C. — Usages de la caisse
Nous venons de voir que la variabilité de tension de la membrane du tympan était nécessaire pour l'adaptation de l'ouïe à l'intensité variable des sons. Or, pour que cette variabilité de tension pût avoir lieu, il fallait que la cloison fut placée entre
deux colonnes d'air, et par conséquent que ce fluide fût contenu dans la cavité tympanique.
Le son, une fois arrivé à la membrane du tympan, est transmis à la paroi interne de la caisse par deux voies : par l'air contenu dans cette même caisse, et par les osselets.
Toutes les conditions possibles sont réunies pour que les vibrations communiquées par la membrane du tympan se transmettent sans aucune perte à la fenêtre ovale, le long de la chaîne des osselets. Ceux-ci, en effet, sont solides, ne tiennent point aux os du crâne et sont baignés de tous côtés par de l'air ; et, comme on le sait, un corps solide transmet lui-même plus facilement le son, qu'il ne le communique à l'air ambiant.
La membrane du tympan transmet donc l'ondulation sonore au manche du marteau, de là à létrier et à la membrane de la fenêtre ovale.
Un grand nombre d'usages ont été attribués à la trompe d'Eustache : et cette question a ete controversée :
lo Muncke soutient qu'il y a nécessite d'une égale densité entre l'air extérieur et intérieur pour que celui-ci transmette les vibrations.
2° Muller a récusé cette opinion dans ses expériences, car l'inégale densité des couches d'air fait perdre un peu de force au son seulement.
3° Henle dit que l'ouverture pharyngienne est analogue aux trous dont est percée la table d'un violon, trous qui sont nécessaires à la formation d'un son plein, et il y a résonnance à la fois de la table, de L'instrument et de l'air contenu dans son intérieur. — Ce fait est admis par Muller (1).
4° Itard compare l'ouverture de la trompe au trou latéral du tambour. Ce trou étant bouché, il n'y a plus de son.
Cette comparaison, séduisante tout d'abord, pèche par sa base.
5° Autenrieth et Li-ncke (2) pensent que l'oblitération pathologique de la trompe empêche l'audition nette des sons extérieurs, mais non celle de sa propre voix.
(1) Manuel de Physiologie. Paris, 1851. — Chéselden a observé une surdité subite après une injection d'eau dans ia trompe. Saunders a vu le contraire.
[2] Handbuch der theoretischen und praktischen Ohrenheilkunde. Leipzig,