PRINCIPES GÉNÉRAUX PHYSIOLOGIQUES DE LA VISION BINOCULAIRE. C5HJ
On a cru longtemps ces rapports absolus et sans variations possibles. Une étude attentive a rectifié l'opinion sur ce point.
Quanti les deux axes sont en parallélisme, l'emmétrope peut disposer d'un tiers environ de sa faculté accommodative positive. Ainsi, du côté des objets rapprochés, deux verres concaves de (ou deux l'ois ) peuvent encore procurer des images nettes.
Dans les mêmes conditions, le myope ne jouit que du quart environ de cette accommodation positive ; l'hypermétrope, au contraire, peut employer les 3/5 de celte même étendue.
Si l'on rapproche le point de mire (convergence mutuelle des axes), l'emmétrope ne peut se maintenir en convergence persistante sur ce point, ques'il lui reste, en deçà de ce point, une quantité d'acicommodalion positive tolérahlement grande relativement à la négative; c'est-à-dire si, pour ce point, il est encore capable de voir nettement avec des verres de un à deux vingt-quatrièmes (négatifs). Dans l'amétropie : il en est autrement, et les rapports sont changés. Ainsi, dans la myopie, la difficulté de maintenir la vision binoculaire en convergence sur un point donné, ne dépend pas de l'accommodation, pour laquelle la partie positive est toujours relativement rgrande; mais bien de la convergence des deux axes, pour le maintien ide laquelle les muscles extrinsèques sont promptement insuffisants.
Il en est tout autrement dans l'hypermétropie : dans ce genre id'amétropie, les yeux sont promptement impropres à la vision binoculaire : mais c'est l'accommodation qui manque la première. Cependant la convergence lui fait gagner un ou deux vingt-quatrièmes.
Ce qui doit demeurer dans l'esprit à la suite de cet exposé, c'est que si, chez l'emmétrope, accommodation et convergence sont généralement en rapport, le sujet ayant, pour chaque degré de convergence, la disposition d'une certaine quantité d'accommodation positive et négative, il n'en est plus de même dans l'amétropie.
Dans l'amétropie par excès (myopie), l'accommodation, toujours surabondante pour les fortes convergences, est presque en déficit ipour les convergences légères. Le myope, pour les convergences supérieures à son pimctum remotum, ne cherche pas à accommoder.
L'hypermétrope, au contraire, pour les courtes distances, n'a plus ^d'accommodation disponible, il n'a que la convergence, qui est facile. IPour les convergences éloignées, c'est différent : il accommode avec excès, par le fait de l'habitude acquise, habitude sans laquelle il fût demeuré quasi amblyope.
L'usage constant des verres correcleurs ramène graduellement •les ainétropcs aux conditions de l'amétropie; cl c'est un résultat qu'il est bon de s'attacher à obtenir.
CXLM
§ V. Champ périphérique de la vision associée.
170. — Nous avons dit plus haut que la vision complète exigeait le concours des deux yeux. Ce n'est pas à dire pourtant que la vision soit binoculaire dans toute l'étendue périphérique du champ visuel.
La position des deux globes, plus ou moins enfoncés dans les orbites, la présence des arcades orbitaires et de la protubérance nasale
enlèvent de chaque côlé,ainsi qu'en hauteten bas, une portion plus ou moins étendue du champ superficiel total.
Quand les deux yeux pointent sur un môme objet situé sur la ligne médiane, menant les deux lignes gn, dn, tangentes au nez, et passant par le centre optique de chaque œil, on voit que l'espace hémisphérique est ainsi divisé en trois parties, une médiane B n C, commune aux deux yeux, les deux autres, D et G, limitées aux parties internes de l'une des rétines. Dans celles-ci, la vision est évidemment monoculaire. C'est une simple vision d'avertissement, dans laquelle la direction seule est exacte, mais où les perceptions sont peu nettes.
Ce genre de vision est celui qui reste au strabique, quand il a su faire abstraction des images communes. C'est une fonction d'avertissement.