OPIITIIALMITIS RÉFLEXE OU SYMPATHIQUE
Obs. 219 (1). — Willinm S..., Agé de 52 ;ins, ouvrier chargé de la surveillance dans un atelier de mécanique, entra dans le service de M. Dixon, à l'hôpital royal ophthalmique de Londres, en juin 1838. C'était un homme robuste qui, à l'exception de quelques rhumes contractés accidentellement, jouissait d'une bonne santé habituelle. Environ cinq ans auparavant, il avait reçu dans l'œil droit un petit fragment d'acier qui s'était détaché d'un ciseau. Après cet accident, il Tut trois semaines sans voir de cet œil; il recouvra ensuite la vue, mais elle resta défectueuse. Il était fatigué par des sensations d'éclairs, de boules noires flottant devant l'œil et qui, d'abord larges, devinrent, avec le temps, plus petites et plus nombreuses. Ces symptômes n'étaient pas continuels, et, dans les intervalles où il en était exempt, il pouvait voir passablement. Sept mois avant son admission, il ressentit tout à coup, pendant la nuit, des douleurs vives dans l'œil malade, et le malin venu, il reconnut qu'il avait perdu la vue de ce côté et jusqu'à la faculté de distinguer le jour de la nuit. A l'extérieur, le globe oculaire paraissait normal. Environ cinq mois après, il reçut un coup sur la joue droite, et à la suite il survint de la douleur et de l'inflammation dans l'œil correspondant, symptômes qui continuèrent jusqu'à l'époque de l'entrée à l'hôpital. Les notes suivantes furent prises à ce moment: Œil gauche : douleurs, larmoiement, faiblesse; la vision s'exerce difficilement. Œil droit : fonction abolie, nulle perception de lumière; tension augmentée; vaisseaux de la conjonctive et delasclérotiquegorgés de sang; transparence delà cornée conservée; chambre antérieure de dimension moyenne: humeur aqueuse jaunâtre ; pupille irrégulière, large, immobile; surface de l'iris d'un gris jaunâtre sale, parsemée de taches sanguines. M, Dixon pratiqua l'extirpation de cet œil le 14 août 1858. L'examen anatomo-pathologique, qui en fut fait avec soin par le docteur Bader, y fit reconnaître des altérations nombreuses très graves, trop longues à détailler, mais dont les principales étaient : liquide jaunâtre et sang dans la chambre antérieure, état variqueux des vaisseaux de l'iris, adhérence de la face postérieure de cette membrane à la capsule cristalline, teinte grisâtre et opacité du cristallin, aplatissement de l'œil sur quatre faces, résultant de la pression exercée par les muscles droits en sens inverse de celle qui avait lieu de dedans en dehors, par suite de la tension augmentée du globe oculaire, décollement de la réline, etc. Après l'opération, la cicalrisalion se fit rapidement. Tout phénomène morbide disparut de l'œil gauche, qui récupéra ses fonctions dans toute leur intégrité; le malade, muni d'un œil artificiel, sortit de l'hôpital et put reprendre ses occupations. On a eu l'occasion de le voir dernièrement, dix-huit mois après sa sortie; il a toujours parfaitement vu de l'œil gauche, n'y a plus éprouvé la moindre douleur, le moindre malaise, et l'œil artificiel n» lui a causé aucun inconvénient.
Obs. 220 (2). — On m'amène une intéressante et délicate petite fille de huit ans : c'est l'enfant d'un riche brasseur; un de ses petits frères lui a blessé l'œil gauche avec une paire de ciseaux. La cornée, avec une portion de la sclérotique, l'iris et le cristallin avaient élé intéressés, et l'iris était venu s'attacher dans la plaie. Il y avait de l'hypérémie et de la pholophobie, mais l'œil distinguait la forme des objets. L'œil droit présentait déjà les symptômes évidents d'une inflammation sympathique, et la vue en était considérablement affaiblie, au point qu'il n'apercevait qu'avec difficulté les aiguilles d'une montre. Les parents refusèrent de laisser toucher à l'œil blessé; on ne fit qu'empêcher l'accès de la lumière pendant quatre mois. Au bout de ce temps, l'œil blessé était devenu mou et affaissé, mais indolore ; toute vision était complètement éteinte. La maladie dans l'œil affecté sympathiquement avait continué de progresser, et celui-ci ne distinguait plus que la forme des objets. En présence de cet état de choses, on eut recours à l'irideclomie; on attira à grand'peine au dehors une portion d'iris qui fut coupée, et l'on réussit à établir une pupille bien nette. Il y eut, pendant quelques semaines, une amélioration considérable, mais, trois mois plus tard, l'iritis avait reparu, et la pupille s'était fermée de nouveau, laissant la vision dans l'état où elle était avant l'opération. Il est probable qu'il surviendra encore graduellement de nouvelles altérations.
Obs. 221 (3). — Il s'agit d'une fille de la campagne, bien portante, âgée de onze ans,
(1) J. Dixon. Médical Times and Gaz., 1860, Mars, p. 237.
(2) Critciiett. Loc. cit.
13) Ioid. Id.