CX VII
La seule circonstance dans laquelle la deuxième image trouble souvent la première, c'est dans le cas d'une opacité apportant beaucoup de lumière diffuse. Mais, même en ce cas, le trouble est encore l'exception.
Une des grandes preuves est l'ignorance où sont parfois si longtemps les malades, de l'existence chez eux d'une cataracte lentement progressive.
Quand les deux yeux ont des états différents de réfraction Gxe, l'un d'eux est toujours mal adapté pour une dislance donnée, car leurs pouvoirs accommodatifs sont égaux. Celui-là des deux règle le degré d'accommodation qui, avec la moindre tension, procure les meilleures images. Un œil, affecté d'un trop grand degré damétropie et donnant des images absolument confuses, devenu comparable à un œil aveugle, se dévie, et généralement en dehors.
M. Donders ajoute : Je n'ai jamais vu cette déviation produite par une différence de réfraction. Il faut qu'il y ait impuissance visuelle et nullité d'avantage binoculaire. Pour peu que la vision binoculaire puisse avoir lieu, il n'y a jamais déviation.
6). — Usage alternatif d\cn œil. — Il n'est pas rare de rencontrer des cas où l'un des yeux sert à la vision de loin, l'autre à la vision de près.
Il faut, pour cela, qu'il y ait une certaine déviation. Du reste, si l'on considère que, eu égard au même degré d'accommodation, les pouvoirs des deux yeux sont si différents, on ne sera pas surpris d'entendre dire qu'une personne y voit d'un côté l'horizon et de l'autre d'extrêmement près.
Mais le plus souvent l'œil myope se dévie, et il y a là pour lui un préservatif contre l'amblyopie par tension intra-oculaire, cet apanage de la convergence.
c) — Exclusion constante d'un œil. Il faut distinguer ici le cas où la déviation a lieu en dedans ou en dehors. En dehors, elle est avantageuse quant à la tension et quant au champ qu'elle acquiert; en dedans, elle peut amener l'amblyopie et troubler la vision de l'autre œil, eu égard aux doubles images. Mais, par suite de l'abstraction psychique, la vision est supprimée dans le champ binoculaire.
Les différences acquises de la réfraction, appartiennent plus particulièrement à l'aphakie et à la perte de l'accommodation. M. de Graefe a étudié le mode dont la vision a lieu dans l'aphakie, afin de décider delà conduite à tenir dans le cas de cataracte à un œil, l'autre étantsain. 11 est arrivé à celte conclusion que « tout balancé, l'opération a de grands avantages et peu d'inconvénients pour la vision; elle est par là toujours indiquée, si Von peut compter surunrèsullat opératoire favorable. » Dans la jeunesse surtout, cela est formellement indiqué; l'opération offrant peu de dangers, acquérir un plus large champ de vision, diminuer les chances de blessure de l'œil sain,
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D10PTRIQUE PATHOLOGIQUE.
augmenter la confiance que donne la vision associée (convergence, relief) tout cela est du plus grand poids. Car il est positif qu'on peut assurer la convergence et le relief.
Quand l'inégalité procède de la perte de l'accommodation, la vision distincte estbien différente à droite et à gauche. Elle peut être égale à l'horizon, mais, dès qu'un objet s'approche, elle devient de plus en plus confuse; d'abord, par le fait de la différence d'adaptation, mais encore par suite de la largeur de la pupille. Ce dernier inconvénient est de beaucoup le plus grave.
§ III. Du traitement.
H8. — Dans le cas où la vision binoculaire est possible, il y a lieu de choisir des verres convenables. L'œil qui doit servir de point de départ est celui qui a la meilleure acuité et auquel, en général, correspond le moindre degré d'amétropie. Celui-ci étant réglé, il s'agit de l'autre.
La condition à remplir en ce cas est : 1° de s'écarter aussi peu que possible des habitudes acquises; 2° de troubler aussi peu que possible la grandeur relative des images.
A cet effet, M. Donders conseille de donner aux deux yeux le même verre (empirique), et il s'en trouve bien. Cette règle n'est pas absolue; on peut s'en écarter, mais seulement pour de petites différences, et en sachant ce qu'on fait au point de vue des deux principes posés ci-dessus.
De la ténotomie quand ily a différence de réfraction. — Elle ne doit être conseillée que dans le cas où la vision binoculaire sera ultérieurement possible, sans risquer de produire un excès de tension lors de la convergence. Sans celé, il convient de laisser l'œil dévié en dehors (126).
11 y a des cas où, sans de notables désavantages, un des yeux peut servir pour la visionde loin, l'autre étantréservé pourla visiondeprès.
Quand un œil a perdu la faculté de fixer, il est inutile de l'essayer à l'exercice de la vision, les essais seront superflus.