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CAS DANS LESQUELS LE CATHÉTÉRISME PEUT ÊTRE EMPLOYÉ

2° Si le canal n'est pas libre, on peut introduire un stylet dans le but de rompre une adhérence inflammatoire à l'orifice ou dans un point de l'étendue du canal, et agir de la même manière dans le cas d'une cloison membraneuse congéniale: ou bien si. au lieu d'une oblitération, il se rencontre un simple rétrécissement ou un engouement par épaississement de la muqueuse ou par amas de mucus épaissi, l'introduction du stylet peut encore désobstruer le canal.

Mais ici se présente une difficulté : est-il possible dans tous les cas que nous venons d'énumérer de pénétrer dans la caisse à travers la trompe ?

Il doit souvent arriver que Ton pense avoir pénétré dans le conduit guttural et dans la caisse, quand l'instrument ne dépasse pas l'orifice pharyngien de la trompe d'Eustache.

En effet, il suffit de se rappeler l'étroitesse du canal osseux qui fait communiquer le pharynx avec les cavités tympaniqueet mastoïdienne, pour être convaincu des difficultés que l'on doit éprouver à faire pénétrer la sonde profondément dans l'intérieur du conduit.

Nous devons ajouter que ce canal se trouve encore très-souvent rétréci par la phlegmasie, la tuméfaction ou l'induration de la membrane muqueuse qui la tapisse à l'intérieur ; par conséquent, il paraît bien difficile, sinon impossible, d'introduire même un stylet assez tin dans toute sa longueur. Cependant, sur une coupe des fosses nasales faite sur un sujet sain, cette expérience a réussi. En doit-il être de même sur le malade ? Chez ceux que Ton soumet au cathétérisme des trompes, il y a presque toujours un rétrécissement plus ou moins considérable du canal par un boursouflement de la muqueuse, et alors on éprouve des difficultés assez sérieuses pour faire parcourir à l'instrument la plus grande partie de la longueur de la trompe. C'est surtout dans as que les injections liquides ou gazeuses sont utiles (I), portées dans l'intérieur du conduit à l'aide de la sonde préalablement introduite.

On ju'ut lire dans Itard les succès nombreux qu'il attribue à ce moyen thérapeutique. M. Deleau (Mémoires) donne la préfé-

(l)Ilard, Traité des maladies de l'oreille, 2<* édition, I843i

ronce aux douches d'air, et les résultats paraissent tout aussi favorables ; Kramer adopte une méthode de traitement mixte.

Nous devrons donc étudier avec soin les maladies de la trompe et celles qui peuvent se guérir par le moyen des injections gazeuses ou liquides, et celles qui réclament d'autres moyens, la dilatation, la cautérisation, par exemple, et nous trouverons encore ici de nombreuses occasions de démontrer que la thérapeutique des maladies de l'oreille ne diffère pas sensiblement des autres moyens que l'art de guérir met chaque jour en usage.

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