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SAISON FAVORABLE A LA CURABILITÉ DES MALADIES DE LA PEAU

nen! dans une saison où les fonctions naturelles delà peau tendent à décroître par le refroidissement de plus en plus marqué de l’atmosphère, ce qui contribue à perpétuer ces maladies plutôt que de concourir à leur guérison, comme cela a lieu en été.

Il suit de là que si une maladie de peau se développe au printemps et qu’elle prenne la forme chronique, le médecin remet au printemps suivant pour appeler les avis d’hommes plus exercés dans la pratique de ces affections. Que si la maladie se montre en automne, le médecin n’espère pas la guérir à cette époque de l’année ; il remet au printemps à la traiter radicalement, et s’il échoue alors, voilà le malade renvoyé à l’année suivante. Il faut avoir comme nous des rapports journaliers avec les praticiens, pour apprécier la justesse de ces observations, et c’est ainsi que le médecin rend sa tache plus difficile.

Pour détruire cette manière de voir si fausse, il faut chercher à faire comprendre que le malade est placé dans de bien meilleures conditions au point de vue thérapeutique en hiver qu’en été; c’est ce que nous allons essayer de prouver.

La grande généralité des maladies de la peau provient de ce que ce tissu accomplit imparfaitement ses fonctions, de ce qu’elle ne sécrète pas, de ce que l’on ne fait pas assez généralement usage de bains. La peau devient sèche, il s’y montre çà et là des démangeaisons, le malade se livre à des frottements, à des grattages; les mêmes sensations, les mêmes besoins se reproduisent à des intervalles plus ou moins rapprochés, et bientôt un lichen, un eczéma se montrent, la cause prédisposante existant d’ailleurs chez l’individu qui va en être affecté. Mais si le même sujet avait observé une hygiène de la peau bien entendue, il aurait peut-être pu éviter la manifestation de l’éruption. Cela est si vrai, que bon nombre de maladies de la peau qui apparaissent en hiver se guérissent en été sous le seul bénéfice d’une transpiration développée et entretenue par la saison. C’est ce que l’on remarque pour beaucoup de psoriasis. Le malade en est atteint en automne et en hiver ; tout cesse en été.

La conséquence a déduire de ce fait, qui ne peut être révoqué en doute, c’est que si en hiver, la peau étant malade, on la fait fonc-

tionner d’autant plus que la température est plus basse, et ce au moyen des bains sulfureux, des bains de vapeur, des bains russes, on produira un résultat d’autant plus puissant qu’à cette époque de l’année la peau ne sécrète pas.

Le résultat d’une grande sudation en été, c’est un excès de sensibilité de la peau. A cette époque de l’année, ce tissu est plus impressionnable, plus excitable ; le moindre résolutif peut devenir stimulant pour elle. En hiver, au contraire, la peau, ferme, moins irritable, supporte une application de moyens externes bien plus variés sans s’irriter, et par conséquent le médecin trouve à sa disposition plus d’agents externes en hiver, et il peut les employer d’une manière plus soutenue qu’en été; de là de nombreuses ressources.

Ceci s’applique non-seulement à la partie malade, mais encore aux organes internes vers lesquels on a besoin de diriger une thérapeutique d’ensemble. En été, les fonctions digestives s’accomplissent moins bien qu’en hiver ; nous ne pouvons pas user d’autant d’aliments, nous les digérons plus difficilement. En fait de médicaments, toutes les tisanes sont lourdes pour l’estomac, beaucoup d’agents actifs ne peuvent pas être tolérés. En hiver, au contraire, l’appétit est plus complet, l’estomac supporte les spiritueux, les toniques, les amers, sans troubles fonctionnels ; cette condition du tube digestif est très favorable à l’administration de nos médicaments héroïques dans les traitements des maladies de la peau, les sulfureux, les amers, les arsenicaux, les antimoniaux.

Notez que nous pouvons exercer fréquemment des dérivations sur le canal intestinal en hiver, tandis qu’en été les purgations sont beaucoup plus difficilement supportées.

Ainsi, en résumé, d’une part, nous plaçons la peau dans des conditions bien plus favorables à la guérison ; d’une autre part, nous pouvons user, et à l’égard de la partie malade, et à l’égard de l’économie, de tous nos moyens thérapeutiques sans restriction aucune, ce que nous ne pouvons pas faire en été. La seule ressource que nous ayons dans cette saison et que nous n’avons pas en hiver, ce sont les eaux minérales. Loin de moi la pensée d’en nier l’elficacité, je suis le premier à en conseiller l’usage; mais on verra dans le

cours de cet ouvrage que les eaux minérales sont prescrites d’une manière presque banale et qu’elles sont loin de rendre les services qu’on leur attribue. C’est pour le médecin une grande ressource par rapport à une maladie vis-à-vis de laquelle il a échoué, mais pour le malade c’est quelquefois une déception.

Une classification n’a pas d’autre but que d’arranger, de grouper méthodiquement les maladies de manière à constituer un cadre dont l’esprit puisse saisir l’ensemble, afin d’en faire une étude méthodique. Les divers auteurs qui se sont occupés de classification des maladies de la peau ont cherché un point de départ, une idée, un fait qui pût en dominer l’arrangement. Ainsi les uns ont invoqué la causalité de ces maladies, les autres les formes morbides pathologiques , quelques-uns les produits de sécrétion , d’autres le siège anatomique, etc. Malheureusement les maladies en général se plient peu à toutes ces distinctions; il en résulte que pour la peau, comme pour les autres tissus de l’économie, il ne saurait exister une classification à l’abri de reproches. C’est assez dire que nous n’attachons pas d’autre importance à leur valeur relative, et que celle qui se prêtera le mieux à l’étude, en même temps qu’elle conduira à quelques conséquences pratiques, sera celle à laquelle nous donnerons toujours la préférence.

Les classifications sont de date récente. Jusqu’à Plenck, qui publia en 1776 son traité intitulé : Doctrina de morbis cutaneis , qua hî in suas classes , généra et species rediguntur (Vienne, ibid. , 1 783, in-8°, Lovani, 1796), on avait décrit les affections cutanées sans ordre, sans méthode, ou, à l’instar de Lorry, on les avait envisagées surtout d’une manière générale.

Plenck eut le premier l’idée de rapprocher les maladies d’après les analogies qui existaient entre leurs formes élémentaires morbides ; aussi est-ce à tort que l’on attribue à Willan la classification plus particulièrement accréditée aujourd’hui, sous le nom de classification anatomique , classification qui, pour le dire en passant, n’est pas anatomique, mais bien anatomo-pathologique, puisque ce ne sont

pas les éléments anatomiques connus qui forment la base des divisions de maladies, mais des éléments qui nous sont encore inconnus, ce qui donne lieu à des formes morbides d’anatomie pathologique, comme toutes les productions morbides variées que nous voyons surgir dans les maladies des divers organes. Plenek a eu le seul tort de multiplier ses classes de maladies en regardant comme des formes élémentaires ce qui n’était que des produits secondaires de la même affection, en sorte qu’il a reproduit dans deux classes différentes les mêmes maladies cutanées. Mais l’idée mère de la classification lui appartient tout entière, et il suffit de rapprocher ses divisions de celles deWillanqui publia sa classification en 1798, c’est-àdire vingt-deux ans après la première et deux ans après la dernière édition de l’ouvrage de Plenek, pour voir qu’il y a identité parfaite.

Plenek admettait quatorze classes de maladies cutanées :

1° Maculœ ; T pustulœ ; 3° vesiculœ ; 6° bullœ ; 5° papulœ ; 6° crustœ ; 7° squarnœ; 8° callositates ; 9° eoccrescentiœ cutaneœ ; 10° ulcerea cutanea ; 11° vulnera cutanea ; 12° insecta cutanea ; 13° morbi unguium .

Willan ( Description and treatment of cutaneous diseuses , in-6°, London, 1798) range les maladies de la peau en huit classes: 1° exanthèmes ; 2° vésicules; 3° bulles; 6° pustules; 5° papules; 6° squames ; 7° tubercules ; 8° macules. Ces divisions se trouvent dans les classes de Plenek, à part celle des exanthèmes ; c’est donc la même idée mère, c’est la même classification, moins complète d’une part, mais plus exacte de l'autre.

Loin de moi la pensée de chercher à porter la moindre atteinte au mérite de l’auteur anglais ; je ne veux que rendre à Plenek ce qui lui appartient. L’idée mère d’une classification est une découverte trop importante pour qu’elle ne reste pas à toujours à son auteur. Il n’y a dans la classification de Willan qu’une perfection par suite d’observations et de recherches plus minutieuses ; il y a dans la classification de Plenek une idée, et une observation d’autant plus difficile, qu’elle avait été faite en premier.

Nous donnons ici un tableau des maladies cutanées que nous avons rangées d’après la classification de Willan, mais que nous avons augmenté et complété.

CLASSIFICATION des maladies de la peau.

CLASSIFICATION DE WILLAN , modifiée.

Exanthémateuses.

Erythème.

Roséole.

Urticaire.

Vésiculeuses.

Eczéma.

Herpès,

Gale.

Rupia.

Bulleuses.

Pemphigus.

Pustuleuses .

Impétigo.

Acné.

Eethyma.

Sycosis pustuleux.

Gale.

Papuleuses.

Strophulus.

Lichen.

Prurigo.

Tuberculeuses.

Lupus.

Sycosis tuberculeux.

Lèpre tuberculeuse.

Frambœsia.

Molluscum.

Squameuses.

Pityriasis.

Psoriasis.

Lèpre vulgaire.

Iduhyose.

Pellagre.

Hémateuses.

Purpura.

I Hémorrhagie.

Scorbut.

Chromateuses.

Pityriasis versicolor.

Pityriasis nigra,

Acromie.

Cancéreuses.

Cancer.

Kéloïde.

Végétantes.

Favus.

Herpès tonsurant.

Porrigo decalvans.

| Corps étrangers animés.

Acarus.

Pediculus.

Pulex.

Corps étrangers inanimés.

Productions cornées.

Maladies de la peau et du tissu

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