‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 201 sur 251 · GENRE I. CATARACTE LENTICULAIRE. (P · texte numérisé non relu

GENRE I. CATARACTE LENTICULAIRE. (P

L'aspect satiné que présente quelquefois la cataracte lenticulaire peut dépendre de la présence de la choleslérine et, dans tous les cas, de la superposition d'un certain nombre de couches de substance lenticulaire, dans lesquelles la réflexion de la première couche s'ajoute à celle des autres.

L'ophlhalmoscope a démontré la fréquence de la cataracte striée, les stries étant situées à la périphérie du cristallin : cet état peut rester stationnaire pendant des années, laissant à ceux qui en sont porteurs une étendue considérable de vision, surtout quand la pupille est dilatée par l'atropine. Ces stries peuvent leur être révélées par l'examen cnloptique : en regardant, à travers une ca î le percée d'un trou d'épingle et placée à environ un demi-pouce de la cornée, soit le ciel, soit la flamme d'une lampe, ils peuvent découvrir sans peine la moindre opacité du cristallin, de même que des globules muco-lacrymaux de la surface de la cornée déplacés par le mouvement des paupières dans la nictitalion, et des mouches eulohyaloïdiennes qui montent et descendent dans le champ de la vision. Les opacités du cristallin persistent souvent sans changement pendant des années.

La cataracte noire ne permet de distinguer que très imparfaitement la substance corticale semi-transparente du cristallin, de sorte qu'à un jour ordinaire, la pupille reste noire, et ce n'est qu'à l'aide de l'ophlhalmoscope ou de l'éclairage latéral qu'on peut se rendre compie de l'état de l'organe. Dans plusieurs de ces cas, M. Schweigger a trouvé (2), à l'autopsie, le noyau d'un rouge foncé et semitransparent, sans cependant que cette coloration fût causée par la présence d'un pigment contenu dans les tubes leuliculaires ou à côté d'eux, ainsi qu'on l'avait supposé contrairement à l'opinion de M. Robin (3). Au contraire, chaque fibre lenticulaire présentait seu-

(1) Voir, sur les statistiques d'opérations de cataracte : Jaecei». Ucbcr Staar, etc. Wicn, 18î)4.— Wilde. Mcd. Times und Gaz. 1857, Nov 28 n 559

(2) Loc. citato, p. 35. * '

(3) Dubl. Med. Press, 1858, Mars 24, p. 192.

GENRES ET ESPÈCES DR- L\ CATARACTE. AAJj

lement une faible teinte brune ou rougàlre et leur ensemble seul produisait une couleur netiement tranchée. La plupart des calaraeles noires sont, du resle, compliquées d'affections choroïdales légères, qu'il ne faut p;ir regarder, dit M. Sehweigger, comme cause de la cataracte, mais plutôt comme un élément ayant pu modifier l'opacité lenticulaire. :M. de Graefe avait émis l'idée que la cataracte noire pouvait être due à du sang absorbé par le cristallin, mais c'était une erreur (I ).

Il faut distinguer deux variétés au moins de la cataracte lenticulaire : la cataracte lenticulaire commune (t. Il, p. 570) et la cataracte lenticulaire stratifiée ou calaracta lentkularis laminaris (p. 372) (2). Dans celle dernière, le cristallin n'est que partiellement opaque, l'opacité n'occupe que l'aire ptipillaire, tandis que les portions situées derrière l'iris ont conservé leur transparence. Chez un jeune garçon, traité par M. Bowman, l'opacité semblait avoir été déposée par couches; il y avait d'abord une tache centrale du volume environ d'un grain de plomb, puis une couche mince de substance transparente, une nouvelle couche de substance opaque et le resle du cristallin plus transparent (3). Dans un cas cité par M. Poland (4), l'opacité occupait la partie posiérieure de la lentille et seulement en partie, car le côté nasal du cristallin avait conservé une transparence parfaite ; dans un autre, rapporté par M. Bowman (5), les couches situées entre le centre de la lenlille et la superficie étaient seules opaques.

Dans la cataracte stratifiée, l'iridesis, dans le bat de dégager les parties restées saines du cristallin, esl bien préférable à l'opération de la calarac'.e, p;irce qu'en conservant son cristallin le sujet conserve sa faculté d'accommodation et qu'il n'a pas besoin de se servir de lunettes (6).

GENRE IV. — CATARACTE CAPSULO-LENTICULAIRE. (p. 381.)

Une forme assez commune de ce genre de cataracte consiste dans la présence d'une ou deux taches opaques dans l'aire de la pupille, avec de courts rayons opaques occupant la circonférence du cristallin. Elle esl assez souvent congéniiale, et il n'esl pas rare alors de ren-

(1) Archiv fur Ophtalmologie, 1853, B I, Al'th. 1, S. 553. ' , c , , i i„f pii, r lenlicu ans sirialn tolalis, Ammon. — Slationiircr

(2) biin. lu la rue a miel' an-, riiz — i,. iuhh.ui«i ,. „ r. . „,.

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racle slratilicv, Ibid 1863, Vol. IV, p. 79.

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g [S** Vo!-;."' *\*g\ WiBlo«o«T Avantage, cl indications de l'iridesis dans le cas de 6) IbM. p 16. -- lm'^*™™-A ' a.] Cr.tcuett. Oc l'iridesis dans lu ca.oruelc caturarle centrale. (Ann. d Ucui. mot» '• vi ¥• '

congéniiale. (Id I8G4, l. LI, p. 249, et t. LU, p. 3j.) XXXVIH

CATARACTE

contrer en même temps une intelligence peu développée et une mauvaise conformation du crâne; elle accompagne quelquefois aussi la cornée conique (1).

L'observation suivante est la plus intéressante qu'on puisse lire, sur le mode de développement de certaines de ces cataractes.

Obs. 235 (2). — Un jeune homme de 19 ans consulte le docleur E. L. Holmer de Chicago, pour son œil gauche. Ouire diverses allérations appartenant à la conjonctive cl aux paupières, on remarquait les particularités suivantes : Au centre de la cornée se voyait une petite cicatrice opaque, autour de laquelle existait un cercle très étroit, formé par un dépôt nébuleux extrêmement délicat et presque complètement transparent De ct lie opacité centrale, deux vaisseaux superficiels parlaient pour se porter en haut dans la conjonctive. Les autres portions de la cornée étaient parfaitement transparentes. Toute la capsule du cristallin était opaque, ainsi qu'on pouvait s'en assurer en dilaijinl la pupille. Ce qu'il y avait de plus remarquable, c'était la présence d'une pyramide ou cône de substance opaque, dont la base était attachée au cristallin et remplissait la pupille (lorsqu'elle était contractée sous l'influence de la lumière) et dont le sommet s'attachait au centre de la cicatrice de la cornée. La base de ce cône paraissait avoir un peu moins d'une ligne de diamètre. La dislance entre la pupille et la cornée pouvait être d'environ deux lignes. Les deux vaisseaux superficiels dont nous avons parlé paraissaient pénétrer dans la chambre antérieure à travers la cicatrice, et, en passant sur les côtés supérieur et externe de la pyramide, se porter dans le cristallin. Il y avait lieu de croire que l'iris adhérait au cristallin; cependant, sous l'influence de l'atropine, la pupille se dilatait complètement et régulièrement. La présence de quelques petites taches noires sur le cristallin près de la base du cône, leur ressemblance avec des portions détachées du pigment de l'iris, indiquaient qu'il y avait eu de légères adhérences qui s'étaient détachées sous l'influence des contractions ordinaires des plans musculaires de l'iris.

Le sujet rapportait qu'à l'âge de trois ans, il avait été atteint d'une inflammation des yeux, laquelle avait rendu son oeil gauche presque complètement inutile et diminué considérablement la vue de son œil droit. Ce dernier œil, sept ans plus lard, iivail été complètement détruit p,îr une nouvelle inflammation. On s?élail aperçu, à l'âjte de huit ans. que son œil gauche était affecté de cataracte. Il fut considéré comme incurable et placé, à quatorze ans. au Michigan Institution for the Education of the Blind. C'est deux ans avant l'examen de M. J. Holmer, qu'on avait constaté la présence de la pyramide qui unissait le cristallin à la cornée, mais on ignorait depuis quel temps elle existait.

L'auleur est disposé à admettre que, durant la première attaque d'inflammation, la cornée avait été perforée pur un petit ulcère cenlral, ce qui avait déterminé l'écoulement de l'humeur aqueuse. L'iris et le cristallin s'étaient alors trouvés en contact avec la cornée. A mesure que l'ulcère s'était cicatrisé, il s'était établi une adhérence entre le centre de la cornée et le cristallin, ce qui avait mis fin à l'écoulement de l'humeur aqueuse. A mesure que la chambre antérieure s'était reformée, l'iris et le cristallin avaient repris leur situation normale. On conçoit facilement comment, le cristallin se portant en arrière, sa capsule s'est naturellement trouvée tiraillée et amenée à revêtir la forme d'une pyramide. La substance de celle pyramide était incontestablement en grande partie formée de lymphe plastique, puisque, bien que la portion centrale de la capsule parût lirée en avant, la pyramide elle-même avait l'aspect d'un corps étranger attaché à celle même capsule. Nous croyons qu'une adhérence de la nature de celle que nous avons décrite ci-dessus doit rarement se produire sans comprendre une portion au moins de la marge puplllaire.

Le malade étant complètement privé de la faculté (je voir, on se décida à l'opérer malgré le mauvais étal des paupières. La pupille étant dilatée, dit le docteur J. Holmer, j introduisis une aiguille à travers la sclérotique. Après avoir fait passer celle aiguille de haut en bas entre le cristallin et l'iris, j'en portai la pointe dans la chambre antérieure, près de la cornée, el je divisai facilement le cône, aussi près que possible de son

(!) Wii.son. Dubl lïo<p. Gaz 1860, Dec. 115, p. 571.

(2) Holmeii (de Chicago). Amer. Journ. of Ophllinlmology, 1864, Vol. Il, p. 14.

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