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II YDROPIITII ALM1 E OU HYDROPISIE DE L'OEIL

l'art ne peut rien. Les décollements restent ordinairement stationmûres el limités à un œil, quand il n'existait pas auparavant de sclérotico-choroïdite postérieure; c'est le contraire, quand celle-ci préexiste.

6. Traitement. — Les décollements rétiniens sont fréquemment le résultat de maladies de la choroïde : ils sont, dès lors, on le conçoit, environnés de parties affectées, à un moindre degré, mais néanmoins susceptibles de causer des troubles visuels au delà des limites du désordre principal. Les traitements appliqués à celui-ci ont, par cela, pu paraître en amender l'état, alors qu'ils ne faisaient que pallier des désordres circonvoisins, passibles d'amélioration. Il faut dire cependant que certains décollements, légers et récents, ont guéri, en ce sens que des parties détachées de la réline ont pu se recoller; mais ce résultat était dû seulement à ce que le liquide, par sa tendance à gagner les parties déclives, abandonnait celles qu'il avait d'abord envahies : la pression intra-oculaire, dans ces conditions, réapplique les membranes désagrégées et leur permet de se recoller, mais la maladie n'en est que déplacée, car on la retrouve un peu plus bas.

On cite néanmoins des exemples de guérison de décollements rétiniens, au moyen de traitements médicaux. M. Siebel a publié l'observation d'un épanchement sous-rétinien séreux, avec décollement de la réline de l'œil gauche et amaurose, guéri par un traitement pharmaceutique rationnel (obs. 258). M. Liebreich en a publié deux cas (obs. 239 et 240) et M. Galezowski trois autres (1). Dans tous, les anliphlogistiques employés avec vigueur au début, el plus tard les dérivatifs, onl eu les honneurs d'une cure presque inespérée.

Le traitement chirurgical des décollements rétiniens n'a pas donné jusqu'ici de résultats dont il y ait beaucoup' à se louer, car il n'a guère procuré que des améliorations temporaires, qu'il avait fallu payer au prix de dangers assez grands pour la conservation de l'organe. Il exige, en effet, l'introduction dans l'œil d'un ou de deux aiguilles, manœuvre dont l'ophlhalmitis a déjà élé la conséquence ; des tentatives dans cette direction demandent donc beaucoup de circonspection chez les personnes qui ont conservé un degré utile de vision, et chez les autres laissent peu d'espoir de réussite. Quoi qu'il en soit, M. Siebel d'abord (2), puis MM. de Graefe, Bowman et Wecker ont institué, contre les décollements rétiniens, des procédés opératoires qui demandent à être mentionnés el qui ont pour but l'évacuation du liquide sous-rétinien, soit dans le corps vitré, soit au dehors de l'œil. La première méthode est celle de M. de Graefe : il se serl d'une aiguille à double tranchant, dont le col doit être assez fort pour obturer la plaie et qui est munie d'un arrêt, distant de la

• (I) Annales d'Oculislique, 1863, t. XLIX, p. 107. (2) Clinique européenne, 1839, n" 9.

AUGMENTATIONS DU VOLUME DU GLOBE DE L'OEIL

pointe (le 16 millimètres. Il enfonce celle aiguille dans la sclérotique, du côté externe, si la position du décollement le permet, à 8 ou

10 millimètres de la cornée et, arrivé à une profondeur de 12 millimètres, dirige vers la rétine le tranchant, qu'il fait basculer aussitôt d'avant en arrière, afin de couper ou plutôt de dilacérer le décollement, en retirant l'aiguille (1). Le liquide passe alors dans le corps vitré et y augmente d'autant la pression sur la rétine décollée, dont

11 favorise ainsi le retour dans sa position naturelle. M. de Graefe mentionne vingt opérations à la suite desquelles aucun accident n'est survenu, et qui ont donné lieu à des améliorations assez notables, mais malheureusement passagères. M. Bowman (2) se sert d'une petite aiguille en fer de lance, qu'il introduit à travers la partie où il soupçonne que siège l'épanchement ; ou de deux aiguilles qu'il conduit très près l'une de l'autre et dont il écarte ensuite les pointes, quand il a des raisons de croire qu'elles ont transpercé la réline, de façon à déchirer celle-ci dans une certaine étendue et d'établir ainsi, comme dans le procédé précédent, une communication entre la tumeur liquide et le corps vitré : quand on a l'intention de déterminer une déchirure très large, il suffit d'introduire les aiguilles à une plus grande distance l'une de l'autre. M. Bowman n'a jamais vu l'opération occasionner de dommages sérieux; dans quelques cas, il a obtenu une amélioration de la vue, sous le rapport tant de l'étendue du champ visuel que de l'acuité des perceptions, en quelques minutes, en quelques heures, et d'autres fois dans l'espace de peu de jours. Dans quelques cas, l'amélioration a été légère, un peu d'agrandissement du champ visuel, une perception plus nette d'objets vus au même éclairage qu'auparavant. Dans d'autres, par contre, il n'est survenu aucune amélioration; dans d'autres, enfin, la perte de la vue est finalement devenue aussi complète que si aucune opération n'avait été tentée. Quanta la durée de l'amélioration, elle a été assez satisfaisante; sur des sujets perdus de vue pendant deux ans, elle persistait encore. Chez d'autres, il y a eu des récidives qui ont exigé une seconde et une troisième opération, suivies de résultats variables.

M. Wecker (3), dans le but d'ouvrir en même temps une communication entre la poche et le corps vitré et un moyen d'écoulement au dehors du liquide épanché, a fait construire par M. Luer une aiguilletrocart (fig. 65) munie d'un arrêt en forme de curseur A et que l'on peut, au moyen d'un petit ressort, fixer à une distance variable de la pointe. La gaine de l'aiguille doit glisser très exactement sur cette dernière et se confondre insensiblement avec la base

(1) Archiv fur Ophthalmol. 1863, B. IX, Ablh. 2, S. 85. — LiVAOKB. Thèse pour le doctorat en médecine. Paris 1864, et Annules d'Oculistique, 1864, t. Ll, p. 219.

(2) Ophlh. IIosp. Bep. 1864, Vol. IV, p. (55, el Ann. d'Ocul. 1864, t. LU, p. 222.

(3) Wecker. Etudes ophtalmologiques, t. II, p. 364.

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