III. XLV
selon M. Torresini (1) el M. Baizeau (2), qu'à l'action de la seule vapeur d'eau, qui, d'après les expériences de ces auteurs, lorsqu'elle s'échappe d'une décoction de foie ou de bile, ne contient pas la moindre trace de matières organiques. Quant à l'emploi interne de l'huile de foie de morue, les effets n'en paraissent pas contestables. D'après M. Desponls (3), 100 grammes de cette huile suffisent en moyenne pour obtenir la guérison (4).
Obs. 270 (5).— Un soldat du 57e de ligne, âgé de vingt-trois ans, en garnison à Ham, avait fait un séjour de plusieurs semaines à l'hôpital pour une incontinence d'urine. Il fut atteint d'héméralopie un mois après sa sortie; il y avait en même temps un peu de larmoiement el un léger catarrhe de la conjonctive. La garnison entière ne présenlail aucun cas semblable, et déjà, l'année précédenie, seul dans son régiment, cet homme avait eu pendant trois mois et demi la 'même affection, qui avait guéri spontanément. On essaya d'abord la claustration dans une chambre obscure, mais le malade d'une intelligence bornée, se persuadait être puni injustement et passait son temps à pleurer et à dormir au lieu de s'exercera voir dans l'obscurité. La faradisation n'ayant donné aucun résultat, M. Surmay eut recours à l'huilé de foie de morue. Le 15 juillet, il prescrivit quatre cuillerées à soupe d'huile, deux le matin, deux le soir. Le 16, le malade dit éprouver une amélioration légère; le 17, elle était nolable. Le mieux augmenta de. jour en jour, el après moins d'une semaine de ce nouveau traitement, l'héméralopie avait complètement disparu. L'huile de foie de morue cessée le 26 juillet, fui reprise le 7 août. Le 20, la guérison étail complète, il n'y eut point de rechute.
Le traitement par les cabinets ténébreux dû à Wharlon (6), a été réhabilité par M. Netler. S'il est vrai, dit ce dernier (7), que l'héméralopie n'est, ténacité à part, qu'un éblouissemciit semblable a celui que nous éprouvons en entrant de jour dans un lieu très sombre, le moyen propre à faire disparaître le phénomène physiologique doit également, avec plus de persislance dans l'emploi, guérir le trouble morbide : or, l'auteur prétend qu'il en est ainsi. La cécité que nous éprouvons dans une cave s'y dissipe au bout de quelques instants de séjour. Un séjour de quelques heures dans un cabinet noir fait disparaître l'héméralopie, ce que du reste démontrent déjà les vingt-quatre observations publiées à l'appui de ce traitement (8).
Il ne suffit pas d'enfermer les béméralopes dans un cabinet noir en les y abandonnant à eux-mêmes; il faut qu'un infirmier reste avec eux el les surveille d'une manière constante, pour qu'ils ne se livrent point au sommeil, pour qu'ils n'aillent pas écarter les rideaux el re-
(1) Gaz. mcd. liai. Lombnrdia, 8 février I8!i8.
(2) Union médicale, 1858, p. 583.
(5) Loc. cit.
(41 Gosselin. Acad. de méd. de Paris, séance du lii juillet I8G2. — Baizimu. De l'héméralopie épidémique Paris, 18i>8.
(8) Suiimay. Bulletin médical de l'Aisne, 18G6. (G) Wiiaiiton, I. Il, p. 758, lij;ne 22, et note 1.
(7) Loc. citato.
(8) Annales d'hygiène el Union médicale, 1838.