‹ Traité pratique des maladies de l'utérusChapitre 125 sur 159 · I. — <- Tumeurs Iténîgnes · texte numérisé non relu

I. — <- Tumeurs Iténîgnes

Kystes pileux. — On désigne sous le nom de kystes pileux des tu meurs ovariques constituées par une poche membraneuse, renfermant des débris organiques divers, tels que des poils, des dents, des os, des amas de graisse, etc.

Les poils sont les plus communs et les plus abondants de ces débris; c'est ce qui a valu à ces sortes de kystes le nom qu'ils portent.

La structure de leur paroi offre des particularités qui ont été bien étudiées surtout par M. Lebert. Cette paroi est constituée^ selon cet auteur, par une couche fibro-cellulaire, doublée d'une tunique fibreuse qui forme un véritable kystp adventif. A l'intérieur de cette membrane on trouve souvent une coque ossiforme, qui n'est qu'une partie de la couche fibreuse ossifiée. En dedans de cette dernière couche, il y en a une troisième analogue à la peau, ayant quelquefois des papilles, des glandes sébacées, des glandes sudoripares et des follicules pileux.

Les poils que renferme le kyste sont tantôt libres, tantôt adhérents à la surface interne de la tumeur. Les poils libres sont rarement épars ; le plus souvent collés entre eux par de la matière grasse, ils forment des masses ou des espèces de pelotons, enchevêtrés parfois d'une manière inextricable, et que M. Rokitansky appelle jç'/oôes pili-g/'aisseux.

Les dents qu'on y découvre quelquefois appartiennent, en général, à la première dentition. Ordinairement leur nombre ne dépasse pas six, et l'on doit considérer comme tout à fait exceptionnels les cas oh l'on a compté jusqu'à cinquante, soixante et même cent dents. Ces dents sont tantôt libres, tantôt implantées dans un os ou dans des parties molles.

Quant aux os, ils sont généralement petits, rudimentaires, informes et diflficilement reconnaissables.

Les kystes pileux n'appartiennent pas exclusivement aux femmes pubères et à celles qui ont eu des rapports sexuels. Dans un mémoire communiqué par M. Pigné à la Société anatomique, en 1846, on lit que, sur dix-huit cas de kystes pileux analysés par cet auteur, cinq ont été trouvés chez des jeunes filles âgées de moins de douze ans, six chez des enfants de six mois à deux ans, quatre chez

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des fœtus femelles arrivés à lerme ; enfin trois chez des fœtas expulsés au huitième mois de la gestation.

Ces faits sont bien de natnre à démontrer que les kystes pileux ne doivent pas toujours être rapportés à une grossesse exlra-utérine, et qu'il faut invoquer une autre doctrine pour rendre compte de tous les cas. On admet généralement que les kystes pileux qui ne résultent pas d'une grossesse ovarienne proviennent d'une inclusion parasitaire, c'est-à-dire du développement imparfait, rudimentaire, d'un germe ou d'un embryon dans un autre embryon.

M. Lebert a proposé une autre explication. Se fondant sur la structure des parois kystiques, si analogue à celle de la peau, et sur la nature des produits renfermés dans la tumeur, cet habile anatomiste est d'avis qu'il y a génération spontanée d'une partie du tégument sur l'ovaire ou sur quelque point des organes intrapelviens. Il désigne ce phénomène sous le nom cVhétérotopie plastique. M. Lebert a développé cette théorie d'une manière très-séduisante et même il l'a appuyée sur des faits nombreux et incontestables ; néanmoins, on ne peut s'empêcher de dire avec M. Houel et de répéter avec Becquerel, « qu'on ne comprend que difficilement cette production sur place d'une membrane aussi complexe que la peau » .

Quelle que soit celle des théories qu'on adopte, il reste encore à expliquer pourquoi les kystes pileux n'ont été rencontrés jusqu'à présent que dans des fœtus femelles ou dans des cadavres de jeunes fdles. Le sexe exercerait-il une influence déterminante absolue sur • la production de l'inclusion fœtale ou de l'hétérotopie plastique? 11 y a là une question que les embryologistes n'ont pas encore résolue.

Co-rps fibreux de l'ovaire. — L'histoire de ces sortes de lésions est entourée d'obscurité. En lisant ce qu'a écrit Cruveilbier à ce sujet, on reste convaincu que les différentes variétés de tumeurs fibreuses ovariques admises par cet auteur peuvent être rapportées à des kystes aréolaires ayant subi une sorte de transformation fibreuse.

M. Scanzoni décrit une tumeur solide de l'ovaire dont la structure offre aussi très-peu d'analogie avec celle des corps fibreux utérins. En effet, cette tumeur, qui avait le volume d'une tête d'adulte et qui pesait 9 kilogrammes, était formée d'un tissu fibreux lâche, renfermant de nombreux vaisseaux, et, sur quelques points, des

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lacis veineux^ dont l'organisation était semblable à celle des corps caverneux.

Enchondromes de Vovaire. — Kiwisch, d'après M. Scanzoni, aurait observé deux fois des enchondromes de l'ovaire. Mais le professeur de Wurtzbourg n'est guère porté à partager l'avis de son collègue de Prague sur la nature chondroïde de ces tumeurs. C'est donc un point d'analoraie pathologique qui est encore à résoudre entièrement.

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