C. — Usages du limaçon
Les belles recherches de M. Flourens nous ont appris que le limaçon n'a pas une importance aussi grande que le ve^ibule, puisqu'il manque dans des classes entières d'animaux : il est cependant un moyeu de perfectionnement très-utile. Pour comprendre la manière dont se propagent les ondes sonores dans le limaçon, rappelons-nous, a l'aide de Panatomie, que les ondes sonores peuvent lui arriver par deux voies :
1° Par Peau du labyrinthe périlymphe qui se meut librement
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dans le vase communiquant, représenté par le vestibule et les rampes limacéennes;
2° Par les parois solides du crâne.
Toutes ces ondes se propagent dans la columelle, dans la lame des contours et dans la lame osseuse qui enveloppe les rampes.
On se demande naturellement si l'ébranlement suit une marche successive et progressive le long du liquide des rampes ou le long de la columelle et de la lame des contours, depuis le vestibule jusqu'au sommet de la cochlée.
Il ne peut en être ainsi ; l'ébranlement se communique si facilement des liquides aux solides que le choc se transmet de suite dans toutes les directions sans parcourir toute la longueur des canaux.
On reconnaît, avec Muller, que les tours du limaçon ont pour but, en resserrant le canal dans un petit espace, d'amener un ébranlement simultané sur toute la surface nerveuse.
La lame spirale a probablement aussi pour usage d'offrir une large surface sur laquelle viennent s'épanouir les nombreux filets du nerf cochléaire, à la manière des cordes sur un clavier.
Terminons en empruntant les considérations suivantes à Muller, qui a traité ce point délicat de physiologie avec talent.
Le limaçon est propre à recevoir à la fois les ébranlements sonores venus du labyrinthe et des parois du crâne, car sa lame spirale, support du nerf auditif, communique avec le périlymphe labyrinthique et avec les parties osseuses du limaçon et du crâne ; et au contraire, le labyrinthe membraneux, qui est libre et flottant dans l'eau, est propre uniquement à transmettre au nerf vestibulaire les vibrations communiquées par l'intermédiaire du liquide. Et puisque le limaçon possède les deux moyens de recevoir l'ébranlement par les solides et les liquides, il est un organe de renforcement plus parfait que le vestibule.
Quant aux aqueducs, ils n'ont aucune part à l'audition ; ils ne servent point, ainsi que le pensèrent CotugnoetMeckel,à évacuer le trop-plein du liquide, pendant l'ébranlement vibratoire.
Breschet (1) a démontré que ces fissures ou conduits osseux sont liés tout simplement à l'évolution de l'organe auditif.
(1) Recherches anatomiques et physiologiques sur l'organe de Vouïe et sur l'audition dans l'homme et les animaux vertébrés. Paris, 1836, iu-4 avecfig.