‹ Traité pratique des maladies de la peauChapitre 65 sur 69 · PLANCHE III · texte numérisé non relu

PLANCHE III

Fig. 1, 2, 3.

Les figures 1, 2 et 3 représentent des affections à forme papuleuse. Dans la figure première, c’est le lichen simplèx ; on y voit disséminées vers la longueur d’un avant-bras, sans ordre, sans méthode , des papules par groupes, toutes cependant isolées les unes des autres. Elles ont été le siège de grattages, et cependant elles ne sont pas excoriées et sanguinolentes comme dans la figure 3, qui donnent l’image d’un prurigo. Elles sont plus ou moins rosées, plus ou moins vives et inflammatoires. S’il y a eu quelques sécrétions par les grattages, c’est une sérosité qui s’est concrétée en petites écailles adhérentes. Les papules de la figure 2 sont, au contraire, volumineuses, excoriées, quelquefois suppurantes; ce sont des papules de lichen agrius, dont le siège le plus commun est à la cuisse, et qui se dispose ordinairement sous forme de rubans; on voit deux bandes de ce genre qui traversent obliquement la portion de cuisse qui se trouve représentée.

EXPLICATION DES PLANCHES

Quant au prurigo, il donne d’abord l’aspect de cette peau foncée, sur laquelle siège ordinairement la maladie. En second lieu, une série de petites papules, très superficielles, qui sont toutes excoriées, et qui toutes ont donné lieu à un petit suintement sanguinolent, qui s’est concrété sous forme de croûtes sanguines. Dans le prurigo pédiculaire, les papules sont plus saillantes et moins sanguines; elles fournissent de la sérosité; elles sont accompagnées de traînées d’excoriations allongées, et leur siège est au moins autant sur la poitrine que sur le dos.

Fig. h-

C’est la représentation du pityriasis versicolor que donne la planche IV, non pas sous le rapport de l’étendue, mais comme physionomie des taches qui peuvent avoir une surface plus ou moins considérable. On voit que l'affection est toute superficielle; que c’est une simple coloration de la peau avec quelques légers furfures ; il n’y a rien de comparable à cette maladie ; aussi est-elle facile à distinguer de toutes les autres. L ^pityriasis nigra est beaucoup plus foncé.

Fig. 5.

Cette plaque de teigne, espèce de. favus lupinosa, a été prise sur la tête d’un ancien teigneux, auquel la maladie a déjà fait perdre un grand nombre de cheveux. L’affection est en traitement; la peau était rentrée dans des conditions naturelles, quant à l’aspect. Le traitement a été interrompu pour laisser reparaître la teigne avec ses éléments morbides les plus jeunes, afin qu’ils fussent mieux représentés et mieux compris. Toute cette plaque dessine le cuir chevelu , une portion a été complètement dénudée. Il n’y est resté que quelques cheveux; et c’est là où les cheveux restent que la maladie a reparu. D’ailleurs, telle a été la durée de cette affection abandonnée à elle-même sans traitement, que l’autre partie de la peau n’a plus que des cheveux rares et altérés. Ils sont tous frisés, amincis, amaigris, et évidemment atrophiés et malades. — On peut voir sous quelques-uns d’entre eux la petite capsule du mycoderme parfaitement arrondie, non encore ouverte, et au centre de laquelle se trouve le cheveu; puis cette poche ouverte, allant en s’élargissant de plus en plus, au fur et à mesure que les bords se renversent en dedans pour prendre la forme d’un godet, dans l’état ou la maladie se présente au médecin. Tous ces godets sont uniformes, se touchent, se confondent pour donner naisance à une plaque; mais à la circonférence de cette plaque, on distingue très bien la forme des godets. Nous n’avons pas reproduit de favus scutulala; ce n’est, en effet, qu’une série de godets généralement isolés, du double ou du triple de ceux du favus lupinosa.

EXPLICATION DES PLANCHES

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