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OPACITÉS DE LA MEMBRANE I1YALOÏDE ET DU CORPS VITRÉ. 5(J

rare, on les voit reprendre leur position primitive, après avoir été un moment ébranlées : autre chose est des corps flottants, proprement dits, dont le poids spécifique leur permet de tomber au fond d'un corps vitré liquéfié, où ils se précipitent dès que l'immobilité de l'œil est rétablie : ce qui se passe ici ne saurait être mieux comparé qu'au trouble qui se produit dans un flacon renfermant un liquide dans lequel se trouvent des substances solides non dissoutes, et qu'on secoue violemment; ce liquide se trouble pour reprendre sa limpidité, quand il s'est longtemps reposé. Quand les choses se passent de la sorte, c'est que les corps solides sont plus pesants que l'humeur vitrée ; ils ne peuvent alors être la cause des mouches volantes qui, on le sait, sont plus légères qu'elle.

Tantôt le repos rend aux malades une vision nette que l'agitation du globe vient troubler de nouveau; tantôt, au contraire, et c'est ce qui arrive quand les opacités sont très nombreuses et ne se précipitent pas complètement, ce n'est qu'en faisant subir à l'œil un mouvement brusque que le champ visuel peut se procurer quelques éclaircies qui, malheureusement, ne sont jamais que de très courte durée. En général, le trouble de la vision est plus grand quand les opacités sont petites et très nombreuses, parce qu'alors il n'existe pas entre elles d'espace transparent suffisamment vaste, à travers lequel la vue puisse s'exercer, que dans le cas de membranes larges et rares, laissant entre elles des lacunes que les rayons lumineux peuvent traverser. Quand le malade régarde le ciel, à travers une carte percée d'un trou d'épingle, il voit flotter ces filaments et débris membraneux.

Les opacités du corps vitré sont tantôt constituées par une multitude de petits points, donnant à l'ensemble du fond de l'œil un aspect nuaseux qui voile l'intégrité de l'image ophlhalmoscopique (corps vitré jumenteux de Desmarres), tantôt par des flocons et des filaments susceptibles de se déployer, tantôt encore par de véritables fausses membranes, parfois assez fines pour pouvoir s'enrouler sur elles-mêmes dans les mouvements du globe, le plus souvent épaisses et assez opaques pour masquer certaines parties du fond de l'œil : dans ce dernier cas, elles sont ordinairement adhérentes par une de leurs extrémités, aux membranes profondes, cl troublent d'autant plus l'intégrité de la vision qu'elles sont fixées plus près de la réline, pl.us près surtout des parties essentielles de celle dernière (macula lulea). C'est dans des cas de ce genre que M. de Gracfe a tenté, non sans succès, de déchirer l'opacité au moyen d'une aiguille, de façon à dégager la tache jaune (1).

2. Généralement, ces différentes opacités sont la conséquence de l'inflammation de quelqu'un des tissus internes de l'œil, et particu-

(I) Archiv fur Ophtalmologie, 1865, R. IX, Abtli. 2, S. 101.

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lièretnent de la choroïde et de la réline. Dans toute inflammation un peu intense de Tune ou de l'autre de ces membranes, l'humeur vitrée perd plus ou moins de sa transparence; il en résulte un trouble général, une sorte de nuage qui voile le fond de l'œil et empêche de voir distinctement la papille optique ou la cache même complètement, et dans lequel on aperçoit fréquemment de petites particules ou des lambeaux flottant épars au milieu de la masse devenue d'un blanc jaune : cet aspect est dû à des épanchements de sérosité ou de lymphe plastique, qui se résorbent quand l'inflammation tombe, et l'humeur vitrée reprend alors sa transparence normale. M. Desmarres (1) fait remarquer qu'à la suite de l'iritis, certains corpuscules mobiles, qui ne décèlent leur présence dans l'humeur vitrée que par un léger nuage,- donnent lieu à une myopie, qui se corrige parfaitement par les verres concaves et qui disparaît ordinairement deux ou trois mois après que tout signe d'inflammation a cessé d'exister. Si cet état résiste au traitement de l'iritis, l'usage interne de l'iode et les collyres et lotions à l'iodure de potassium en ont ordinairement raison. M. Mackenzie s'est bien trouvé, dans ces mêmes cas, de l'usage interne du sulfate de fer.

Des épanchements de sang, provenant d'ordinaire des vaisseaux de la choroïde, dans les parties les plus antérieures de celle-ci, sont une des causes les plus fréquentes des opacités du corps vitré, et les malades qui en sont atteints se plaignent alors de voir les objets comme au travers d'un nuage rouge ou verdâtre. Ils sont souvent le résultat des opérations dont l'effet immédiat est de diminuer une pression intra-oculaire exagérée, telles que la paracentèse ou l'iridectomie dans le glaucome, et de certaines altérations des parois des vaisseaux qui accompagnent si fréquemment un grand nombre de maladies de la choroïde ou de la rétine.

On voit parfois aussi, dans l'humeur vitrée, des flocons de pigment, qui sont réellement noirs et ressemblent à de petits lambeaux de dentelle : quand ce sont des exsudations recouvertes de pigment, elles sont ramiformes. Ces flocons sont fréquents dans le staphyloma postïcum.

La vascularisalion du corps vitré et la persistance de sa membrane hyaloïde sont deux causes fort rares, susceptibles d'en altérer la transparence. M. Coceius a rapporté un cas de cette première altération (obs. 231), que Ton considère comme étant presque toujours liée à une forme particulière de la rétinite parenchymateuse. Quant à la persistance de l'artère hyaloïdicnne, elle se décèle par la présence d'un cordon opaque, entouré d'un second contour faiblement grisâtre, tendu entre la papille et le pôle postérieur du cris- Ci) Traité théorique et pratique îles maladies des yeux, 1838, I. III, p. 588.

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