LEÇON PRATIQUE POUR L'ÉTABLISSEMENT DU DIAGNOSTIC. CLI
tropie. En ce qui concerne la presbyopie, on aura pour se metlre à l'abri de l'erreur la table donnant la distance du point p aux diverses époques de la vie dans l'œil emmétrope. S'il y a parésis, ce point sera très-notablement plus éloigné que ne l'indiquera la table pour I âge du sujet. Ajoutons que l'atonie de l'accommodation se réfléchit dans l'iris : la pupille est lente, paresseuse dans ses mouvements; dans le cas du presbyte, la pupille, au contraire, est resserrée.
Quant à l'hypermétropie, un autre signe différentiel viendra se joindre aux précédents. La parésis de l'accommodation qui supprime dans l'œil emmétrope la faculté de voir de plus ou moins près, ne change rien à la vision à distance. Le sujet y voit donc très-bien de loin, et s'il n'est pas hypermétrope, le moindre verre convexe troublera la netteté de cette même vision à distance.
Par suite de rapports inverses, un spasme de l'accommodation peut être confondu avec la myopie. Ici les signes différentiels ne sont pas moins évidents. Le véritable myope est né myope, ou du moins sa myopie, si elle a progressé depuis sa jeunesse, a cependant marqué sa présence dès les premières années de ses occupations de près. Les spasmes de l'accommodation sont, au contraire, plus ou moins aigus ou subits dans leurs manifestations.
L'état de la pupille joint ici ses renseignements. Le myosis accompagne naturellement les contractures de l'appareil ciliaire. Dans la myopie, au contraire, les pupilles, sont plutôt dilatées. Mais les signes décisifs seront fournis par l'ophthalmoscope, dont l'intervention est péremptoire dans le diagnostic de la myopie. La forme de l'œil, son volume, l'hérédité apportent également leurs données, et la question, en fin de compte, se résout avec une réelle facilité.
§ IX. Hypéresthésie rétinienne.
il est encore un état pathologique qui, ne pouvant recevoir la caractéristique d'aucune des affections décrites dans les chapitres qui précèdent, n'a point dù trouver place dans leur description.
Le tableau symptomatologique que cet état présente le ferait rattacher à l'asthénopie. Le malade accuse en effet un ensemble de souffrances ou de difficultés dans l'exercice de la vision que le praticien n'hésite pas, au premier abord, à attribuer à l'une ou à l'autre des deux espèces de l'asthénopie. à une fatigue, un état douloureux des systèmes musculaires de l'accommodation ou de la convergence. Je dis à dessein, l'une ou l'autre, parce que les caractères offerts par l'interrogation des malades appartiennent alternativement ou simultanément à l'une ou à l'autre des deux espèces de l'asthénopie.
L'analyse fonctionnelle, l'examen ophlhalmoscopique sont cependant impuissants à résoudre le doute. Dans la plupart des cas, on
DIOPTMQUE PATHOLOGIQUE.
trouvera ou des yeux emmétropes ou des yeux très-légèrement amétropes; d'autre part, le balancement musculaire est régulier, ou ses irrégularités ne sont que fugitives. Une particularité remarquable, c'est que, s'il existe une légère amétropie, le verre correcteur, celui qui procure la vision nette, ne saurait être supporté plus de quelques minutes. Il y a comme une horreur pour la vision nette, pour Valtention. C'est le Irait le plus frappant de l'affection.
Enfin, l'ophlhalmoscope ne révèle aucune altération, si ce n'est plus ou moins d'hypérémie rétinienne. Mais ce degré d'altération, on le rencontre dans vingt cas, sans constater à la suite le moindre trouble appréciable de la vision.
Dans ces états, aucune tentative n'aboutit qui s'adresse à la réfraction ou à l'insuffisance musculaire (j'entends ici l'usage des verres sphériques ou des prismes). Le seul remède est dans le repos absolu et prolongé de la vue et l'usage des conserves bleu-cobalt.
D'après ces considérations, nous avons cru pouvoir, jusqu'à ce que des recherches plus fructueuses aient apporté la lumière sur la cause de ces phénomènes anormaux, les rapporter à une hypéresthésie ou surexcitation particulière de la rétine.