IV. DIAGNOSTIC GÉNÉRAL DES MALADIES DE LA PEAU
Il y a deux manières d’établir le diagnostic d’une maladie de la peau : ou par la forme anatomico-pathologigue primitive de la maladie, ou par ses productions morbid es secondaires . La première méthode est sûre, non sujette à erreur; elle pose un diagnostic à l’abri de toute méprise. Mais malheureusement la forme anatomico pathologique de la maladie est trop souvent éphémère; elle n’a parfois que quelques heures de durée, et comme le médecin n’est généralement pas consulté au début de l’affection, mais bien après plusieurs semaines, plusieurs mois, le phénomène primitif a disparu pour faire place à un produit de sécrétion permanent. Ainsi Y eczéma, Y eczéma impétigineux, Y impétigo, les variétés d 'herpès, le rupia , Yecthyma cachecticum , Yecthgma et bien d’autres affections, sont dans ce cas. Cependant les maladies que je viens de citer sont les plus communes. Ainsi, pour les variétés d'eczéma, les vésicules
PATHOLOGIE GÉNÉRALE
primitives sont remplacées par un état de la peau criblée de petites ouvertures d’où transpire, sous forme de pluie, de la sérosité jaune et limpide. Dans Y impétigo, dès le troisième ou le quatrième jour, ce n’est plus qu’une croûte purulente que représentent les nombreuses pustules confluentes de cette maladie. Dans le rupia et dans Vecthyma cachecticum , ce sont des croûtes noirâtres d’aspect gangréneux qui remplacent des vésicules ou bulles primitives qui ne durent que quelques jours, et ainsi de suite. De sorte qu’en regardant comme une source d’appréciation fort exacte, et comme donnant au diagnostic quelque chose de très positif, l’élément morbide, si le médecin n’a pour donnée que cet élément, il lui fera le plus souvent défaut.
C’est parce que j’ai été frappé de ce fait que j’ai cherché à trouver une méthode de diagnostic basée sur les produits morbides secondaires ; voie dans laquelle Alibert était déjà entré en partie dans sa première classification, en fondant sur eux quelques-uns de ses groupes. Cette donnée a un très grand avantage, car le produit morbide est permanent tant que la maladie existe ; si des onctions, des pommades, l’ont fait disparaître, il suffit d’abandonner la maladie à elle-même sans application d’aucun topique pendant quelques jours, pour voir reparaître la sécrétion qui lui est propre. D’ailleurs, dans les cas les plus difficiles et dans l’incertitude entre deux ou trois affections, rien n’empêche de se rattacher en second lieu à l’élément anatomieo-pathologique ; mais par ma méthode, qui est disposée par voie d’exclusion , ou l’on arrive de suite et du premier coup à diagnostiquer l’affection, ou l’on est amené à un groupe de deux ou trois maladies que des circonstances de localité, de siège, de disposition générale, permettent de distinguer facilement. Depuis neuf ans, au moins, elle est soumise à l’appréciation des élèves qui suivent ma clinique à l’hôpital ; je lui ai donné la publicité des journaux; et j’ai toujours vu un tel empressement à l’adopter, qu’elle doit avoir des avantages sur celle donnée par Willan; la méthode de Willan étant plutôt une classification qu’une méthode de diagnostic.
Je divise les maladies en deux grandes classes: maladies sécrétantes, maladies non sécrétantes. Rien de plus facile à résoudre que