HERPÈS DE LA VULVE
Cette éruption se manifeste sous la forme d'une ou de plusieurs plaques rouges, irrégulières, parsemées de petites vésicules, ordinairement agglomérées, et contenant un liquide, d'abord clair, puis trouble et opaque. Au bout de six ou huit jours, ces vésicules se rompent et laissent écouler l'humeur qu'elles renferment, ou bien elles se dessèchent sans s'ouvrir. Elles sont remplacées par des croûtes peu épaisses d'une teinte variable, qui se détachent bientôt, laissant après elles, soit des excoriations superficielles, soit simplement des taches rouges légèrement déprimées.
Tantôt la rougeur disparaît graduellement; tantôt une nouvelle éruption se développe sur le môme point en suivant les mêmes phases.
La formation des yésictdes herpétiques s'accompagne d'élancé-'
ments douloureux très-vifs, d'un sentiment de chaleur et de cuisson ou d'une démangeaison plus ou moins importune. Ces phénomènes, dont le maximum d'intensité coïncide avec le développement de l'éruption, diminuent et s'éteignent avec elle.
Le bord des grandes lèvres est le siège le plus habituel de l'herpès vulvaire.
Cette éruption se montre, comme l'herpès en général, sous l'iniluence de la diathèse herpétique. On le voit aussi apparaître comme phénomène critique de certaines affections fébriles, de la même manière que l'herpès labialis. D'autres fois il précède et annonce, chez certaines femmes, l'écoulement périodique des menstrues. Il peut être produit ou entretenu par le défaut de propreté, le contact prolongé ou souvent répété de l'urine et des matières irritantes qui s'écoulent quelquefois par la vulve.
Les caractères bénins des vésicules, leurs formes^ leur transparence, la marche rapide de l'éruption, la démangeaison ou les douleurs dont elle s'accompagne, tous ces signes, joints aux commémoratifs, ne permettent pas à un observateur attentif ou exercé de confondre l'herpès avec une éruption syphilitique de la vulve.
L'herpès vulvaire non diathésique guérit toujours spontanément. Afin de modérer l'éruption et de calmer les cuissons, on a recours aux lotions émollientes et narcotiques, aux applications de cataplasmes de fécule, aux lavages avec de l'eau fraîche, etc. Pendant la période de dessiccation on peut employer utilement la poudre de riz, d'amidon ou de lycopode. Il est superflu d'ajouter que les soins de propreté sont de rigueur.
Au traitement local il convient d'associer le plus souvent l'usage des boissons délayantes^ des laxatifs, et un régime doux; ou l'emploi de la médication antiherpétique, si l'herpès vulvaire se rattache manifestement à une diathèse.
ARTICLE III