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SYMPTÔMES OBJECTIFS

141. — L'astigmatisme, se liant le plus souvent à un arrêt ou au moins à une asymétrie du développement de la face, peut se reconnaître, comme l'hypermétropie qui lient à des conditions analogues, à des apparences légères de déformation de l'orbite, du haut de la face, de la cornée particulièrement.

Mais les signes les plus sérieux, à cet égard, sont fournis par l'examen ophlhalmoscopique.

M. Knapp a fait voir que, dans un œil asligmatique, la papille du nerf optique, ronde en réalité, apparaît ovale à l'examen ophlhalmoscopique; et que, dans l'image droite et dans l'image renversée, les grands axes de l'ovale sont à angle droit.

A l'image droite, le diamètre de la papille du nerf optique parait plus grand dans le méridien de la plus forte courbure. A l'image renversée, c'est le contraire : c'est le diamètre appartenant à la plus faible courbure qui paraîtra le plus grand.

On en comprendra aisément la raison : supposons l'œil observé hypermétrope dans le méridien horizontal, emmétrope dans le méridien vertical. La papille, dans le méridien de moindre courbure (hypermétrope), se trouve en avant du foyer principal de l'appareil réfringent. Son image virtuelle, dans ce méridien, est donc reportée en arrière à une dislance fixe, d'autant moins grande qu'est plus grande sa propre dislance du foyer. Dans le méridien vertical, au contraire, dont la courbure est supérieure (il est emmétrope), la papille est au foyer même. Son image virtuelle est donc infiniment éloignée et infiniment grande. Le diamètre vertical delà papille doit, par conséquent, paraîlre plus grand que le diamètre horizontal, et d'autant plus que l'amélropie par défaut est plus prononcée dans le méridien horizontal.

Les rapports sont inverses dans l'image renversée. Par l'interposition de la lenlille objective, le foyer résultant du système est avancé, dans chaque méridien, en avant du plan de la papille ; mais, dans le plan horizontal, dont la courbure est supposée moindre, il est nécessairement moins antérieurement placé que dans le vertical, dont la courbure est supérieure. Dès lors, l'image renversée, dans le méridien horizontal, esl plus éloi-

ASTIGMATISME.

gnée de la lentille et plus grande, par conséquent, que dans le méridien vertical. Le diamètre horizontal, ou de moindre courbure, paraîtra donc, dans l'image renversée, plus grand que le diamètre vertical ou de plus forte courbure.

Cette observation est très précieuse pour le diagnostic ; seulement il faut avoir soin de n'y rien altérer dans les rapports de grandeur des diamètres, par une inclinaison intempestive de la lentille objective.

§ VII. Marche et nosologie.

142. — L'astigmatisme est congénital ou acquis. Le plus souvent il est congénital. Il est souvent héréditaire, au même titre que la myopie ou l'hypermétropie, dont il est l'expression isolée ou complexe. Rarement siége-t-il sur un seul œil. S'il est prononcé, il n'est pas rare de rencontrer une asymétrie dans les parties osseuses qui entourent et forment l'orbite. M. Donders considère l'astigmatisme comme fixe et inaltérable : cela doit être, puisqu'il est lié à un état asymétrique de la réfraction statique.

Nous croyons cependant avoir observé plusieurs fois, dans l'hypermétropie affectée de spasme accommodatif, des asligmatismes intermittents, c'est-à-dire différant de degré avec les moments ou les jours d'exploration de l'œil. Il nous paraît donc utile de laisser ici une parenthèse ouverte pour les observations futures.

§ VIII. Diagnostic et détermination du degré de l'astigmatisme.

145. — Après avoir déterminé la direction des méridiens principaux (la faculté accommodative étant d'ailleurs paralysée par l'atropine), on placera successivement devant ces deux méridiens l'oplomètre ou lunette slénopéïque à fente, et on invitera le malade à lire les caractères de l'échelle progressive, suivant le procédé de M. Donders (35).

En un mot, on procédera, pour chacun des deux méridiens, comme nous avons dit plus haut que l'on devait procéder pour chaque œil séparément. On détermine, dans chacun de ces méridiens, pour une distance de 13 à 20 pieds, le punclum remotum ou le degré de l'amétropie, par la force réfringente de la lentille qui neutralise celte amétropie.

g IX. Thérapeutique.

144. — L'astigmatisme, différence de l'état de réfraction statique dans deux méridiens, suppose au moins l'un des deux méridiens amétrope, si ce n'est tous les deux. La thérapeutique consistera donc dans la neutralisation ou correction de cette amétropie dans chaque méridien.

Deux cas vont se présenter :

1° L'astigmatisme est simple, c'est-à-dire l'amétropie n'existe que

dO.

DIOl'TIUQUG PATHOLOGIQUE.

dans l'un des méridiens; l'autre est emmétrope. La question thérapeutique se réduit donc à placer devant l'œil un verre qui neutralise l'amétropie dans le méridien où elle existe, sans toucher à celui qui est emmétrope.

Ce que nous avons dit (137) des propriétés des verres plan-cylindriques, nous dispense de rien ajouter à cela. On mettra devant l'œil un verre plan-cylindrique du foyer voulu, ayant son axe ou ses arêtes dirigées dans le sens du méridien auquel il n'y a rien à corriger, c'est-à-dire perpendiculaires au méridien frappé d'amétropie.

~ 2° Les deux méridiens sont frappés d'amétropie : La règle la plus naturelle et la plus simple consisterait à corriger, comme il vient d'être dit, et séparément, l'amétropie pour chaque méridien; ce qui se ferait par deux verres plan-cylindriques, qu'on accolerait ensuite à axes croisés, ayant soin de diriger chaque axe dans le sens perpendiculaire au méridien que ce cylindre doit corriger.

Voilà pour la théorie : — En pratique, les procédés d'exécution de l'opticien obligent à s'y prendre autrement : On commence par corriger l'amétropie du méridien où elle est le plus prononcée, par un verre sphérique.

Supposons que ce soit un méridien hypermétrope qu'on ait ainsi corrigé : On a, pour arriver à ce résultat, ajouté cette quantité de réfraction -g- à tous les méridiens, et, en particulier au méridien perpendiculaire. Celui-ci était, supposerons-nous, amétrope en sens contraire, il était affecté d'une myopie mesurée par le voilà donc maintenant surchargé de deux excès de réfraction, -—- qu'il avait naturellement, qu'on lui a ajouté. Pour le ramener aux conditions de l'emmétropie, il faudra donc lui opposer un verre plan-cylindrique doué d'une réfraction négative mesurant — ^r) dégré de l'astigmatisme. Ce verre sera taillé dans le plan sphérique, déjà choisi, et i'axe dirigé perpendiculairement au dernier méridien.

Des exemples élucideront cette pratique.

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