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ABERRATION DE RÉFRANGIBIMTÉ OU CHROMATTSME

On appelle ainsi la différence d'action exercée par les milieux transparents sur les rayons de différentes couleurs composant la lumière solaire ou blanche, en un mot, la dispersion de la lumière, la propriété spectrale des changements de milieux.

L'œil est-il soumis à cette aberration ? La lumière blanche s'y décompose-t-elle suivant la loi du spectre solaire, donnant lieu à des rayons différemment colorés et de plus en plus réfrangibles du rouge au violet extrême? Si, par Un moyen optométrique quelconque, on mesure la longueur focale, dans l'œil, des rayons parallèles parlant des limites extrêmes et de la région centrale du spectre solaire, on constate : que loute nappe conique de rayons blancs tombant sur la cornée, donne lieu, après la réfraction, à deux nappes différemment réfractées, l'une bleue ou violette intérieure, l'autre rouge-orangé extérieure, d'ailleurs extrêmement voisines. (V. fig. xn.)

Le cône réfracté intérieur ou violet /, h v forme foyer sur l'axe en avant en v, le cône extérieur orangé, le moins réfrangiule, au delà de ce premier sommet, en r. Entre les deux sommets, la nappe intérieure prolongée rencontre en c, c, la nappe extérieure lion encore concentrée en un seul point. Le lieu de celte rencontre esl un petit cercle c, c, de couleur composée ou blanche. C'est le foyer même des rajons blancs. C'est le cercle infiniment pelil qui, pour chaque point, est le foyer exact.

En ce lieu, il n'y a donc pas de chrômatisme.

Mais, si l'écran est situé en avant de ce dernier foyer le cercle qui y est dessiné esl bleu -violet au centre rou"c orangé en dehors.

Les couleurs sont disposées en sens inverse, si l'écran est au contraire, placé au delà du foyer des rayons blancs ou composés. On conclut de la que :

Fig. xn.

L'œil, entre les limites de l'accommodation, esl exempt de

DIOPTIUQUE PHYSIOLOGIQUE.

l'aberration lenticulaire, dite de réfrangibilité. Entre ces limites, le rayon bleu-violet, le plus réfrangible, est neutralisé par le rayon rouge-orangé qui l'est le moins, et le résultat est un petit cercle de couleur blanche ou composée. Mais, dépasse-t-on cette limite, du côté des objets rapprochés, les points blancs plus ou moins brillants sont remplacés par un cercle bleu-violet, bordé au dehors par une auréole rouge-orangé. Inversement, est-ce la limite éloignée du champ de l'accommodation que l'on franchit, l'intérieur du cercle de diffusion est rouge-orangé, l'auréole extérieure bleu-violet.

Maintenant, l'œil étant exactement accommodé pour le point A, dont les nappes coniques réfractées donnent sur la rétine le petit cercle c.c, de la figure xu, on place, entre l'œil et le point A, de façon à couper au-devant de la pupille la moitié du cône incident Al,l„ un écran opaque E. A l'instant on constate expérimentalement, ainsi qu'on le pouvait prévoir, que le petit cercle c,ca de couleur composée ou blanche a fait place à un cercle chromatique. Les deux rayons Lv, Lr (du côté de l'écran) ont été interceptés : les rayons du côté opposé U c>, restent ainsi sans compensation. Il y a donc irisation.

28. — Ainsi, au foyer même, il peut encore y avoir irisation si, par une circonstance ou une autre, la loi de symétrie par laquelle le rayon le plus réfrangible, d'un côté, est compensé par le rayon le moins réfrangible de l'autre, se voit interrompue ou faussée.

En résumé, le chromatisme n'apparaît dans l'œil que dans l'une ou l'autre des circonstances suivantes : 1° Quand l'œil n'est pas exactement adapté pour les rayons blancs qui le pénètrent; 2° quand il y a rupture de sa symétrie organique.

Toutes les expériences des observateurs rentrent dans l'un ou l'autre de ces cas.

29. — L'œil, dans son fonctionnement physiologique est donc, en définitive, exempt de l'aberration de réfrangibilité.

SECTION IL

OPTOMÉTRIE.

§ I. Champ superficiel ou périphérique de la vision.

Au (16), nous avons défini ce qu'on devait entendre par limite éloignée et limite rapprochée du champ de la vision. Il s'agissait là du cliamp anléro-postérieurde la vision nette, de la production des images des objets situés sur l'axe principal de la vision. Mais le tableau rétinien a deux dimensions, le système dioptrique de l'œil autant d'axes secondaires que le premier a de points dans sa surface. Il est clair que celte surface sensible peut être physiologiquemcnt ou palbologiquement inégalement vivante et impressionnable dans les divers points de son étendue. L'appréciation de la qualité relative de la netteté de la vue, dans les différentes régions, c'est ce que nous entendrons par « mesure du champ superficiel ou périphérique de la vision. »

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