MÉDICATION MODIFICATRICE
voir à l'hôpital des exemples de leurs bons effets chez des maladrs qui portaient depuis longtemps sur le dos de la main une plaque de lichen rebelle à tous les traitements; la surface, après une suppuration de quelques jours, redevient lisse, et il ne reste sur les bords que quelques papules qui cèdent à une nouvelle application de pommade épispastique. Cette pommade ne doit être employée que sur des surfaces malades peu étendues et qui ont résisté à l'emploi d'autres moyens.
Enfin, il est des modificateurs d'une grande activité que j'applique surtout aux formes tuberculeuses des maladies cutanées ; les pommades ne suffisent pas, en effet, pour résoudre les engorgements tuberculeux. Les agents dont il s'agit sont à la fois caustiques et modificateurs. Plusieurs composés chimiques jouissent de ces propriétés; celui que je préfère, c'ést le «Mastique de Canquoin, chlorure de zinc cristallisé. Ce chlorure, dissous dans l'eau, est peu actif; mais si on laisse ouvert le flacon qui le renferme, il absorbe peu à peu l'humidité de l'air, devient déliquescent, et c'est alors un excellent caustique. On fait une pâte avec le chlorure de zinc ainsi liquéfié et de la farine de froment de première qualité (la farine de qualité inférieure s'allie assez mal avec le chlorure de zinc pour que ce sel puisse être un moyen de reconnaître la farine èe honne qualité] ; on applique cette pâte sur la surface malade. On la préparera plus ou moins molle, suivant qu'on voudra obtenir nue cautérisation et une modification plus ou moins profondes. On pourra même quelquefois employer le chlorure pur. Le contact de cette pâte développe autour de la partie Cautérisée une irritation érythémateuse assez intense, mais qui est passagère, car au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures l'inflammation tombe, et il reste une croûte sèche, non suppurante. Les avantages de ce caustique sont donc de ne pas amener de suppuration, mais bien une croûte qui se serbe et tombe au bout de quinze jours sans laisser au-dessous d'elle la moindTe trace de cicatrice, pourvu que le malade n'y fotrcîie pas avant sa chute. 11 faut, en outre, que le mélange soil l'ail
par l'opérateur lui-même au moment où il veut s'en servir, car la pâte s'épaissit très vite. Si, au lieu d'une modification profonde, on voulait obtenir une action légère sur la surface malade, on passerait très superficiellement un pinceau imbibé de chlorure tombé en deliquium.