LUXATION DU GLOBE DE L'OEIL
à venir consulter M. White Cooper. Celui-ci n'hésila point à lui conseiller l'excision de l'oeil blessé, opération qu'il pratiqua le 9 août 4859. Guérison rapide.
Examen de l'œil, fait par le docteur Bader. — L'œil n'a plus que le tiers de son volume normal. L'iris est accolé à la cornée opaque; le cristallin, représenté par une substance irrégulière, blanche, dure, semblable à de la chaux, adhère à l'uvée. 11 n'y a plus d'humeur vitrée ; rétine décollée et offrant la forme d'un entonnoir : on n'y trouve plus d'éléments rétiniens, mais un tissu à fibres peu distinctes. La surface interne delà choroïde est tapissée par une mince coque osseuse, plus épaisse au niveau de l'entrée du nerf optique; la choroïde adhère à celte coque. L'espace entre elle et la réline déplacée est occupé par un liquide transparent jaunâtre (albumineux) contenant de la chôlestérine. Sur la coque osseuse, et lâchement suspendu par un peu de tissu cellulaire, se voit un petit grain de plomb qui a dû pénétrer dans l'œil , en traversant la sclérotique au-dessus du ligament suspenseur du cristallin (1).
Une cause de blessures graves des yeux se rencontre dans les explosions d'appareils servant aux manipulations chimiques, des vases de verre surtout, dont les fragments sont lancés avec une grande violence. M. Dulong, qui découvrit le chlorure de nitrogène, perdit par cette cause un œil et un doigt. Sir H. Davy eut presque un œil détruit de la même façon, et M. Boswell Reid, les deux yeux sérieusement endommagés. Pendant plus de cinq mois, Davy eut plusieurs récidives d'inflammation, dont il rapportait la cause à la présence d'imperceptibles fragments de verre restés dans l'œil et qui nécessitèrent plusieurs ponctions de la cornée (2).
SECTION IX