‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 215 sur 251 · CÉCITÉ NOCTURNE · texte numérisé non relu

CÉCITÉ NOCTURNE

ment défaut. Dans les cas plus avancés, M. Quaglino (1) dit avoir constaté l'existence d'une teinte blanc grisâtre de toute la surface de la rétine, surtout au pourtour de la papille et le long des vaisseaux rétiniens, s'étendant même quelquefois jusqu'à la papi Ile elle-même, et qu'il considère comme le résultat d'une infiltration séreuse de la substance de la rétine et des fibres nerveuses du nerf optique, due à une stase veineuse. Cet exsudât, dit-il, trouble la transparence de la réline, lui donne une teinte grisâtre et par conséquent visible, et comprime la couche des bâtonnets et des cônes, en les rendant moins aptes à recevoir les rayons qui émanent de corps éclairés par une lumière trop faible, comme celle du crépuscule et de la nuit. Cet état se dissipe d'ordinaire après quelques jours d'internement dans une chambre obscure. Quand la maladie est plus avancée, les artères sont plus petites et cachées çà et là par le parenchyme de la rétine, dont le tissu parait hypertrophié; souvent même les fibres radiées du nerf optique perdent de leur éclat, au point de rendre méconnaissables les limites de la papille ; il en résulte que cette dernière se confond avec le reste de la rétine, qui elle aussi est légèrement trouble. Plus tard enfin, surviennent les apparences propres à l'atrophie des vaisseaux de la papille, y compris le reflet blanc caractéristique plus ou moins prononcé de la substance nerveuse. Plusieurs auteurs ont prétendu reconnaître une altération épilhéliale de la conjonctive oculaire dans l'héméralopie (2) (v. p. 96). D'autre part, M. Gosselin a appelé l'attention sur la blépharite calarrhale, qui accompagnait l'héméralopie chez tous les sujets soumis à son observation, et croit qu'il suffirait ordinairement de traiter cette blépharite prémonitoire, pour prévenir le développement de la cécité nocturne. Tous ces faits sont évidemment isolés et n'ont pas la valeur que veulent y donner ceux qui les ont rapportés.

5. Deux moyens de traitement se disputent en ce moment la faveur de guérir l'héméralopie épidémique : le foie de mouton, de bœuf et de morue sous diverses formes et les cabinets ténébreux. On a ressuscité, dans ces derniers temps, des médications très anciennes (5), telles que les fumigations de foie de mouton (4) ou de bœuf (5). Le foie rôti comme aliment (6) et l'usage interne de l'huile de foie de morue sont également vantés (7). En ce qui concerne les fumigations, on est loin d'être d'accord sur leur efficacité; celle-ci ne serait due,

(1) Quaguko. Des conditions pathologiques île rhéméralopie. (Giorn. doflnlm, Ital. 1863, pp. 23, 120, 291, 375, et Ann. d'OcuI. I8CG, t. LV, p. 97.)

(2) Bitot. Cnz. hebdom. 1« mai 1863, p. 284. - Viu-emain. Id. p. 332.

(3) Scarpa. Trallalo dclle Maladie degli Occlii, t. Il, p. 248. Pavie, 1816.

(4) Gaz. médicale de Toulouse, 1855, et Gaz. Iicbdom. 1855, p. 306.

(5) Deval. Gazette hebdomadaire, 1859, p. 189.

(6) De Grazia. Il Siglio medico, 1860, n° 351, cl Ann. d'Ocul. 1860, t. XI.IV, p. 289.

(7) Desponts. Trait, de l'héméralopie par l'huile de foie de morue à l'intérieur. Paris, 18G3.

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