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Causes. — La réline peut être séparée de la membrane à

(I) Archiv fur Ophthalmologic, 1858, B. IV, Abth. 2, S. 273. — Voir: Botto. L'cnclavcmcnl de l'iris, comme moyeu curulif du staphylôm c transparent de la cornée (Liguria medica, 1860).

HYDROPIITIIALMIE OU HYDR0PIS1E DE L'OEIL.

laquelle elle est accolée, soit par des violences extérieures, dont le contre-coup amène cette dissociation, soit par des exsudais que des maladies de rétine ou de la choroïde déposent entre elles, soit par des tumeurs qui s'y développent, soit par l'atrophie du corps vitré, dont la réduction de volume attire la rétine vers le centre de l'œil; soit enfin par des tumeurs rétro-bulbaires. Dans chacun de ces cas, la rétine, soulevée et poussée en avant, vient flotter d'arrière en avant en suivant les mouvements de la tête, et ces fluctuations, en rapport ordinaire avec les degrés du décollement, sont le plus souvent faciles à constater.

Les coups, chutes et commotions, dont la tète peut être atteinte, sont susceptibles de donner lieu à des décollements immédiats. M. Mackenzie a constaté celte lésion, du côte temporal de la réline, chez un homme qui était tombé sur la tète, du haut d'un chariot, et qui en perdit la vue sans retour. M. deGraefeen a également recueilli quatre observations , dans trois d'entre elles, le décollement résultait d'une contusion de l'œil et dans la quatrième d'une piqûre faite avec un couteau effilé, qui avait traversé le globe et décollé la rétine dans le point opposé à celui où il avait pénétré. M. Warlomont a vu, de sou côté, Un décollement déterminé, sur une jeune femme, par un violent soufflet qu'elle avait reçu dans une rixe, en s'inlerposanl entre des époux mal assortis. Ces faits sont d'une grande valeur, au point de vue de la médecine légale.

Comme cause prochaine, M. Desmarres signale l'action du froid. Il cite le fait d une grande dame italienne qui, au sortir d'un bal, impatiente d'atlendre sa voilure, l'avait regagnée, les épaules et la face nues, par un froid très vif et avait perdu aussitôt l'œil droit par décollement de la rétine (1).

Les décollements de la réline sont loin d'être rares; ainsi M. Quaglino (2), dans sa pratique de 1857, l'a constaté 48 fois sur cent cas d'amaurose partielle ou totale; proportion exceptionnelle, il est vrai, mais qui démontre néanmoins toute l'utilité de la connaissance de celte grave affection.

2. Lésions anatomiques . — La séparation de la rétine d'avec la choroïde suppose nécessairement la présence d'une substance anormale ou morbide entre ces deux membranes, substance qui, nonseulement en a détruit les rapports physiologiques, mais qui, de plus, en altère la structure analomique et la puissance fonctionnelle. D'autre part, le fait seul que la rétine Hotte d'arrière en avant suppose un certain degré d'atrophie ou de ramollissement du corps vitré.

Le liquide renfermé sous les parties décollées de la réline se coagule facilement à la chaleur; il est ordinairement de couleur citrinc fon-

(1) Loc. cil. t. III, p. 479.

(2) Loc. cit. |». 170.

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cée et contient des corpuscules sanguins, des cellules granulées dues à la destruction de l'épilhélium choroïdal et quelquefois des cristaux de choleslérine et des globules de pus. 11 est le plus souvent le produit d'une exsudation séreuse opérée par la choroïde, dont l'altération, ainsi qu'il arrive dans la scléro-choroïdite très avancée, est le point de départ accoutumé de la maladie; d'autre fois, cependant, il peut être dû à un épanchement sanguin subit, tel qu'il s'en manifeste dans certaines maladies des vaisseaux ou des organes entraînant des troubles profonds de la circulation générale, ou à la suite de lésions Ira uma tiques.

Le fait de la séparation de la réline d'avec la choroïde n'entraîne pas ipso facto celui d'une altération immédiate, fonctionnelle ou organique, de cette première membrane : en effet, lorsque le recollement s'en opère, la sensibilité rétinienne peut s'y constater de nouveau, si le soulèvement n'a pas été trop considérable et n'a pas persisté trop longtemps. Quand, au contraire, le décollement a eu lieu sur une grande surface, la rétine, tiraillée et distendue, ne tarde pas à s'atrophier, et lors même qu'elle est rendue à ses premiers rapports, n'eu est pas, pour cela, plus propre à la reprise de ses fonctions.

3. Symptômes. — La réline, soulevée par un liquide, s'approche de l'appareil dioplrique, et peut, à l'ophthalmoscope, être examinée à l'image droite : dans la plupart des cas, elle forme une poche d'un gris sale et bleuâtre, flasque, plissée et mobile, qui s'agite avec les mouvements de l'œil (fig. 64); quand cependant celle poche est fortement distendue par le liquide qu'elle renferme et qu'en même temps la rétine est solidement unie à la choroïde aux limites du décollement, elle est globuleuse, lisse et se prèle peu aux fluctuations inhérentes aux décollements ordinaires. La partie décollée de la réline ne prend un aspect particulier que lorsque le liquide qui la soulève change les conditions de sa transparence ordinaire, ou que les rides qui la sillonnent modiGent le mode de réflexion de la lumière et y donnent un refiel plus fort; en dehors de ces circonstances, la rétine soulevée se reconnaît à la direction de ses vaisseaux qui, bien que celle-ci soit modiliée, n'en conservent pas inoins leur distribution caractéristique. Leur direction seule est changée, en raison des accidents de surfaces qu'ils doivent suivre : ainsi, leurs inflexions les rendent quelquefois un moment invisibles au fond d'une plicature, mais ils reparaissent bientôt et reprennent, au delà des limites du décollement, leur direction normale; signe pathognoinonique de la situation physiologique de la partie de la" réline dans laquelle ou les observe. Quand on a des raisons de soupçonner un décollement rétinien, ou peuten constater l'existence en examinant le sujet à l'ophlbalmoscope sans verre grossissant : on lui fait faire des mouvements

HYDROPIITHALMIE OU IlYDUOPiSIE DE L OEIL.

brusques de l'œil en haut, en bas, en dehors, en dedans ; si le liquide contenu n'est pas transparent, la région où siège la maladie se présente immédiatement, sous l'aspect d'un nuage gris foncé ou bleuâtre, qui intercepte complètement l'image colorée du fond de l'œil normal et qui, lorsque la lésion est très pronon- ■K^§p cée, se meut, s'agite, parait, disparaît selon les mouvements de l'œil eu observation. Si au contraire,ce liquide permet encore de voir, par transparence, la teinte fournie par la choroïde , le nuage gris n'apparait pas ; mais, à l'aide d'un fort éclairage, l'image droite fait reconnaître facilement le reflet de la réline, et d'ailleurs les vaisseaux de celle-ci servent de point de repère pour en indiquer la disposition.

Quand la rétine n'est soulevée que dans une très petite étendue et forme alors simplement un petit pli, inconnaissable le plus souvent à sa coloration, l'état des vaisseaux qui s'y répandent sert à la faire diagnostiquer. « La partie du vaisseau située sur le sommet du pli subit, par suite des mouvements de va-et-vient du verre convexe, un déplacement plus considérable que la partie située au niveau de la réline (Schweigger) (1). »

Les connexions qui unissent les deux membranes que les décollements viennent séparer, sont très faibles et résistent peu à la marche des liquides épanchés entre elles; aussi les décollements ont-ils une grande propension à s'étendre latéralement et surtout de haut en bas, en raison des lois de la pesanteur. C'est pour la même raison qu'ils sont rarement circonscrits de façon à s'enfoncer, sous la forme d'une vessie distendue, dans le corps vitré; il faut, pour cela, que les deux membranes soient très adhérentes aux limites des parties soulevées.

(Fig. G4.) (Empruntée à Liebrcich.)

(i) Leçons d'oputbalmoscopir, etc., pp. 72, 117.

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Dans des cas de ces soulèvements très circonscrits, M. Schweigger a pu distinguer des vaisseaux, situés derrière eux, qui n'appartenaient pas à la rétine, mais plutôt à la choroïde. Il a vu une fois aussi le décollement légèrement pigmenté (1).

Quand la rétine est complètement décollée, qu'elle n'adhère plus au fond de l'œil que par ses adhérences au voisinage de la papille, la poche devient infundibuliforme : arrivée à ce point, la maladie amène en général d'autres désordres dans le cristallin et l'iris, et donne ainsi lieu à des cataractes et à des synéchies.

Les symptômes accusés par les malades se résument dans la perte, le plus souvent brusque, quelquefois progressive, de la vue, dans une partie plus ou moins étendue du champ de vision : les objets semblent en partie recouverts par un écran, qui ne permet d'en voir que les points dont l'image arrive sur les régions restées saines de la réline. Quand on promène une lumière dans leur champ visuel commun, en leur intimant de regarder droit devant eux, il arrive des moments où la perception leur en échappe complètement. Le plus souvent, aux limites assignées par l'interposition de l'écran, les objets ne sont pas entièrement effacés, mais paraissent diffus et à contours ondulés, rougeàlres et tremblotants, ce qui indispose beaucoup les malades. M. de Graefe attribue cet étal à un ratalinemenl de la rétine dans les régions qui avoisinent l'allération principale. La maladie peut atteindre des individus déjà calaractés; la diminution du champ visuel ou l'abolition complète de toute sensation lumineuse permet de la diagnostiquer alors, en dehors de tout renseignement ophihalmoscopique, que l'interposition du rideau crislallinien rend impossible : circonstance importante au point de vue des indications de l'opération de la cataracte, chez les sujets ainsi doublement affligés.

4. Diagnostic. — Nous avons indiqué les signes au moyen desquels on peut, à l'oplithalmoscope , reconnaître les décollements rétiniens même les moins avancés. On ne pourra les confondre avec des opacités cristalliniennes, qui sont sur un plan antérieur; d'ailleurs, l'épreuve des trois images ne manquerait pas de lever tous les doutes s'il pouvait y en avoir. En tout cas, la fluctuation et les mouvements d'ondulation de la tumeur, profondément située, sont palhognomoniques des décollements de la rétine.

5. Pronostic. — 11 est toujours grave, car, sauf les cas de décollements légers situés a la partie supérieure du fond de l'œil et qui peuvent disparaître spontanément par le fait de la descente du liquide, les guérisons s'en comptent. Toutes choses égales d'ailleurs, les décollements traumaliques offrent moins de gravité que les autres, qui sont presque toujours entretenus par d'autres altérations contre lesquelles

(1) Loc. cit. p. 118.

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