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LEÇON PRATIQUE POUU L'ÉTABLISSEMENT DU DIAGNOSTIC. CXL1X

fois, et la lecture ne peut plus se faire qu'à la distance du bout du bras, ou avec des caractères relativement forts ; mais de loin la vue est parfaite.

On devine déjà qu'il s'agit ici d'une simple presbytie. Le moindre verre convexe améliore immédiatement la vision.

Pour assurer le diagnostic et déterminer la mesure du verre convenable, on précise la dislance minima à laquelle est possible la lecture du plus petit caractère lisible, soit 24 pouces de distance.

Le malade n'exerce pas une profession exigeante ; son acuité n'a subi que la diminution due à l'âge. Il n'est pas besoin qu'il lise d'ordinaire en deçà de 14 pouces. Il faut donc suppléer au déficit de sa réfraction dynamique et lui fournir le nombre d'unités de réfraction qui marquent le passage de l'accommodation de 24 à 14 pouces, c'est-à-dire (15 — 9) = 6 ou un verre de 36 pouces.

Cependant , il convient d'en donner un quelque peu plus fort (soit 30), pour ne pas employer toute l'accommodation disponible encore cbez le sujet.

g VII. Astigmatisme.

Mais des cas plus complexes peuvent se présenter, qui semblent sur la limite entre l'amblyopie et les vices de la réfraction.

Voici un sujet dont l'acuité est très-diminuée; elle n'est guère que des ~ ou £ de l'acuité normale. Au trou d'épingle, elle s'améliore un peu, mais aucun verre convexe ou concave (dans les épreuves à distance) ne réussit à augmenter cette acuité. Au contraire, on dirait qu'ils la diminuent. Les plus grandes variations s'observent dans les réponses: le verre qui semblait excellent, il n'y a qu'un instant, n'est plus bon du tout l'instant d'après. Les verres convexes soulagent une minute, mais le moment d'après, ce sont les verres concaves.

L'acuité très-diminuée ne l'a été par aucune maladie grave, locale ni générale; mais elle a dès Venfance été moindre que chez les enfants du même âge. En outre, les images semblent déformées ; bientôt nous apprenons que le sujet voit moins bien les lignes verticales que les horizontales, ou inversement. Nous voilà sur la voie. Nous présentons au sujet le trou d'épingle se détachant sur le fond du ciel à 4 ou 5 pouces du sujet. Ce trou, qui est rond, lui semble ovale.

Le diagnostic est établi; nous sommes en présence de l'astigmatisme. Alors, il y a indication à recommencer toutes les épreuves ci-dessus, en opérant, non-seulement sur chaque œil isolément, mais séparément, et successivement même sur les méridiens vertical et horizontal de chaque œil. Alors nous arrivons à des résultats constants, et celte constance est un témoignage que nous sommes sur la voie de la vérité.

Ici le cas est sérieux comme diagnostic. Il importe d'avoir des résultats précis; il faut recourir à l'atropine. Cela est nécessaire pour se mettre à l'abri des intermittences d'action de l'accommodation.

Nous plaçons donc en face du tableau des caractères, et à distance le sujet soupçonné d'astigmatisme et dont nous avons préalablement dilaté la pupille. Cela fait, lui faisant fermer un œil, nous présentons tout contre l'autre œil la lente verticale de la lunette slénopéique. La vision est confuse. Devant cette fente, nous apportons alors successivement la série des verres convexes ou concaves, comme dans les cas qui précèdent.

Avec le n° 16 convexe placé devant la fente, le malade lit, supposerons-nous, le caractère 20 à 15 pieds. Nous en concluons que le méridien vertical offre un déficit de réfraction statique de ou de 13 1/2 unités de réfraction.

Essayé de la même manière (fente horizontale), le méridien horizontal accuse, au contraire, supposons-nous, un excès de réfraction de ~ ou de 10 unités de réfraction : c'est le verre concave ( — 21) qui lui a procuré la lecture du même n° 20 de l'échelle.

Il n'y a plus qu'à calculer la force du verre propre à corriger cet état, en apparence compliqué. Comme les rédiles en ces matières d'application encore délicate peuvent avoir leur utilité, nous nous répéterons donc sur ce point.

Nous donnerons au sujet un verre convexe sphérique de 16 pouces, lequel ajoutera au méridien vertical les 15 unités de réfraction qui lui manquent. Mais comme en même temps ce verre, par sa qualité sphérique, ajoute aussi cette même qualité de réfraction à tous les autres méridiens, le méridien horizontal, qui en a déjà 10 de trop, se trouvera en avoir dorénavant 10-J-15 1/2 en excès, soit de23à24. Il y aura donc indication à les lui enlever par un verre négatif de 24 unités de réfraction ou de 9 pouces de foyer, mais qui n'agisse que sur le méridien horizontal. Ce verre-là, c'est un plan-cylindrique concave ( — 9), dont on dirige l'axe perpendiculairement audit méridien horizontal, c'est-à-dire verticalement, et qu'on accole au premier verre sphérique. L'autre œil sera ensuite traité de même façon, c'està-dire mesuré dans chacun de ses méridiens, et le remède optique calculé comme il vient d'être exposé.

§ VIII. Anomalies de l'accommodation.

Au point de vue fonctionnel, les affections de l'appareil de l'accommodation peuvent, dans certains circonstances, en imposer pour des anomalies de la réfraction.

Ainsi, on peut confondre, à un premier examen sommaire, la simple parésis de l'accommodation avec la prcsbyopie et l'hypermé-

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