La polasse caustique détruit la cellule elle noyau, i effet que ne produisent ni l'ammoniaque, ni les acides chlorhydrique, sulfurique et azoi tique. Quand on examine des cellules disposées en couches, les contours n'en sont appai rents qu'à la limite de la préparation ; au centre on ne distingue que les noyaux.

Aucun des moyens de traitement employés jusqu'à ce jour, et l'on compte parmi eux 1 les plus énergiques, tels que les cautérisations au nitrate d'argent, l'application d'un ' ■vésicaloire et d'un selon à la nuque, etc., n'a en rien modifié l'aspect ni l'étendue du (développement épithélial décrit. La maladie est restée stationnaire et rien n'annonce ( qu'elle soit disposée à se modifier avantageusement. Depuis l'entrée du malade à l'in- : slilut, on a fait diverses cautérisations avec la pierre infernale sur la cornée dépouillée l de son dépôt morbide, mais celui-ci n'en a pas moins reparu peu de jours après. L'application, très fréquemment répétée, d'une solution de tarlrate dépotasse dans la glycérine (2 gros sur une demi-once) est également restée sans aucun résultat.

SECTION XIV

N/EVUS MATERNUS DE LA CONJONCTIVE, (p.* 358.)

On peut comprendre sous cette dénomination les cas de saigne-

MALADIES DE LA CONJONCTIVE

menls provenant de petites élevures vasculaires de la conjonctive qui recouvre la caroncule lacrymale, le repli semi-lunaire, la sclérotique, ou qui tapisse les paupières. Ces élevures saignent parfois assez abondamment pour affaiblir le malade et pour nécessiter leur attouchement par le fer rouge.

Obs. 45 (1). — Le 25 août 1864, le docteur Carette, de Roubaix, m'adresse un jeune homme de 17 ans, présentant, à l'angle interne de l'œil gauche, une tache mélanique qui empiète un peu sur la cornée. Elle est constituée par un assemblage de petites taches noires, de la grosseur d'une tète d'épingle à un volume trois fois plus considérable. Ces taches sont irrégulièrement disséminées sur un espace d'environ un centimètre carré. La portion de conjonctive sur laquelle elles reposent est un peu épaissie et parcourue par des vaisseaux nombreux et assez volumineux. Cette porlion de conjonctive est bien mobile sur la sclérotique, et je crois qu'on pourrait l'enlever aisément, sauf la porlion qui empiète sur la cornée. Les parents ne se sont aperçus de l'existence de cette tache que vers l'âge de cinq ans : ils trouvent que, depuis deux ans, elle s'est beaucoup accrue. Ils ne se décident pas, pour le moment, à l'opération.

SECTION XV

VARICES DE LA CONJONCTIVE. (P. 338

Obs. 46. — Varices ou paquet variqueux de la conjonctive scléroticale gauche ; excision de la tumeur; cautérisation consécutive avec le crayon de sulfate de cuivre; quérison (2). — Gélina Wertcm, âgée de dix ans, demeurant à Paris, faubourg du Temple, 98, est présentée à ma clinique le 11 avril dernier. Au rapport de la mère de l'enfant, l'œil gauche s'est recouvert de sang, il y a trois ans. Celte congestion s'est dissipée; mais depuis celte époque, il est resté une petite tumeur qui offre les caractères suivants : elle est située vers la partie inférieure et externe de la conjonctive scléroticale de l'œil gauche, non loin du cul-de-sac inférieur de la conjonctive oculo-palpébrale, si bien que, pour la découvrir tout entière, il faut faire porter l'œil très fortement en haut et en dedans. Cette tumeur, dont la surface ressemble un peu à celle d'une framboise, est composée de quatre ou cinq petits mamelons, du volume d'un grain de millet, de couleur punaise, placés les uns à côté des autres. En exerçant sur la tumeur une compression avec la paupière inférieure, que l'on fait mouvoir de haut en bas et de bas en haut sur le globe, on la fait disparaître en grande partie, et l'on constate le déplacement d'un liquide de couleur rouge foncé, dans les vaisseaux qui partent de la petite production morbide et qui marchent, en très petit nombre, vers la circonférence de la cornée, sans atteindre cette dernière membrane. En faisant exécuter à l'enfant une forte expiration, la bouche et le nez fermés, on voit la tumeur se reformer presque immédiatement. L'œil est parfaitement sain, l'enfant n'accuse aucun trouble de la vue.

Je conseillai l'usage d'une pommade au précipité rouge. Ce traitement n'ayant amené, au bout de huit jours, aucune modification dans l'étal de la tumeur, je me décidai à emporter le paquet variqueux avec l'instrument tranchant. En conséquence, l'enfant étant assise sur une chaise basse, la tête assujétie sur la poitrine d'un aide et les paupières convenablement écartées, je saisis, avec une pince à griffes, la portion de conjonctive sous laquelle rampaient les veines dilatées, et j'en pratiquai l'excision d'un seul coup de ciseaux. L'écoulement de sang fut insignifiant. — Compresses d'eau froide sur l'œil. Le lendemain, il existe un boursouflement de la portion de conjonctive voisine de celle qui a été enlevée et l'on constate, à la place de cette dernière, quelques veines encore dilatées. Je touche les restes des varices avec un crayon de sulfate de cuivre.

(1) Testemn. Observation inédite.

(2) Fano. Annales d'Oculisliquc, 18G1, t. XLV, p. 2ô0.

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