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turbati ice dans la vision binoculaire, la gêne occasionnée par celte affection fut enlevée d'une manière satisfaisante par la solution e', étendue de vingt parties d'eau et instillée une fois par jour. La myose résultant d'une faible dose de médicament peut aussi rendre de fréquents services dans un grand nombre des cas où l'appareil sténopéique améliore la vision, comme, par exemple, dans ceux où la lumière est diffusée par des taies de la cornée, etc., dans l'astigmatisme irrégulier (kéraloconus, luxation du cristallin, etc.), dans l'aphakie, surtout lorsque le champ de la pu pi lie n'est pas net. Elle augmente d'une manière réellement merveilleuse l'acuité de la vue dans Famétropie ordinaire; c'est précisément lorsque l'action de la fève de Calabar est très faible que les myopes distinguent bien plus nettement les objets éloignés et que les hypermétropes sont délivrés temporairement de leur aslhénopie, avec le double avantage d'avoir des cercles de diffusion plus petits et d'éprouver moins de peine à mettre en activité leur accommodation.
» La grande question à laquelle la pratique aura à répondre, c'est de savoir si la fève de Calabar est, à la longue, aussi inoffensive que l'atropine pour l'accommodation, et si la conjonctive en supporte bien l'application longtemps continuée. Tant que celle question n'est • pas résolue, il est impossible de porter un jugement sur l'avenir du myotique africain dans le domaine de la thérapeutique.
» J'ajouterai seulement que M. de Graefe a utilisé avec avanlage le rétrécissement artificiel de la pupille, pour faciliter l'iridectomie dans le glaucome et que, dans son opinion, la fève de Calabar, administrée de façon à n'agir que d'une manière intermittente, pourra contribuer à la rupture des synéchies. »
§ II. Myosis pathologique. — Accommodation douloureuse.
165. — Les circonstances anormales dans l'exercice de la vision, que nous venons d'étudier expérimentalement ou par voie de production artificielle, peuvent se présenter spontanément à l'observation du médecin.
1° Myosis. — La pupille peut être palhologiquemeut resserrée (myosis pathologique); l'accommodation peut être spasmodiquemenl produite, le muscle ciliaire être contracté, tétanisé, de façon plus ou moins durable.
Il y a une espèce de myosis naturel, physiologique; c'est celui de l'âge avancé. La paresis, progressive avec les années, des fibres radiées de l'iris en rend suffisamment compte.
Ce même étal peut se rencontrer également, soit sans causes apparentes, soit à la suite ou pendant le cours de certains étals nerveux ou fébriles graves.
SPASMES DE L'ACCOMMODATION
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Pour le diagnostic de la nature de ces affections et de l'origine du myosis, les caractères généraux du système nerveux du malade, les manifestations que ce système écrit lui-même dans les différents appareils soumis à son influence, devront naturellement diriger l'opinion du médecin et lui marquer le choix à faire entre la cause « paralysie » et la cause « spasme » . On se rappellera à cet égard les beaux travaux de M. Cl. Bernard. La section (paralysie) du grand sympathique est suivie d'une augmentation de caloricité constante et considérable, aecompagnée d'une grande vascularisation des parties où se répandent ses branches ; phénomène absent dans l'état de spasme du système moteur spinal.
Pour tout myosis dont la cause nerveuse est encore active, la température et la vascularisation de l'œil affecté suffiront donc pour indiquer quel système il faut en accuser, du sympathique ou du spinal.
Dans les inflammations de l'iris, par exemple, le myosis ne peut-il pas être attribué à la même cause qui paralyse les vaso-moteurs de la membrane? A ce point de vue, le fait de se trouver intimement lié à i l'inertie ganglionnaire peut en rendre, dans un grand nombre de cas, Ile pronostic fort grave.
Dans les circonstances contraires,, c'est-à-dire dans l'absence de I toute augmentation de caloricité et de vascularisation des parties, il ;y a lieu de soupçonner un spasme du sphincter, et par suite des i nerfs spinaux de. la troisième paire.
On recherchera dans ces cas-là avec soin s'il n'y a pas à accuser i quelque intoxication par une des substances ci-dessus nommées : santonine, daphné mézéréum, tabac, aconit, seigle ergoté, ciguë, digitaline, morphine et enfin, au maximum, la fève de Calabar.
Le myosis est l'état physiologique de la pupille, pendant le somi meil.
De même que l'iris, l'appareil ciliaire peut voir ses fibres radiées ( céder d'une manière pathologique à l'empire prédominant des forces antagonistes.
Cet état se rencontre dans les circonstances propres à appeler sur ices organes un alïïux trop fréquent, trop soutenu de puissance acttive. Ainsi, on l'observe chez les amblyopes, les hypermétropes, les ; astigmatiques. L'histoire de ces anomalies fonctionnelles en a exposé surabondamment la raison d'être.
Par contre, c'est un état fort rare chez l'emmétrope. On pourrait, au point de vue de la réfraction, le croire rare également chez le myope. Il n'est pas pourtant sans exemple, loin de là, danscetélatde la réfraction. On le comprendra aisément, si l'on songe à l'état de congestion atrophique de la choroïde, qui caractérise cette anomalie. Les yeux du myope s'irritent facilement, et Phy pères thésie
des membranes profondes se reflète aisément sur l'appareil ciliaire. m. 12
On fera bien de tenir note de cette circonstance, dans les conseils à donner à la jeunesse vouée aux travaux de cabinet prolongés.
Le spasme ciliaire dans l'hypermétropie est mis aisément en évidence au moyen de l'atropine. Le déficit réel de la réfraction statique est ainsi décélé dans les cas nombreux où il se cache sous les traits de la myopie. Dans ces circonstances (voir l'article hypermétropie), l'habitude constante d'appeler en jeu la réfraction dynamique, pour suppléer à la réfraction statique en défaut, détermine un spasme, un état quasi-tétanique de l'appareil accommodatif.
Nous avons vu plus d'un cas de même ordre, dans lesquels l'anomalie, mesurée en l'absence de l'atropine, s'offrait sous les apparences de l'astigmatisme. Le spasme ciliaire se trouvait sans doute inégalement réparti, la contraction affectait certains méridiens plutôt que d'autres.
On a attribué au spasme de l'accommodation certains autres cas, qu'on a cru observer, de myopie acquise. M. Donders croit que ce ne sont que des amblyopies méconnues , le punctum remotum n'ayant pas été relevé.
Nous croyons pouvoir attribuer au même mécanisme le cas remarquable observé par M. de Graefe, et décrit par lui sous le nom de « myopie in distans. »
M. de Graefe cite un cas où ce spasme était l'effet d'une action réflexe à la suite d'une blessure de la cornée.
Ces états pathologiques cèdent, en général, à l'emploi plus ou moins prolongé de l'atropine à haute dose, au repos soutenu, aux verres bleu-cobalt , aux verres convexes et aux verres cylindriques de l'astigmatisme.
L'accommodation douloureuse est un épiphénomène qui se définit lui-même. Ce sont des spasmes accommodatifs, accompagnés de douleurs, apparaissant dans les mêmes circonstances que ceux décrits plus haut, et comme eux cédant aux moyens propres à corriger l'anomalie fonctionnelle qui en est la cause première et que nous venons d'énumérer : atropine, verres appropriés, employés graduellement et avec de grands ménagements.