Insufflation d'air dans les deux trompes
24. — Dans le conduit auditif externe droit, on trouve à l'entrée et en arrière et en haut une saillie rougeàtre, tendue, luisante, semifluctuante, très-douloureuse au toucher, qui n'est autre chose qu'un abcès glandulaire en voie de formation. Je conseille une application de sangsue à sa surface.
29. — Un vésicatoire derrière l'oreille gauche de la largeur d'une pièce de deux francs.
14 juin. — Injections potassiques dans les deux oreilles.
19. — Catarrhe des trompes. — Bruits muqueux. — La suppuration est tarie dans l'oreille droite. — Les bourgeons charnus sont affaissés et leur surface est blanche, cicatrisée.
1er juillet. — Guérison. — Entend à un mètre du côté gauche; à 0,30 à droite, grâce à un tympan artificiel.
63e Observation. — Otite purulente phlegmoneuse. Abcès mastoïdien et cervicaux. — Dans les premiers jours de novembre 1852, un malade vient réclamer mes soins pour un écoulement considérable de l'oreille gauche : cet écoulement datait de quinze jours et s'était établi dans les circonstances suivantes: pendant un coryza violent, une douleur d'abord légère s'était fait sentir dans l'oreille gauche; en quelques jours cette douleur devint si intense, que le malade, obligé de garder le lit, avait perdu tout repos la nuit et le jour. — Bientôt
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un flux abondant de pus fétide eul lieu par l'oreille, et la douleur diminua en même temps; — une difficulté assez grande dans la mastication, une tuméfaction de la région pré-auriculaire, des bourdonnements et une surdité complète de ce côté, tels sont les symptômes dont le flux d'oreilles était accompagné.
Je vis le malade à cette période de l'affection : c'est un homme d'une taille élevée, grand, robuste, d'un tempérament lymphalico-sanguin. — Il a été vacciné avec succès, n'a point eu de variole, de varioloïde, de rougeole, de scarlatine, ni de fièvre typhoïde ; on ne compte point de sourds dans sa famille, composée de deux frères, doués d'une excellente santé. — Notre malade a eu un chancre non induré, il y a une dizaine d'années; et d'après l'examen attentif des antécédents, tout porte à croire qu'il n'a point présenté d'autres accidents syphilitiques ou de nature strumeuse. En un mot, le flux d'oreilles est une affection locale, qui a surpris cet homme au milieu de la plus florissante santé. — (Quelques cataplasmes, un vésicatoire derrière l'oreille furent les seuls moyens de traitement employés jusqu'alors.)
Symptômes anatomiques et phijsiologiques. — Le pavillon de l'oreille est bien conformé : un liquide jaune-verdàlre et fétide en couvre les bords : après avoir enlevé, par deux injections d'eau tiède, tout le pus qui remplit le conduit auditif, nous pouvons constater 1° que les parois membraneuses du méat, sont privées de leur épiderme ; le contact habituel d'une suppuration â<re a déterminé l'érosion de ce tissu délicat; 2° il n'y a plus de membrane du tympan ; l'œil pénètre directement jusque dans l'intérieur de la caisse, d'où l'on voit sourdre le pus en gouttelettes ; 3° le ganglion sous-lobulaire manque ; 4° les régions cervicales et sous-mastoïdiennes, ne présentent point non plus d'autres ganglions engorgés; 5° un léger gonflement existe encore à la région parulidienneet temporale, sans œdème de la paupière correspondante; 6° quand on palpe l'apophyse masto'Me, le malade accuse tout d'abord une vive douleur ; la peau qui recouvre celle éminence est rouge, empâtée; en exerçant à sa surface une pression même légère, on voit sortir, par le conduit auditif, une certaine quantité de pus ; 7° la difficulté dans la mastication, les bourdonnements, la surdité existaient encore, et de plus les mouvements du col étaient pénibles ; il n'y avait pas de fièvre et toutes les autres fonctions étaient en bon étal. — Le coryza n'existait plus.
En présence de tous ces symptômes, le diagnostic ne pouvait rester longtemps incertain. Nous avons évidemment sous les yeux, une utile purulenle phlegmoneuse. — La caisse et les cellules envahies par l'inflammation, étaient en pleine suppuration. — Le tympan détruit. — La douleur exquise de la région mastoïdienne, la rougeur de la peau, devaient faire craindre que le pus ne vînt à se frayer une nou-
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velle issue en cet endroit et dans un bref délai. — En conséquence, le traitement suivant fut prescrit le 25 novembre 1852: 1° garder la chambre; 2<> faire tous les quarts d'heure des injections d'eau de guimauve tiède dans le conduit auditif; 3° tenir des cataplasmes chauds, renouvelés tous les quarts d'heure sur la région auriculaire; 4° prendre des fumigations émollientes quatre fois, le jour, de dix minutes; 5» observer une diète lactée; 6° tous les matins prendre un des paquets suivants :
Pr. Scammonée pulvérisée 2 gr.
Calomel 0,50 cent. •
Mêlez et divisez en six doses.
Malgré ce traitement, un abcès ne tarda pas à se former à l'apophyse mastoïde, et le 10 octobre, la fluctuation devint si évidente que je dus appliquer sur le point fluctuant, une lentille de potasse caustique. — Le 13, l'escarre étant incisée, on vit sortir par l'ouverture, une cuillère à café de pus verdâtre et fétide. — Depuis cette époque, matin et soir, furent pratiquées des injections tièdes, de la manière suivante : une seringue à bec effilé était introduite par la fistule mastoïdienne, et Ton poussait d'abord une injection d'eau d'orge miellée, de manière à bien laver les cellules et la caisse; puis une seconde injection composée d'après la formule suivante, succédait à la première :
Pr. Eau distillée 100 gr.
Teinture alcoolique d'iode. . 10 Iodure de potassium 1
En même temps, le traitement suivant était mis en usage : prendre tous les malins une cuillerée de la solution suivante, dans une tasse d'infusion de saponaire :
Eau distillée 200 gr.
Iodure de potassium 15
Tous les soirs une pilule contenant 0,05 cenligr. de proto-iodure de mercure.
Le chancre dont ce malade avait été affecté, quoique déjà à une époque éloignée, me revenait constamment à la mémoire, et je me demandais si les accidents secondaires, ayant passé inaperçus, la lésion des cellules mastoïdiennes ne devait point être attribuée à des symptômes tertiaires, dont cependant, on ne trouvait de vestiges nulle part ailleurs.
Ce traitement local et général, fut continué jusqu'au mois de
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mai 1853», sans aucune amélioration, c'est-à-dire plus de trois mois.
A celte époque, l'usage du proto-iodure fut suspendu, mais le malade continua l'iodure de potassium : en même temps, tous les deux jours au malin, un mélange dejalap etdescammonée (0,25 de chaque fut administré.) — Quatre cautères furent placés sur l'apophyse mastoïde, aulour de la fistule qui donnait toujours une grande quantité de pus. En juin, ces cautères s'étant cicatrisés, d'autres furent placés un peu au-dessous.
Mais tous ces moyens ne procurèrent que de bien faibles résultats : au commencement de juillet (le 5), le malade s'étant exposé à un refroidissement, la suppuration de la fistule et du conduit auditif diminua sensiblement dans l'espace d'une nuit : une céphalalgie intense, accompagnée d'un peu de délire, de fièvre et de contraclure, avec perte des mouvements du bras droit, viul tout à coup mettre en péril la vie de ce malade; appelé près de lui dans ces graves circonstances, je pratiquai immédiatement une saignée du bras, copieuse, et j'appliquai sur-le-champ quatre nouveaux cautères aulour de l'oreille, avec de la pâle de Vienne. — En même temps le calomel était administré d'après la méthode de Law :
Calomel 0,10 cent.
Sucre pulvérisé 30
Mêlez et divisez en trente paquets, une toutes les demi-heures.
Des fomentations chaudes étaient maintenues sur l'oreille. — Dès le lendemain, la céphalalgie avait diminué; la nuit avait été assez calme, à l'exception de quelques rêvasseries. — L'écoulemeni était plus abondant, les gencives commençaient à être touchées, l'haleine était mercurielle, les doses furent suspendues. — Mais la paralysie et la contraclure du bras droit existaient encore, et de plus, un trismus de la mâchoire s'y était ajouté, à ce point qu'on était obligé de faire boire le malade avec un biberon. — Le 15, ce trismus diminua et permit au malade de prendre un peu de potage. — Le 20, le trismus n'exislait plus. — Le bras reprenait également ses mouvements; plus de céphalalgie, les nuils élaienl bonnes.
Vers la fin de juillet, un abcès se montra vers la partie moyenne du sterno-mastoïdien. Je l'ouvris avec la polasse ; puis un second et un troisième, presque au-dessus de la clavicule, furent ouverts de même, et chose singulière, l'injection iodée, poussée par l'ouverture de ces abcès allait sortir d'abord par la fistule mastoïdienne, puis par le conduit auditif el quelquefois par la irompe d'Eustàche. — Enfin, pour abréger les détails, ce n'est qu après dix-huit ?nois dé ces soins /icrsévérants, que les abcès du col se sont fermés, puis la fistule mastoïdienne
s'est cicatrisée; et en dernier lieu seulement, l'écoulement s'est tari, à la suite de l'application de deux boulons de feu, à la base de l'apophyse du temporal; je dois ajouter que je n'ai jamais trouvé d'esquilles osseuses dans le pus, ou des débris d'osselets : l'ouïe est restée perdue sans retour. — 11 n'y a pas eu de rechute (1856).