‹ Traité pratique des maladies de l'utérusChapitre 96 sur 159 · C. Moyens mécaniques intra-utérins. — En VUC de Combattre · texte numérisé non relu

C. Moyens mécaniques intra-utérins. — En VUC de Combattre

plus spécialement les déviations utérines, quelques praticiens ont songé à agir directement sur la longueur de la matrice et à la maintenir fixée dans son axe normal à l'aide d'instruments spéciaux. Ainsi que nous l'avons déjà dit dans nos considérations historiques, l'idée mère de cette méthode appartient à Velpeau, et les premières applications en ont été tentées surtout par Amussat. Rendre à l'utérus sa rectitude, lui restituer son axe normal au moyen d'une tige rigide, introduite et laissée à demeure dans la cavité de l'organe, tel est le principe fondamental de la méthode dite du redressement.

Divers instruments ont été inventés dans le but de satisfaire à celte indication, par MM. Simpson, Kiwisch, Mayer> Yalleix et Detschy.

Le redresseur de Simpson consiste en une boule métallique creuse, elliptique, de la grosseur d'un œuf de pigeon, surmontée d'une tige mince de 5 à 6 centimètres de hauteur. Cette tige s'introduit dans la cavité utérine ; elle est quelquefois formée de deux métaux (cuivre

DIFFORMITES ET MALADIES DE L UTERUS.

et zinc) ajustés bouta bout, pourproduire un dégagement d'électricité. La boule reste dans le vagin; elle est percée inférieureraent d'un trou pour recevoir une tige à manche servant à l'introduction de l'instrument (fig. 48).

FiG. A8,

Le redresseur de Riwisch se compose d'une tige flexible, dont l'extrémité supérieure est divisée en deux branches qui peuvent s'écarter l'une de l'autre au moyen d'une chaînette et d'un pelit écrou (fig. 49).

Fig. Ii9.

Le redresseur de Valleix est formé d'une tige en ivoire, tige interne que supporte une petite boule en caoutchouc et à air destinée à servir d'appui au col ulérin. A cette boule s'articule, d'autre part, un petit levier métallique, tige vaginale, traversant le vagin dans son axe longitudinal. A l'extérieur de la vulve la tige vaginale s'adapte ^ à un petit plastron métallique que des lanières fixent au-dessus du pubis (fig. 50).

Dans le redresseur de Detschy, la tige intra-utérine, au lieu d'être soutenue par une boule, comme dans les redresseurs de Simpson et de Valleix, est supportée par deux valves perforées semblables à celles de l'hystérophore de Zwanck (fig. 51).

Dans notre historique général (p. 21), nous avons dit quels avaient été les espérances et les déceptions, les succès et les revers de la méthode du redressement; nous avons rappelé la discussion qu'elle avait soulevée au sein de l'Académie de médecine, et le juge-

GÉNÉRALITÉS SUR LES LÉSIONS MÉCANIQUES DE l'uTÉR'uS. 555

ment porté surelle par ce corps savant. Malgré notre déférence pour les décisions académiques, nous croyons que les conclusions définitivement adoptées étaient empreintes d'un excès d'indulgence et ne

FiG. 50.

condamnaient pas d'une manière assez formelle un mode de traitement généralement reconnu dangereux.

FiG, 51.

A nos yeux, l'expérience avait prononcé depuis longtemps. Tous

556 DIFFORMITÉS ET MALADIES DE l'uTÉRUS.

les cas que nous avions observes condamnaient les redresseurs et les pessaires intra-utérins. Les faits recueillis par un de nos collègues d'Allemagne, les plus versés dans l'étude de la pathologie utérine, n'ont pas été plus favorables à la méthode de MM. Simpson, Riwischet Valleix. «D'après ce que nous avons observé, dit M. Scanzoni (p. 88), nous ne saurions donner notre approbation à ces instruments. Leur emploi est, selon nous, dangereux, sans résultat aucun, et, de plus, dans bien des cas et dans certaines circonstances, impraticable et tout à fait impossible. »

Ces paroles de M. Scanzoni nous paraissent très-bien exprimer le sentiment de la généralité des médecins sur la méthode du redressement utérin. L'appel que l'Académie avait fait à l'expérience ultérieure a donc été entendu ; l'avenir a prononcé. Les redresseurs et les pessaires intra-utérins doivent être, selon nous, entièrement proscrits de la pratique, comme des moyens toujours inefficaces et très-souvent périlleux.

D. Moyens niécauiqucs întra-rectaiix. — Comme nOUS l'avons

dit plus haut, M. Huguier a proposé d'introduire et de laisser à demeure dans le rectum une mèche volumineuse de charpie, dans le but de refouler en avant l'utérus dévié. Favrot a remplacé cette mèche par un pe&saire globulaire, à air, qu'il nomme réducteur. Cet instrument est en tout semblable aux pessaires de Gariel. On l'introduit vide dans le rectum jusque derrière l'utérus; puis on l'insuffle avec un réservoir d'air. Quand l'ampoule du pessaire est distendue, elle s'appuie d'une part sur la concavité du sacrum, et d'autre part elle refoule en avant la paroi rectale antérieure et les cloisons rectovaginale et recto-utérine ; elle agit ainsi, d'une manière médiate, sur la matrice qu'elle redresse. Nous reviendrons sur ce sujet en parlant des versions de l'utérus. Mais nous pouvons dire, dès maintenant, que ce mode de traitement inspire de la répugnance aux malades, est mal supporté par celles qui consentent à y recourir et ne produit aucun résultat efficace.

Du isïotïe d'acitîon des mo;^ens méeaMÎques. — Comme noUS

l'avons déjà dit plus haut, tous les moyens mécaniques, applicables aux déplacements et aux déviations de l'utérus, agissent surtout en soutenant la matrice, en lui fournissant un point d'appui, en l'immobilisant. Les meilleurs instruments sont donc, en général, ceux qui remplissent ce but, sans fatiguer les organes^ sans irriter les

GÉNÉRALITÉS SUR LES LÉSIONS MÉCANIQUES DE l'uTÉRUS. 557

lissus, sans déterminer les accidents graves auxquels exposent plus ou moins tous les corps étrangers au contact des tissus vivants.

On doit, par conséquent, choisir de préférence, ainsi que nous l'avons recommandé, les pessaires qui compriment mollement les organes et dont on peut à volonté accroître ou diminuer le volume.

MaiSj dans la grande majorité des cas, des instruments plus simples encore, la ceinture hypogastrique et la pelote périnéale, suffisent à remplir les indications que nous venons de poser et dont la principale consiste, avons-nous dit, à immobiliser la matrice. Nous n'employons les instruments intra-vaginaux que lorsque l'insuffisance de ces deux derniers appareils est pour nous clairement démontrée.

Toutefois, avant de recourir aux procédés mécaniques, il est utile de s'assurer s'ils peuvent être bien supportés, de préciser le sens dans lequel ils doivent agir et le lieu où il convient de les appliquer.

Afin de rendre cette détermination plus facile, nous avons cherché un moyen qui pût servir, en quelque sorte, de pierre de touche, et guider dans le choix et dans l'application du procédé le plus convenable.

Dans ce but, nous recommandons à la malade de comprimer et de soutenir avec ses mains : !<* la paroi hypogastrique, immédiatement au-dessus du pubis; 2° le plancher périnéal ; 3° simultanément ces deux régions. Si la malade est soulagée par la pression et le refoulement de l'hypogastre, nous prescrivons une ceinture hypogastrique; si cette manœuvre, au contraire, ne calme point les douleurs ou si elle les exaspère, et que la pression et le refoulement du périnée les soulagent ou les dissipent, nous prescrivons une pelote périnéale ; enfin nous faisons porter un appareil, comprenant à la fois une ceinture hypogastrique et une pelote périnéale, aux malades qui éprouvent du soulagement par la pression exercée simultanément sur le bas-ventre et sur la région du périnée,

558 DIFFORMITÉS Eï MALADIES DE l'UTÉUUS,

Page 1