DES FORMES QUE HE VETENT LES MALADIES CUTANÉES
les vésicules ne sont pas ou sont à peine appréciables à l'œil nu, eczéma, eczéma impétigineux, herpès circiné , nummulaire, herpès longitudinal, herpès iris, gale canine ; maladies huileuses, celles dans lesquelles les vésicules sont très appréciables à la vue et peuvent même acquérir le volume d'une forte ampoule, zona, herpès phlycténoïde, gale aqueuse, rupia, pemphigus.
Dans une troisième classe se trouvent rangées les maladies pustuleuses; mais qu'est-ce qu'une pustule? Au premier abord cette question parait oiseuse, et cependant on va bientôt juger de son importance. Il y a toujours dans une pustule un engorgement et une vésicule purulente qui le termine; mais le diagnostic des affections pustuleuses est entièrement basé sur le volume de la pustule et sur le volume relatif de la vésicule purulente et de l'engorgement. Entrons donc dans quelques détails à cet égard . Disons tout de suite que ce groupe comprend cinq affections, impétigo, ecthyma, acné, sycosis pustuleux, gale pustuleuse. Dans l'impétigo, dans l'ecthyma et la gale, la pustule est formée dans ses neuf dixièmes par une vésicule purulente; l'inverse a lieu pour l'acné et le sycosis pustuleux: de sorte que dans les trois premières affections la pustule n'est appréciée pustule que parce que tout d'abord la vésicule contient du pus. Et en effet le zona ou l'herpès phlycténoïde arrivés à l'état purulent pourraient, jusqu a un certain point, être comparés aux pustules à' impétigo et iïecthyma, quant à l'aspect et au peu d'engorgement des pustules de ces dernières affections. Dans Vimpétigo, la pustule est très petite, un grain de millet à un grain de chènevis. Dans l'ecthyma, la plus petite pustule a le volume d'une petite lentille, et de plus cette pustule est ombiliquée avec un point noir central comme dans la variole. Quant à l'engorgement, à voir ces deux maladies, on dirait qu'il n'existe pas; le volume de la pustule d'une part, k point noir central et ombiliqué d'une autre part, distinguent donc facilement les deux affections entre elles. La gale pustuleuse se rapproche à la fois de l'ecthyma et aussi de l'impétigo, mais plus souvent de l'ecthyma; le siège des pustules
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aux mains, les sillons qui les accompagnent le long des doigts, servent à faire reconnaître cette maladie des deux autres. L'état inverse des pustules se fait remarquer dans l'acné et le sycosis pustuleux. Ici c'est l'engorgement qui domine dans la pustule, de telle sorte que les sept dixièmes de la pustule sont formés par cet engorgement, tandis que le reste comprend la vésicule puridente qui termine la pustule. Le volume de la pustule sert ensuite à distinguer l'acné du sycosis pustuleux; il est très petit dans le premier cas, comparativement au second; le siège de la maladie n'est d'ailleurs plus le même, non plus que l'isolement ou la confluence des pustules.
Que doit-on entendre par papule? Ce mot pourrait être synonyme de bouton sans pus ; c'est un petit engorgement inflammatoire à forme pyramidale dans quelques cas, arrondi dans d'autres, mais qui n'a ni vésicule séreuse ni vésicule purulente. La disposition conique des papules l'a fait assimiler aux papilles de la peau ; quelques personnes pensent même que ce sont les papilles de la peau à l'état inflammatoire. C'est là une erreur grossière : ni dans le. lichen, ni dans le prurigo, ni dans le strophulus, ni dans les syphilides populeuses que comporte cette catégorie de maladies, il n'y a de papules malades et hypertrophiées. Ce qui le prouve, ce sont les considérations suivantes.
Les papilles de la peau sont disposées par paires et en lignes courbes, dans un ordre parfaitement symétrique, quel que soit le point de la peau où on les observe. Rien ne peint mieux cette disposition que l'état communément désigné sous le nom de chair de poule : or quelle que soit l'espèce d'affection papuleuse, elle n'est jamais symétrique que dans un seul cas, celui de syphilide où les papules sont disposées sous la forme de lignes courbes elliptiques ; mais il y a alors si peu de ressemblance entre la papule morbide et la papille, qu'il est impossible de les assimiler entre elles. D'ailleurs celte ligne courbe peut se présenter dans tôùtes les directions, dans la longueur comme dans la largeur, des membres, et rien de semblable ne se montre dans la disposition des papilles. Dans le lichen rien de