CHAPITRE XI
SECTION II
LÉSIONS TRAUMATIQUES DES MUSCLES DE l'(EIL. (P. 505.)
Obs. 90. — Déchirure, par arrachement, du muscle releveur de la paupière supérieure.— Plosis. —Ectropion. — Guérison de cehd-ci{1). — Un garçon de 8 ans, jouant sur une table boiteuse, placée près d'une fenêtre dont l'espagnolette, dépourvue de sa boule de protection, formait un crochet à concavité supérieure, exécuta un mouvement brusque, qui fil que la table se déroba sous lui. En voulant se retenir, son visage vint frapper l'espagnolette, dont le crochet aigu, s'inlroduisanl sous la paupière supérieure droite, déchira violemment celle-ci entraînée par le poids de tout le corps, un instant suspendu sans soutien. Il en résulta une plaie, située au côté interne de la paupière, dont la réunion immédiate, au moyen de simples bandelettes, fut suivie d'un gonflement considérable, qui ne se dissipa qu'au bout de huit jours. Un ectropion complet, comprenant toute l'épaisseur de la paupière, fut la suite de cet accident, qui détermina les parenls à nous amener l'enfant à l'institut. La partie renversée contenait le cartilage larse tout entier, complètement immobilisé. Les efforts les plus énergiques du malade ne réussissaient pas à imprimer le moindre mouvement à la paupière, tandis que tous les mouvements du globe avaient conservé leur intégrité. Évidemment ce défaut de motililé était dû à la séparation du cartilage larse d'avec son attache à son muscle releveur.
La turgescence de la muqueuse ayant été en partie réduite par de fréquents attouchements au moyen du sulfate de cuivre, nous nous mîmes en devoir de corriger, autant
(1) Observatiou de tumeur vasculaire de l'orbite, par Waltc-n, traitée avec succès par une forte solution d'acide tannique (Med. Times and Gaz. 1858, fév. 6, p. 149.)
(2) Waiuomont. Observation inédite.