BLESSURES DES SOURCILS ET DES PAUPIÈRES. (P
Unesimplecontusion ou une blessure de ces régions peuventatleindre le nerf frontal et amener d'étranges altérations de l'œil. Ainsi, dans un cas, cité par M. Dixon (2), il y a eu amaurose, avec atrophie de la rétine, à la suite d'une blessure du sourcil. A moins d'une douleur et d'un gonflement considérables, indiquant une violente inflammation, ilne faut pas recourir aux sangsues, dont l'action donne fréquemment lieu à une vive irritation, quand on les emploie contre des ecchymoses.
M. Busch (3) recommande, pour obtenir la disparition des grains de poudre dont la peau peut-être tatouée, l'application d'une solution du sublimé corrosif (5 gr. par once d'eau), afin de provoquer une inflammation eczémateuse avec éruption. Cette solution s'applique,
(1) HonNEit. Klinische Moiiatsbliiller, (8G<5, pp. 190-192.
(2) Med. Times and Gazette, 1859, Mai 7, p. 471.
(3) Dublin Med. Press, 1839, Oct. 19, p. 246. — Extr. de Virchow's Arcliiv.
BLESSl'HES DES SOURCILS ET DES PAUPIÈRES.
chaque jour, pendant plusieurs heures, jusqu'à ce que l'eczéma survienne ; finalement, il se forme une croûte et, quand on l'enlève, on trouve les grains de poudre adhérents à sa face interne.
M. Mackenzie a été consulté par un monsieur qui, en tombant dans son escalier, s'était fait à la peau, à la jonction de la tempe avec le sourcil, une déchirure d'un pouce et demi d'étendue. Les paupières étaient contuses et ecchymosées et, quand on examina l'œil à l'ophthalmoscope, on trouva un épanchement de sang dans le corps vitré. La plaie guérit et le sang se résorba; les milieux redevenus parfaitement clairs, la rétine se représenta dans un état parfait d'intégrité ; néanmoins, la vue resta complètement perdue.
M. Hutchinson (1) a publié un grand nombre de faits propres à démontrer, d'une façon plus ou moins directe, l'influence des nerfs sensitifs de la face sur les fonctions ou sur la nutrition de l'œil.
Obs. 29. — Lésion Iraumatique de la région frontale gauche. Mydriase persistante de la pupille gauche et paralysie du muscle ciliaire du même côté (2). Un Irlandais intelligent, âgé de 70 ans, vint me consulter, le 40 septembre 1862, pour de la roideur dans le dos et d'autres accidents qu'il faisait remonter à une blessure reçue trois ans auparavant. Sa pupille offrait une dilatation triple de celle du côté opposé et était complètement immobile. Il voyait bien de ses deux yeux; mais, tandis que du droit il lisait le n° 1, il lui fallait un verre convexe pour lire le n° 8 du gauche. L'ophthalmoscope montrait les milieux transparents. Les artères et les veines delà réline gauche étaient un peu plus petites qu'à droite. Il voyait les objets plus petits avec l'œil gauche qu'avec le droit. Avec un verre plus fort, il voyait aussi bien de l'œil gauche que du droit. La tempe gauche est le siège d'une cicatrice profonde et étendue qui s'étend jusqu'au trajet du nerf frontal, mais sans le croiser. Toutes les sensations sont parfaites des deux côtés. Ouïe bonne. Sa blessure était la conséquence d'une chute qu'il avait faite en tombant dans la rue, renversé par un chariot. Transporté au London Ilospital, il y avait séjourné plusieurs semaines. Il avait eu deux attaques d'érysipèle.
Ce qui complique ce cas, c'est que le sujet avait, avant l'accident, un léger tremblement de la main, qu'actuellement il a une paralysis agitans bien marquée, et que, pendant ces derniers six mois, il lui est arrivé une fois de se perdre dans la rue, atteinlde vertige et de trouble, et qu'une autre fois il a eu une sorte d'attaque. Avant l'accident, sa santé était bonne, ses facultés sont encore parfaites, ù l'exception peut cire de sa mémoire. 11 se plaint qu'a plusieurs reprises « il a entendu une superbe musique, alors qu'on n'en faisait point, » et que souvent, lorsqu'il a regardé des objets, il continue de les voir longtemps après qu'ils ont cessé d'être devant ses yeux.
Obs. 30. — Déchirure grave du sourcil gauche. Commotion possible du globe oculaire. Perte progressive de la vue de cet œil. Aneslhésie partielle de la joue gauche. L'ophlhalnioscope ne révèle aucune altération morbide (3). — Benjamin Brown,52 mis, charpentier de navire, robuste, bien portant, se présente au London Ilospital. Il a été renversé, il y a douze semaines, par un morceau de charpente; il a reçu un coup très-violent qui l'a lancé à trente pieds. Il est resté un certain temps sans connaissance; on l'a transportéà Poplar Hospital, où il a séjourné quelques jours. Plusieurs dents de la mâchoire supérieure gauche ont été enlevées; il a eu une plaie
(1) BoTCniHïOH. Sur les affections réflexes ou sympalliiques de l'œil. Ophlli. fiosp. Reports, 1864, Vol. IV, p. 1W). — Consultez aus>i, sur le môme sujet, WiLTOM (.)led. Time.-, ami Gazelle. 1860, May 26, p. 125.
(ï) IIutciiinso.i. Op. eit.
(5) loin. Id.