‹ Traité pratique des maladies de l'utérusChapitre 22 sur 159 · ACNÉ DE LA VULVE · texte numérisé non relu

ACNÉ DE LA VULVE

Il arrive assez souvent que les glandes sébacées qui existent en grand nombre autour de l'orifice vulvaire s'enflamment, s'hypertrophient, et sécrètent une quantité anormale d'un sébum épais et consistant. Il en résulte autant de saillies papuleuses présentant les caractères ordinaires de rrtc/îe .sn??;)/?^".

Cette éruption, quand elle n'est pas conflucntc, n'occasionne aucune incommodité de nature à appeler l'attention des femmes qui en sont atteintes. Mais, dans certaines circonstances rares, elle prend un tel développement, qu'il est utile d'instituer un traitement en vue de la diminuer ou de la faire disparaître. Quelquefois, en effet, notamment à l'approche des règles et pendant toute la période menstruelle, de véritables éruptions d'acné peuvent se manifester sur la face externe des grandes lèvres, sur l'hypogastre, dans le pli génito-crural, au périnée, avec tous les caractères propres aux phlegmasies aiguës de l'appareil cutané : tuméfaction, rougeur, gêne et douleur dans la marche et dans les mouvements, etc.

Les lotions émollientes d'abord, les cataplasmes de fécule ou d'amidon, pendant la période aiguë ; puis les lotions aromatiques ou astringentes, fréquemment répétées, surtout dans l'intervalle des recrudescences ou lorsque l'acné tend à passer à l'état chronique : tels sont les moyens auxquels on doit avoir recours si l'acné simplex delà vulve paraît n'être qu'un accident purement local. Mais s'il se rattache à une mauvaise disposition générale, à la diathèse strumeuse, par exemple, il faut employer intus et extra les médications usitées en pareil cas, les agents modificateurs, tels que les préparations amères, iodées, sulfureuses, l'huile de foie de morue, etc.

Une forme d'acné de la vulve plus grave et plus opiniâtre que la précédente est celle qui a été décrite par M. Huguier sous le nom (Vecdermoptosis des follicules vulvaires, et qui semble appartenir à la variété désignée par M. Bazin sous l'épithète de varioli forme.

Cette acné se montre, généralement, en éruption plus nombreuse, plus confluente que la précédente. Les boutons, au lieu de se présenter sous l'aspect de papules acuminées, comme dans l'acne sim- ( plex. offrent l'apparence des vésico-pustules de la varioloïde; leur base est rouge et indurée, leur sommet blanchâtre ou rosé, légèrement ombiliqué et constitué par une pellicule épidermique laissant voir par transparence la matière sécrétée. Celle-ci n'est point du sébum pur, comme dans Tacne simplex. M. Hardy y a constaté la présence de corpuscules graisseux, de cellules épidermiques et d'une sorte de production cryptogamique à l'état de sporule.

Il faut avoir soin de ne pas confondre l'acné varioliforme avec une éruption variolique. Les principaux signes distinctifs sont fournis par l'état général, le siège de l'éruption, sa marche et sa terminaison.

Les phénomènes d'invasion^, la fièvre, les douleurs lombaires, la céphalalgie, les vomissements, etc., par lesquels s'annonce la variole ou la varioloïde, manquent toujours dans l'acné varioliforme. L'éruption variolique n'a aucun siège de prédilection ; elle se manifeste indifFéremment sur toutes les régions du corps, tandis que l'acné varioliforme n'apparaît qu'à la face et aux parties génitales chez la femme. La marche de la variole et de la varioloïde est essentiellement aiguë; celle de l'acné varioliforme est essentiellement chronique. Les éruptions varioliques se terminent par rupture de la pustule ou de la vésico-pustule, suppuration, dessiccation, formation d'une croûte, ulcération, etc.; rien de semblable dans l'acné varioliforme, qui ne laisse jamais après elle ni ulcération, ni cicatrice.

L'acné varioliforme est une des manifestations de la diathèse scrofuleuse. Il faut donc la combattre surtout par des médications générales appropriées, et dont nous n'avons pas à répéter ici l'énumération.

Localement MM. Bazin et Hardy conseillent les lotions et les pommades alcalines, l'huile de cade, etc.

M. Huguier, considérant ces moyens comme insuffisants et illusoires, a recours à l'excision des boutons. Il faut avoir le soin de la pratiquer très-superficielle, de manière à n'enlever que la portion d'épiderme qui emprisoimele liquide sécrété.

ARTICLE IV

Page 1