INÉGALITÉ DE RÉFRACTION DANS LES YEUX
§ I. De la différence de réfraction dans les deux yeux,
U6. — Comme lotis les organes de la vie de relation, les yeux présentent une grande symétrie mutuelle. L'opinion courante d'une différence généralement considérable entre l'un et l'autre, est une erreur ou au moins une exagération. L'égalité y semble au contraire la règle, non-seulement entre les deux yeux, mais entre tous leurs éléments. Ainsi : diamètre du globe et de la cornée, couleur de l'iris, dimension de la pupille, y sont généralement les mêmes ; mais les ano-
CXVI DIOPTMQUE PATHOLOGIQUE.
malies mêmes, telles que le microphlhalmos, la calaracle congénitale, l'iridémie, la cornée conique suivent encore la loi de parité.
Il en est encore de même de la condition réfringente des deux yeux: on la reconnaît particulièrement aux degrés de la myopie progressive qui suivent une loi parallèle. L'œil emmétrope, qui peut différer dans ses éléments d'un individu à l'autre, chez la même personne y a des éléments qui sont les mêmes à droite qu'à gauche : La mensuration du rayon de courbure de la cornée, donnant des deux côtés le même résultat, entraîne ipso facto l'égalité des autres éléments qui concourent à la conformation de l'œil emmétrope. On reconnaît l'uniformité jusqu'à la distribution des vaisseaux sous-conjonctivaux, et dans la forme même de la papille optique à droite et à gauche. Il en est de même du spectre entoptique de la lentille et de la position de la tache jaune. Enfin, quand il y a asymétrie de la cornée, cette asymétrie se reproduit de la même manière des deux côtés.
Telle est la règle — elle n'est pourtant pas sans exceptions. Nous avons vu, en parlant de l'astigmatisme, que celle condition de la réfraction de l'œil avait sa condition congénère dans une déformation de la face, du front et de l'orbite. Les règles de ces rapports ne sont pas fixées; mais il paraît établi cependant que « du côté où la réfraction est la plus forte, c'est-à-dire où le globe est le plus long, l'orbite et le globe oculaire sont plus rapprochés de la ligne médiane et leurs bords plus proéminents. »
Les différences de réfraction des deux yeux peuvent présenter toutes les formes possibles. Cependant, la loi probable est toujours celle de la plus grande conformité. L'élément organique qui peut présenter le plus de différences d'un côté à l'autre, c'est la cornée.
§ II. Exercice de la vision dans l'inégalité de réfraction des yeux.
147. — La fonction visuelle, dans l'inégalité de réfraction des deux yeux, s'exécutera de l'une des manières suivantes :
Il y aura : vision binoculaire, vision alternante ou bien exclusiou constante du même œil.
a) Vision binoculaire ou associée : Elle a éié mise en doute. C'était une forte erreur. Elle est régulière et avantageuse, même dans le cas d'une différence assez marquée dans la réfraction des deux organes. Quelquefois, dans le cas d'images très-différentes à droite et à gauche, y a-l-il pu avoir abstraction psychique de l'une d'elles. Mais, dans la grande généralité des cas, deux images, même assez notablement dissemblables, s'ajoutent et s'améliorent Tune l'autre par leur superposition. Les parties diffuses de l'une s'effacent, et le ; relief s'accuse avec une beaucoup plus grande netteté. La vision stéréoscopique a surabondamment démontré ce fait.