‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 41 sur 251 · INSUFFISANCE DU MOUVEMENT DE CONVERGENCE · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE DU MOUVEMENT DE CONVERGENCE

121 . — De même que le strabisme convergent, par insuffisance des muscles droits externes, se lie à l'hypermétropie, de même l'insuffisance des muscles préposés à la convergence mutuelle des axes optiques se lie à la myopie et amène soit le strabisme divergent, soit une autre affection dont nous allons nous occuper, l'asthénopie musculaire.

L'œil myope est disposé (99), par le rapport de son axe optique avec son axe de figure, à la production du strabisme divergent; en d'autres termes, il est obligé, pour amener les axes optiques à la convergence, à plus de travail musculaire que ne le sont l'œil emmétrope et, à plus forte raison, l'œil hypermétrope (1).

Mais une autre considération encore se joint à ces conditions de prédisposition : L'œil myope devenu un ovale, à grand axe antéroposlérieur, est bien plus rebelle au mouvemeut de rotation que l'œil emmétrope : il est bien autrement limité dans ses mouvements tant en dedans qu'en dehors.

Le mouvement en dehors (mouvement associé) n'est point de ceux qui provoquent une augmentation de la tension (2) ; d'ailleurs, il a pour le suppléer le mouvement de la tète, imposé, d'autre part, à ceux qui portent lunettes.

Mais le mouvement en dedans, ou de convergence mutuelle, en même temps qu'il y a moins de force pour le produire, offre plus de résistance dans son accomplissement. En outre, et comme conséquence de celte double difficulté, il ne s'exécute qu'en développant une tension intra-oculaire qui croit en raison composée de ces deux sources

(1) Leçons sur le strabisme, § 11-19-21.

(2) ld.', § 9.

MYOPIE

d'obstacles. Or, c'est ici que se trouve le nœud de loule la palhogéiinie de la myopie. Nous l'exprimerons dans la proposition suivante : Le myope, pour l'exercice de la vision binoculaire, doit converger notablement plus que l'emmétrope; or, comme toute convergence amène un excès relatif de tension intrao-culaire, l'œil myope est donc prédisposé à l'excès de tension. D'autre part, l'œil myope, pour converger, rencontre une double difficulté : une insuffisance des muscles ,de la convergence et un levier ovale plus étendu à faire mouvoir, en d'autres termes, une plus grande résistance. Seconde cause d'excès ..de tension intra-oculaire : Toutes les tristes conséquences de la myo- I pie sont, de près ou de loin, les filles de cette double proposition.

Maintenant, à quels signes reconnaîtra-t-on l'insuffisance du mou- • veinent en dedans, ou des muscles droits internes? Nous dirons qu'il y a insuffisance du mouvement en dedans chez le myope quand les , axes optiques ne pourront converger, se couper à 2 pouces, 5 de disi tance de l'œil, ou sous un angle mutuel de 54°, et se maintenir sans peine sous cette inclinaison. Nous avons exposé, dans nos Leçons sur . le strabisme, ce qui se passe en un tel cas ; il y a production de strabisme divergent et réduction à la vision monoculaire pour éviter les images doubles, ou bien continuation de la fixation binoculaire et production d'aslhénopie musculaire par le fait cle l'excès de force que déploie alors le sujet : cette alternative est obligée dans toute myopie un peu prononcée.

Dans la myopie très élevée, au contraire, cette alternative a moins de. chance de se présenter. Le globe est trop allongé et la portée de la vue trop courte pour que les axes optiques puissent généralement atteindre cette convergence. Dans ces cas-là, le strabisme divergent s'imposerait quasi dès le début, préservant par là de l'aslhénopie.

g IV. Traitement.

122. — Au point de vue de la curabilité de la myopie, l'oculiste n'a qu'une mission restreinte; elle est plutôt hygiénique que thérapeutique. On doit :

1° S'opposer au développement ultérieur de la myopie, en détournant les causes occasionnelles d'aggravation.

2° Par le choix de verres convenables, assurer et faciliter la fonction visuelle.

3° Détourner l'aslhénopie musculaire, au moyen des lunettes ou par la lénolomie.

4° Combattre les troubles secondaires de l'affection.

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