OPHTHALMITIS RÉFLEXE OU SYMPATHIQUE. (P
Les symptômes de l'ophtlialmitis sympathique ont déjà été décrits dans cet ouvrage (t. II, p. 12*), Néanmoins, de nouvelles études ont permis d'apporter plus de précision dans l'exposé des formes sous lesquelles elle peut se présenter, et nous aurons à nous y arrêter assez longuement.
(1) Wiiite CooPKfi. On YVounds and Ifijttrfds of Ihô Eve. l.ondon 18;>9, p. 291.
§ I. De l'ophthalmîtis sympathique par cause traumatique.
1. lrc forme, Irido-cyclite.— En général, la maladie se produit à la suite d'une blessure qui a intéressé l'iris ou le corps ciliaire, surtout si la présence d'un corps étranger est venue s'y ajouter, et ses premières manifestations ont lieu d'ordinaire de quatre à six semaines après l'accident, rarement plus tôt, souvent plus tard : les malades se plaignent de ne plus pouvoir accommoder de l'œil non blessé, ni aussi vigoureusement, ni aussi longtemps; s'ils veulent essayer de lire, l'œil pleure et est désagréablement ébloui; la vue s'obscurcit, l'œil perd de son brillant et une zone rosée se dessine autour de la cornée. Bientôt l'on constate que le globe devient plus dur au toucher, en même temps que des douleurs s'éveillent dans le sourcil, l'orbite ou le fond de l'œil lui-même. Si l'inflammation augmente, le globe, de dur qu'il était, devient plus mou, la capacité de la chambre anlérieure se rétrécit, l'iris est propulsé en avant, et de gros vaisseaux s'y développent de bonne heure, la pupille se rétrécit, des synéchies postérieures s'établissent et le cristallin finit par s'opacifier. Le cortège de symptômes rappelle celui d'une irilis récidivée, mais s'en écarte néanmoins à certains égards : c'est ainsi que l'iris qui, dans cette dernière affection , devient mou et faible, est, au contraire, dans celle qui nous occupe, ferme, coriace, adhérent, difficile à saisir et à exciser, propriété qu'il doit à la formation de croûtes fibreuses à sa face postérieure. Enfin, le corps ciliaire et la choroïde s'entreprennent à leur tour et la vue ne larde pas à se perdre complètement.
2e forme. Iritis séreuse. — Elle se présente plus tardivement que la précédente et suit une marche plus lente; d'autre part, elle n'atteint le traclus uvéal qu'après avoir causé des désordres dans les autres parties, plus profondes, de l'œil, telles que le corps vitré, la rétine et le nerf optique. Le champ visuel se rétrécit d'abord, puis surviennent un trouble progressif de la vision et une dilatation moyenne delà pupille, qui devient paresseuse; le globe durcit, l'iris se décolore, la papille optique s'excave, et des opacités se manifestent dans le corps vitré. Enfin des exsudations se produisent à la face postérieure de l'iris, qui donnent lieu à des synéchies postérieures filiformes.
3e forme. Irido-kcratite. — Elle a été signalée par M. Reindorf, qui déclare l'avoir observée trois fois et s'être convaincu indubitablement de sa nature sympathique. « Il se forme, dit-il, dans la cornée, des infiltrations circonscrites, qui se transforment bientôt en ulcérations superficielles. Si les unes guérissent, d'autres apparaissent, ce qui fait que toute la cornée est souvent légèrement trouble et ramollie. L'iris est toujours enflammé, et il n'est pas rare qu'il se forme un