I. DÉFINITION. — CnOIX u'UNE UNITÉ
31. — On désigne sous ce nom, en ophthalmologie, la finesse de perception de la vue, considérée indépendamment de sa portée, ou de l'état de réfraction de l'œil.
Deux individus, présentant un même étal de la réfraction de l'œil, c'est à-dire ayant leur rétine au foyer exact de l'objet vUé, peuvent,
à la même distance et dans les mêmes conditions, percevoir le même objet de façon inégale : l'un, par exemple, distinguera nettement des caractères d'un millimètre de largeur, quand l'autre ne distinguera, avec une netteté pareille, que des caractères de deux millimètres d'étendue. Dans un tel cas, on dira que, chez l'un des sujets, le sens de la vue, la délicatesse de l'organe sont deux fois plus élevés que chez l'autre. C'est là ce qu'on entend par « acuité » : on comprend ainsi dans ce terme le degré de sensibilité propre de la rétine, et le degré de transparence des milieux que l'on estime cumulativement avec la première.
Pour toutes les comparaisons que l'on peut avoir à faire à cet égard, il est nécessaire de convenir d'une unité. Or, celle qui se présente le plus naturellement est donnée par l'étendue de l'image la plus petite que l'œil puisse distinguer à l'unité de distance. Et ici il faut entendre par « distinguer » non-seulement voir, mais voir nettement, distinguer en un mot, différencier l'image de cet objet d'une image sembable, séparée de la première par un intervalle du même ordre de grandeur.
Or, pour un œil adulte communément bon, le plus petit objet qui se puisse, à une distance quelconque, distinguer nettement d'un autre pareil, séparé du premier par un intervalle de même étendue (comme seraient, par exemple, les deux jambages de la lettre n), ce minimum d'étendue, disons-nous, soustend dans l'œil un angle de 60 secondes ou une minute. Cet arc, dans la réline, correspond, à très peu près, à la largeur d'un élément nerveux (bâtonnet), ou à Sou 4 millièmes de millimètre.