‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 158 sur 251 · PLAIES DE L'OEIL PAU ARMES A FEU · texte numérisé non relu

PLAIES DE L'OEIL PAU ARMES A FEU

térieure parut ternie par la présence du sang. En soulevant la paupière, on aperçut, à une ligne de distance du bord de la cornée, sur la sclérotique, un point noir que' l'on pensa pouvoir être un plomb. Un tenta de l'extraire avec des pinces, niais il est douteux qu'on ait amené quoi que ce fût, et certainement aucune particule solide ne fut extraite. Le malade fut saigné au bras; il prit une pilule de calomel en se couchant, une autre le malin, puis un huitième de grain de tartre émélique toutes les heures. Repos absolu du corps et des yeux dans une pièce obscure. Le lendemain , il n'avait pas de douleur. La pupille avait une forme un peu angulaire. Les prescriptions du médecin n'avaient été nullement suivies, car il trouva son malade assis dans sa chambre avec plusieurs chandelles allumées, et jasant avec ses camarades de service. Le blessé fut amené à Glasgow à M. Mackenzie, qui, dans la soirée du 21, put constater les plaiesde la paupière et de la sclérotique. Outre cela, il y avait dans l'iris une petite plaie circulaire près de son bord supérieur, en rapport de direction avec celle de la sclérotique. Pupille ovale transversalement. On voyait un caillot de sang se projetant du bord supérieur de la pupille et reposant sur la surface du cristallin; déplus, il y avait, au fond de la chambre antérieure, une certaine quantité de sang disposée en forme de croissant. La vision était assez bonne: ainsi le sujet, de son œil blessé, voyait les yeux d'une personne assise devant lui. On lui prescrivitun régimesévère,une piluledecalomel malin et soir, el on lui peignit les paupières de l'œil droit avec de l'extrait de belladone. — 22. Le malade se trouve mieux. Vision plus claire. Peu de changements dans les symptômes objectifs. Solution d'atropine dans l'œil. — 23. Pupille peu dilatée. Plaie de la sclérotique fermée; celle de l'iris fort diminuée d'étendue. Caillot de la pupille moindre. Sang du fond de la chambre antérieure dans le même état. A l'examen catoplrique, pas d'image renversée visible, ce qui démontre qu'il doit y avoir quelque opacité du cristallin, probablement un dépôt de lymphe plastique sur sa surface. Moins de rougeur de la conjonctive. Atropine instillée matin el soir. Fomentations sur l'œil, frictions sur les paupières avec de l'extrait de belladone. Matin et soir, pilule composée de deux grains de calomel et d'un demi-grain d'extrait thébaïque. — 24. Le mieux continue. La plaie de l'iris est à peine visible. Le caillot de la chambre antérieure n'est plus aussi rouge. Cristallin plutôt moins transparent. Pas de traces de plomb dans le caillot de la pupille ni dans la chambre antérieure. Le caillot de la pupille n'est probablement que du sang échappé de la plaie de l'iris. Dans le voisinage du caillot, la pupille a une forme carrée, comme si elle adhérait à la capsule. Le sujet voit les yeux d'une personne à la dislance de douze pouces, mais plus à celle de deux pieds. — 23. Voit les yeux à une plus grande distance. Moins de sang dans la pupille. Pas d'image renversée. Le cristallin paraît trouble. Le fond de l'œil n'est pas visible à l'ophlhalmoscope. Les gencives ne sont pas affectées. — 26. Le sang du fond de la chambre antérieure a presque disparu. Pupille assez claire. Pas d'image renversée. Voit mieux. Bouche un peu malade. — 27. On supprime les pilules de calomel et opium. —28. La vue s'améliore. On aperçoit une image renversée diffuse vers la tempe, lorsque la lumière d'une bougie est concentrée sur la pupille. Sang du fond de la chambre antérieure disparu. — 29. Les objets éloignés sont beaucoup mieux vus. Le blessé lit lentement les grosses lettres. Pupille toujours dilatée. Les fibres de l'iris qui entourent le lieu qu'occupait la blessure paraissent écartées les unes des autres, et la cicatrice est atliréeenarrière, ce qui donne à ce point la disposition inhiiidibuliformc.— 31. L'image renversée se voit un peu grande à la partie supérieure de la pupille. Le sujet voit de l'œil blessé de petites figures dans un paysage pendu à la muraille, et lit les gros caractères On supprime l'atropine. — 2 novembre. La pupille devient plus petite. 11 lit les caractères ordinaires d'un journal. — 4. La portion d'iris qui se trouvait en contact avec le sang qui occupail le fond de la chambre antérieure, présente une traînée de petites taches noires. On les considère d'abord comme de petils caillots de sang; mais comme au bout d'un mois ils n'ont subi aucun changement, on conjecture que ce pourraient bien être des parcelles de poudre entraînées par le sang qui s'est épanché de la plaie de la choroïde el de l'iris. — o. Pupille plus contractée, encore déformée. L'ophlhalmoscope permet de voir distinctement la papille optique. — 3 décembre. L'œil est presbyte. Il peut lire, mais mieux avec un verre convexe.

Le résultat favorable dépassa ici de beaucoup ce qu'on avait pu espérer immédiatement après l'accident. La question qui se pose naturellement est celle-ci: Un plomb a-lil réellement pénétré dans l'œil? S'il en a été ainsi, ce cas est une exception à la règle

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générale qui enseigne qu'un pareil accident détruit toujours la vision. Peut-être n'est-ce qu'un grain de poudre qui a traversé la sclérotique et l'iris, déterminé l'épanchement de sang dans la pupille et la chambre antérieure, et dont les atomes entraînés par le sang sont venus se fixer d'une manière permanente sur le segment inférieur de l'iris. Il paraît difficile cependant d'admettre qu'un corps aussi léger qu'un grain de poudre ait pu être lancé à la distance de 80 verges et produire un pareil dégât. D'autre part, le plomb a pu blesser la sclérotique et l'iris et être entraîné au dehors par l'élasticité de la sclérotique. 11 n'est pas rare devoir des balles se comporter de cette façon sur les régions charnues du corps, c'est-à-dire pénétrera une certaine profondeur dans les tissus, en perforant incomplètement la peau et ressortir immédiatement. Il n'y a que des conjectures à faire au sujet de ce cas intéressant.

Obs. 162(1).— Un jeune garçon se présenta au Glasgoiv Eye Infirmary, le 8 juin 1860. Lorsque son œil droit était soumis à une vive lumière, la pupille se contractait, et l'on ne découvrait pas grand'chose: il en pouvait lire de petits caractères. Lorsque, au contraire, la pupille était largement dilatée par l'atropine, on voyait un segment considérable du cristallin d'un blanc opaque, et sur la portion de capsule qui recouvrait la portion opaque, un fragment angulaire brillant de cuivre, provenant d'une capsule à percussion. Ce fragment avait traversé la cornée, plusieurs mois auparavant, un jour que ce garçon regardait dans la rue quelqu'un qui jouait avec un de ces jouets en forme de fusil où Von écrase des capsules à percussion, anciennement très répandus dans les foires mais très dangereux. Comme ce corps étranger n'occasionnait aucune douleur, on conseilla au blessé de ne rien faire provisoirement.

Gi>s. 163(2).— Écharde de bois enfouie dans i 'œil pendant trohmois. —Le 27 mai 1859,rauleurestappelé près d'un jeune homme qui, huitjjoursauparavant,pendanlqu'il s'efforçait de rompre un bâton, avait vu celui-ci céder brusquement et une des extrémités fracturées, qu'il tenait de la main droite, venir heurter violemment son œil droit. On crut l'accident léger, et deux jours s'écoulèrent avant que l'on consultât un médecin. Celui-ci avait prescrit un traitement anliphlogistique sévère et le mercure. L'œil présentait une plaie déchirée au bord inférieur et externe de la cornée : il y avait entre ses lèvres une légère hernie de l'iris; le cristallin était opaque et la pupille déformée y adhérait. Décoloration de l'iris et injection générale, mais non intense, de la conjonctive et de la sclérotique. Un examen attentif ne fait découvrir aucun corps étranger dans l'œil. Le malade se plaint peu : pouls à soixante; son habilus strumeux engage à ne pas pousser plus loin le traitement antiphlogisLique. L'inflammation diminue graduellement, mais, vers le mois d'août, la cornée devient proéminente, avec un point noir à son centre. A celle époque, l'état de l'œil différait beaucoup de ce qu'il était lors de la première visite de M.White Cooper. La cornée formait une saillie conique, dont le sommet correspondait à l'ancienne plaie; elle était transparente à sa base, et l'on apercevait là l'iris tapissant la face interne du cône. Le sommet, très opaque, très épaissi, contenait une substance noire, évidemment un corps étranger. Entraîné avec des pinces, il se trouva que c'était une écharde de bois, cachée d'abord derrière l'iris lors du premier examen, mais qui s'était graduellement portée au dehors. La plaie de la cornée se cicatrisa promptement, l'opacité diminua, et au bout de huit jours la proéminence delà cornée diminuait déjà.

Obs. 164(3j). — Plomb resté dans l'œil plus de trente ans. Le Rév. H. W., âgé de soixante ans, reçut un grain de plomb dans l'œil droit, il y a trente ans ; la vue fut immédiatement éteinte, et il s'ensuivit une inflammation considérable, qui céda graduellement atix émissions sanguines, au mercure, etc. L'œil resta néanmoins irrilable et disposé à s'enflammer sous l'influence de causes légères; le malade éprouva aussi de vives attaques de névralgie, et la vision de l'œil gauche fut sérieusement troublée, ce qui le décida

(1) Mackenzie. Inédite.

i Whive Goopeb. Opht. Hosp.Rep. 1889-1860, Vol. H, p. 189.

i) Sir C. B|U a vu un soldai, chez qui une balle de mousquet avait pénétré dans l'œil et y élan demeurée. (Boll's Operalive Surgery, Vol. Il, p. 433, Lomlon 1814.)

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