COMPLICATIONS DE LA CATARACTE. (P
1. Ainsi qu'il a été dit plus haut (p. 4-40), le diabète complique fréquemment la ealaracle : il en est de même de l'albuminurie due à la maladie de.IJright ; dans tous les cas où l'état de la sanlé générale des calaraelés laisse à désirer, il importe de faire l'analyse de leurs urines, comme cbez les amauroliques.
2. Si l'aspect et la démarche du sujet sonl plulôl ceux d'un amaurotique que d'un calaraclé (t. II, p. 358), il y a à craindre que la rétine ou le corps vitré ne soient malades, et n'augmentent ainsi l'intensité de la cécilé. Si l'iris est immobile ou n'exécute que des mouvements lents et imparfaits, s'il se dilate à peine sous l'influence des mydriaiiques, ou seulement une heure ou deux après leur application, le pronostic est mauvais. «
3. Les buveurs de whisky, les mangeurs d'opium, les grands fumeurs ont souvent une humeur viirée liquide et le sang altéré. Pour s'assurer de ce premier état, il faut examiner le sujet debout et couché : si le corps vilré est diffluent, le cristallin tombe en arrière ou en avant, suivant la position du malade, et si l'on dilaie la pupille, le cristallin cl l'iris deviennent tremblotants, ce qui n'était pas appréciable aussi longtemps que la pupille était cont.aciéeel que l'.r.selail appliqué conlrc le cristallin . Si un œil est afleclé depuis longtemps
CATARACTE
de calaracle avant que l'aulrc ne s'entreprenne, il est très probable que le corps vitré du premier est altéré.
4. Quand les malades n'ont plus le sentiment de la lumière que dans certaines directions, c'est un signe que la réline est malade, et plus souvent décollée, dans les points frappés de ce défaut de perception lumineuse.
o. Certaines complications, telles qu'une loux habituelle, des crampes fréquentes dans les pieds ou dans les jambes, un grand étal de maigreur, l'anémie et surtout l'élal de diflluence du corps vitré, sont autant de l'ai s ô'ris défavorables à l'opération par extraction : elles donnent lieu de craindre l'inflammation suppuralive de la cornée, avec œdème et lividité des paupières, prolapsus de l'iris et du corps vitré. Au contraire, une pupille très active est toujours un bon signe et une bonne dilatation de celle-ci une condition favorable au résultat de l'opération par extraction.
SECTION X
POSITION DU MALADE PENDANT LES DIVERSES OPÉRATIONS DE LA CATRACTE. — MOYENS DE FIXER L'ŒIL. — EMPLOI DU CHLOROFORME, (p. 399.)
La pratique qui consiste à lixer l'œil, dans toutes les opérations de calaracle, se généralise de plus en plus. M. France a conseillé de saisir la conjonctive avec une pince, au-dessous dè la cornée, dans la kéralolomie supérieure, afin de maintenir le globe dans une position centrale. Ce conseil est bon à suivre : la pince est une pince ordinaire à artère, au moyen de laquelle on saisi! la conjonctive à un petite dislance de la cornée cl qu'on confie ensuite à un aide, qui a bien soin de ne pas l'appuyer contre le globe et de n'exercer sur lui aucune pression. La section peut se faire ainsi avec la plus grande assurance el la meilleure garantie de bonne exécution (1).
Lepoii avait imaginé, pour la fixation de l'œil, une fourche à deux branches, dont l'emploi est des plus commodes : le manche el la lige ont la même disposition que ceux de la pique de Pamard; mais, au lieu d'une pointe avec deux arrêts, c'est une petite fourche à deux bl anches très courl.es, qui, quoique ne pénélranl que dans h conjonctive él n'étani pas assez longues pour perforer la sclérotique, fixenl parfaitement le globe, que l'on conduit où l'on veul, el en empêchent complètement le roulement, ce que ne peut faire la pique de Pamard, dont la pointe fait pivot, à moins qu'on n'élablisse une pression que la prudence ne permet pas d'employer. C'esl, à notre sens, le meil-
(I) Guy's Hosp ftd|>. 3c Série, Vol. I, Oj.ln. Ilosp. lUp. I8j9-1860, Vol. Il, p. 20.
EXTRACTION. 44g
leur fixateur qui existe : il laisse moius de trace que la pince ei est parfaitement supporté par les malades.
Beaucoup de chirurgiens emploient le chloroforme pour pratiquer l'extraction de la cataracte. M. Jacobson, de Kœnigsberg, en l'ail usage dans tons les cas, sauf dans ceux où existent des contre-indications résultant de l'état général des sujets et, sur environ quinze cents applications qu'il en a faites, n'a jamais eu à constater d'accidents résultant de vomissements survenus pendant la période anesihésique. Ces accidents, dit-il, sont faciles à éviter si, d'une part, on a soin de n'opérer que des malades à jeun et si, de l'autre, on prend celui de bien les observer, afin qu'aux premiers signes précurseurs, on puisse maintenir l'œil en appliquant contre lui, même pendant les vomissements violents, la paume de la main bien remplie de charpie : de celte façon l'on n'a rien à craindre. M. Jacobson affirme aussi qu'il n'a jamais observé de contractions spasmodiques des muscles de l'œil ni de convulsions générales , dans le cours de l'opération, ces phénomènes ne se montrant que lorsque la sensibilité anesihésique est incomplète : or, il a soin d'attendre que le sommeil soil profond et de reprendre les inhalations si, pendant l'opération, le retour de la sensibilité conjonctivale en indique l'utilité (1). Il faut pousser l'anesthésie jusqu'au troisième degré de Snow, si l'on veut être à l'abri de ces inconvénients. L'emploi du choroforme exige le concours de trois ou quatre aides au moins, ce qui, dans la pratique particulière, constitue une difficulté sérieuse, mais il donne au manuel opératoire une sécurité qui la rachète largement. M. Szokalski s'est toujours loué de l'avoir employé (2), et M. Cusack le préconise beaucoup (5).
SECTION XIII
EXTRACTION. ( P. 423.) I Extraction à travers une incision demi-circulaire pratiquée à la cornée.
I. L épaisseur'et la dureté de la cornée varient suivant les sujets. M.Mooren dit que la cornée est très mince ch.ez les diabétiques. Celle des personnes âgées est plus dure et plus résistante que celle des personnes d'un âge moyen, et par conséquent plus difficile à inciser. Chez les sujets dont la constitution est relâchée, tels que ceux qui ont passé plusieurs années dans les climats tropicaux, M. Mackenzie a trouvé la cornée d'une mollesse anormale, presque flasque, de sorte
(1) Klin. Monalbl. 18154, B. Il, S. 350, et Ann. d'Ocul. 18GÎS, t. LIV, p. Gi.
(2) Ibid.
(3) Dublin llosnilal Gazelle, 1859, Avril, 15, p. 113.