‹ Traité pratique des maladies de la peauChapitre 16 sur 69 · V. Médications composées ou mixtes · texte numérisé non relu

V. Médications composées ou mixtes

Je désigne sous ce nom des médications dans lesquelles je fais entrer plusieurs éléments médicamenteux qui tous concourent à un but commun, tout en agissant isolément, en raison de leur nature propre. Les anciens faisaient grand cas de ces mélanges, mais ils en ont porté l’emploi jusqu’à l’abus ; et comme la chimie n’était pas encore à l’état de science, ils associaient des substances qui, par leur combinaison, changeaient de nature et devenaient le plus souvent inertes. Il est vrai de dire que les anciens, qui avaient une grande confiance dans les mixtures ou mélanges de médicaments tirés du règne végétal, n’ont eu le plus souvent d’inconvénients réels de ces associations que par le nombre des agents employés avec lesquels ils formulaient desapozèmes, des électuaires, etc.

L’école de Broussais, enposantles bases d’une médecine nouvelle, contribua puissamment à détruire l’art ancien de formuler. Cette école a eu son temps ; comme elle avait fait table rase, on a cru devoir réédifier la médecine et la faire reposer sur la statistique, en ne tenant aucun compte des observations recueillies dans les siècles passés. Bientôt aussi il a fallu refaire la thérapeutique, et l’on est ainsi arrivé à un excès opposé en expérimentant les agents médicamenteux les uns après les autres, et en repoussant leur administration simultanée. L’art de formuler est alors tombé dans l’oubli le plus complet. Depuis quelques années seulement les médecins reviennent à des formules un peu plus composées; malgré les progrès de la chimie, ils retombent parfois encore aujourd’hui dans les fautes reprochées aux anciens, car il n’est pas rare de trouver dans nos formulaires bon nombre de substances qui sont alliées entre elles et qui se décomposent.

Quoi qu’il en soit, la tendance du jour est aux médications com-

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