‹ Traité pratique des maladies de la peau [electronic resource] (volume 2)Chapitre 48 sur 73 · MALADIES QUI ENTRAINENT LA CHUTE DES CHEVEUX · texte numérisé non relu

MALADIES QUI ENTRAINENT LA CHUTE DES CHEVEUX

Il est des affections de la peau pour lesquelles les médecins ne sont pas toujours consultés, parce que le monde ne voit que l'effet, sans savoir quelle en est la cause. Il s'adresse alors au coiffeur ou à tous ces charlatans qui annoncent et vendent des médicaments contre la chute des cheveux, ou ayant pour vertu spécifique de les faire croître, d'en augmenter le nombre et la force. On sait jusqu'à quel point a été poussée l'impudence sous ce rapport.

Tout ce qui naît et croît clans notre économie a son organe de développement. Les cheveux, tout organisés qu'ils sont par eux-mêmes, ont néanmoins pour point de départ et d'accroissement des bulbes dans lesquels ils puisent les matériaux de leur nutrition. Ces bulbes sont placés dans la partie la plus profonde de la peau, et ils sont- enveloppés par les réseaux de son tissu, de sorte que si, par une circonstance quelconque, la peau vient à être frappée d'une maladie qui modifie sa consistance et son volume, les bulbes des poils en reçoivent une influence directe ou indirecte, mais toujours fâcheuse.

Indépendamment de la modification que reçoivent les bulbes des cheveux par la maladie de la peau, ils peuvent être malades eux-mêmes.

Dans ces divers cas, les cheveux ne trouvent plus clans les bulbes les matériaux nécessaires à leur accroissement et à leur vie ; dès lors, ils s'amaigrissent ou ils tombent.

La chute des cheveux peut donc provenir de deux ordres différents de maladies : ou de maladies de la peau, ou de maladies des bulbes. Mais ce ne sont jamais les cheveux qui sont malades par eux-mêmes, ou, s'ils le deviennent, ce n'est jamais que consécutivement et par extension de l'affection de la peau ou de celle des bulbes.

Ceci posé, on voit tout d'abord que la chute des cheveux doit être ou naturelle ou accidentelle; dans le premier cas, elle

ALOPECIE.

constitue l'alopécie proprement dite, dans le second, elle se lie à des affections cutanées diverses. On conçoit que s'il est des maladies qui, en généra], ne l'entraînent pas nécessairement, et ces maladies sont nombreuses, elles peuvent, lors de leur permanence et en vertu de l'atteinte portée à la peau par leur durée, amener une sorte d'atrophie des bulbes des poils, et par suite devenir une cause de la chute des cheveux. 11 ne s'ensuit pas qu'à l'occasion de la chute des cheveux, nous devions traiter de toutes ces maladies ; nous dirons seulement quelques mots de leur influence et des circonstances dans lesquelles elles produisent cet effet.

Alopécie. Chute naturelle des cheveux.

Congénitale.

Sénile.

Accidentelle.

Sans état morbide de la peau.

Sénile.

Suite de couches. •

Maladies générales de l'économie.

Avec état morbide de la peau ou des bulbes des poils.

Eczéma chronique.

Impétigo.

Pityriasis.

Teigne.

Vitiligo.

Herpès tonsurant.

Porrigo decalvans.

On désigne sous le nom d'alopécie la chute totale ou partielle des cheveux ou des poils , quelle qu'en soit d'ailleurs la cause. Aussi l'alopécie peut être naturelle lorsqu'elle est congénitale ou lorsque par des conditions que l'on ne peut pas apprécier, les cheveux tombent sans qu'il existe aucune maladie , soit de la peau, soit du bulbe des poils et que l'on peut seulement rapporter à l'âge cette perte de la chevelure ou des poils. De là l'alopécie congénitale ou sénile, mais la chute des cheveux peut arriver naturellement à l'âge de l'adolescence et lorsque les parents en ont été eux-mêmes atteints sans que la peau ou les bulbes paraissent malades.

11 faut, au contraire, comprendre sous la dénomination d'alopécie accidentelle une série de cas qui dérivent de causes toutes différentes entre elles, et parmi ces causes se trouvent plusieurs maladies qui par elles-mêmes entraînent forcément

la chute des cheveux ; telles sont celles que nous avons enurhérées en tête de cet article. Nous allons donc fournir quelques données spéciales sur l'alopécie congénitale et celle dite sénile; puis nous traiterons de la chute des cheveux accidentelle en rappelant les maladies qui peuvent la déterminer.

On a quelques exemples d'alopécies congénitales dans lesquelles les enfants sont nés sans cheveux, sans sourcils et chez lesquels il ne se développe, par la suite, ni barbe, ni poils. Ces entants ont la peau blanche et souvent blafarde, les paupières deviennent entièrement rouges par la suite et sans cils. Le cuir chevelu n'est pas privé de cheveux d'une manière absolue, mais il ne s'y montre qu'un duvet semblable à celui de la peau des nouveaux-nés, qui tombe après les premières semaines de la vie. Plus tard et avec l'âge ces enfants peuvent se fortifier , prendre de l'accroissement, acquérir de la force et les marques de la virilité, mais c'est en général l'exception; le plus souvent ils offrent tous les attributs de sujets mous , lymphatiques , à voix féminine et doués de peu d'énergie; cet étatest irrémédiable.

L'alopécie dite sénile se montre avec les progrès de l'âge. Elle ne porte en général que sur la chevelure et sur les poils du pubis; mais quand elle survient durant la jeunesse de vingtcinq à trente-cinq ans, c'est qu'elle est la suite soit d'une cause syphilitique, soit de condition héréditaire que l'on ne saurait apprécier. Ce n'est plus alors une alopécie sénile, c'est une alopécie dépendante de conditions toutes spéciales d'organisation acquise. Il existe pourtant une différence assez grande, entre l'alopécie de cause syphilitique et l'alopécie dite prématurée ; dans la première, les cheveux tombent de tous les points ; dans la seconde, au contraire, l'alopécie affecte ou le devant, ou le sommet de la tête, mais toujours dans le même point et d'une manière uniforme; de sorte que le front se trouve de plus en plus à découvert en procédant d'avant en arrière ; ou le sommet de la tête étant le siège de l'alopécie, il en résulte bientôt une sorte de tonsure qui va en s'élargissent peu à peu et laissant à sa circonférence les cheveux dans leurs conditions naturelles.

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La peau dans tous ces cas n'est pas le siège de maladie. Il n'y existe aucune sensation anormale ; mais Bichat a observé que dans l'alopécie sénile il s'opère peu à peu une sorte de resserrement du canal cutané des cheveux et des poils au point qu'il finit par disparaître. Il s'est donc produit là une véritable atrophie du bulbe des poils qui ne permet plus aucun espoir de taire renaître les cheveux.

Cependant lorsqu'il s'agit d'un homme jeune, le médecin doit conseiller et mettre en usage tout ce qui peut tendre ci fortifier les cheveux et que nous indiquerons en parlant de la chute des cheveux, à la suite des maladies graves.

Alopécie accidentelle. — 11 est peu de maladies sécrétantes ou non sécrétantes de la tête qui n'amènent à la longue la chute des cheveux et qui ne s'opposent à leur développement. Ainsi l'eczéma, l'impétigo, l'eczéma impétiginodes., le psoriasis, font tomber les cheveux. Cette chute n'est que temporaire. Le bulbe a plus ou moins été gêné dans sa nutrition ; une fois la maladie de la peau terminée, il reprend son accroissemént, sa vitalité, et les cheveux repoussent avec plus ou moins de vigueur, suivant que l'atrophie du bulbe a duré un temps plus ou moins long. Ainsi, tel enfant qui aura eu dès l'abord une chevelure forte, et qui sera affecté pendant plusieurs années d'un eczéma du cuir chevelu, pourra ne plus offrir, même longtemps après la guérison, pendant toute sa vie peut-être, que des cheveux minces, rares et courts. Tel autre , au contraire , verra reparaître sa chevelure aussi forte, aussi belle, si la maladie n'a duré que quelques mois.

Il n'en saurait être de même d'un favus , d'un herpès tonsurant , d'un porrigo decalvans, quoique la durée de ces affections ait été beaucoup plus restreinte, parce que dans ces maladies c'est sur le bulbe du poil que siège l'affection ; elle s'étend même aux cheveux, elle en modifie essentiellement la structure, et dès lors elle porte atteinte à l'organisation de tous les deux. Après un certain laps de temps, l'altération du bulbe est si profonde qu'il y a désorganisation ou

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atrophie complète. Le bulbe étant détruit, il ne saurait y avoir de recrudescence des cheveux , quoique la maladie elle-même soit guérie. Enfin il est certaines conditions générales qui influencent assez les cheveux pour en'déterminer la chute.

Ces préliminaires, sur lesquels nous insistons, viennent corroborer les préceptes que nous avons donnés sur la nécessité d'arrêter les affections cutanées à cette époque de l'enfance où l'organisation a pris une énergie suffisante , afin d'éviter les conséquences fâcheuses qui en sont la suite nécessaire. Il appartient donc au médecin de faire pressentir aux parents les dangers de cette sorte d'inertie , en vertu de laquelle ils laissent persister le mal. Il appartient au médecin d'appliquer , contre ces diverses maladies, les moyens que nous avons énumérés dans nos précédents articles.

Mais la chute des cheveux peut être indépendante d'une maladie de la peau ; il est probable que, dans ce cas aussi, le bulbe n'est pas malade, mais qu'il ne reçoit pas une nourriture suffisante à la croissance des cheveux. Ce n'est pas en général pendant l'enfance que l'on voit apparaître cette chute graduée des cheveux sur laquelle nous venons d'appeler l'attention ; c'est à deux époques principales de la vie : 1° à la suite des couches chez les femmes ; 2° dans l'adolescence clans les deux sexes.

Dans le premier cas, la chute des cheveux est consécutive à un accouchement dont les suites ont été longues, accompagnées de symptômes généraux ou locaux qui ont entraîné un long séjour au lit, et nécessité surtout l'abstinence la plus complète des soins ordinaires de la chevelure. La tête est restée longtemps enveloppée ; la transpiration y a été retenue ; souvent même des sueurs abondantes ont eu lieu; les cheveux n'ont pas reçu le contact de l'air ; il s'est manifesté alors un état qui doit être le précurseur des phénomènes d'une maladie qui se montre surtout dans certains pays où l'on observe 1* négligence la plus absolue et la malpropreté la plus dégoûtante; je veux parler delà plique polonaise. Je n'affirme pas que cette dernière maladie dût se montrer nécessairement, si un pareil état morbide

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se prolongeait, mais il est probable qu'elle pourrait se montrer.

Les personnes qui sont affectées de fièvres graves se trouvent placées dans des conditions pareilles lors de leur convalescence. C'est que la peau de la tête, comme la peau du reste du corps, a reçu une influence propre à modifier sa vitalité ; qu'elle veut de l'air et de la propreté ; c'est que la transpiration à la fois aqueuse et graisseuse qui s'opère à sa surface doit être soustraite, et au moyen de l'évaporation, et au moyen des agents mécaniques dont nous nous servons pour la toilette ; c'est que toute transpiration aqueuse, d'acide qu'elle est, devient alcaline et par cela même irritante pour la peau; que toute transpiration buileuse se rancit à l'instar des matières grasses, et qu'enfin les cheveux doivent vivre aux dépens de l'air, comme la peau ellemême qui absorbe des gaz et en exhale, semblables en cela aux végétaux dont notre organisation ne saurait différer, parce que tout ce qui est doué de vie dans la nature est soumis aux mêmes lois de développement comme aux mêmes conditions physiques d'organisation et aux mêmes influences extérieures. Pendant longtemps on a douté de cette exhalation gazeuse cutanée assimilable aux végétaux, parce qu'elle avait échappé à nos sens ; comme quelques personnes doutent encore aujourd'hui de l'absorption gazeuse par la peau ; et cependant rien de plus fondé en théorie comme en expérience. Si ce n'était nous éloigner de notre sujet, nous invoquerions les phénomènes les plus communs et les plus journaliers à l'appui de ces assertions. Nous avions toutefois besoin de les rappeler pour faire comprendre comment les cheveux s'étiolent et tombent à l'instar des feuilles, des fleurs et des fruits.

Il est évident que dans l'espèce il ne s'agit pas ici de maladie, et par conséquent le remède doit être puisé dans des soins hygiéniques bien ordonnés : d'abord débarrasser graduellement la tête des enveloppes que l'on y maintient pour conserver la chaleur, autant toutefois que l'état général du malade le permet; démêler peu à peu les cheveux, les passer ensuite au peigne de plus en plus fin tous les matins ; les couper du quart

et même plus tard de la moitié de leur longueur. Cette mesure trouvera souvent de l'opposition de la part de beaucoup de dames, mais elle est basée sur la saine raison ; et, pour prolonger nos comparaisons, que nous croyons justes, que fait-on à un arbre qui languit et ne donne que des pousses de peu d'importance? on coupe la plus grande partie de ses brandies et souvent même on le tronçonne pour le rajeunir, dit-on- En effet, l'année suivante il devient plus vigoureux que jamais , parce que sa séve est assez forte pour nourrir ses rejets. 11 en est de même des cbeveux; et telle chevelure qui se nourrissait mal à une longueur donnée, va croître et se fortifier avec une étendue moitié moindre ; ce sont de ces comparaisons qu'il faut faire aux malades parce qu'elles satisfont l'esprit de tout le monde.

A ces soins de propreté il faut joindre l'emploi de lotions ou de pommades toniques afin de redonner à la peau et aux bulbes des cheveux de l'activité. L'eau salée au 200e de son poids ; l'eau avec addition de sulfate de fer dans la proportion de 1 pour 100 ; la pommade au tannin ; celle de Dupuytren, mise aujourd'hui en usage d'une manière si banale : voilà des modificateurs qui conduiront certainement à de bons résultats; mais ce n'est pas sur les cheveux qu'il faut étendre ces pommades ou qu'il faut faire ces lotions, c'est sur le cuir chevelu.

Règle générale, toute croissance chétive des cbeveux chez les enfants comme chez les adolescents doit être traitée d'après les mêmes principes. Une chevelure trop fine devient plus forte et plus abondante par le raccourcissement répété et fréquent des cheveux. C'est ce que l'on fait avec avantage à beaucoup d'enfants qui ont des cheveux très fins, de nuances différentes variant du blond au roux, ce qui est d'un aspect désagréable et ce que l'on peut facilement modifier par ce moyen. Enfin dans ces sortes de cas, il faut surtout employer une médication générale qui fortifie le malade et le ramène peu à peu à sa santé primitive.

Dans les divers cas que nous venons de citer, et à l'occasion desquels nous avons donné quelques conseils puisés principale-

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ment clans l'hygiène, nous avons supposé que la peau, les bulbes des cheveux et les cheveux eux-mêmes n'étaient pas malades ; aussi, dans l'espèce, les malades n'éprouvent aucune sensation anormale , pas ou peu de démangeaisons ; ils n'ont pas de sécrétions ou de productions morbides.

Une autre forme de chute de cheveux se fait observer principalement à l'âge de l'adolescence , et c'est la plus commune ; elle se transmet dans les familles de père en fils, et il n'est pas rare de voir à vingt-quatre ou vingt-six ans des personnes devenues presque chauves de la partie antérieure de la tête à la partie postérieure, et obligées de recourir à l'art du coiffeur pour suppléer à leur infirmité. Chaque année elles sont obligées de faire donner plus d'étendue à leur chevelure artificielle jusqu'à ce qu'elles portent une perruque.

Cette perte lente, incessante de cheveux s'observe sous une autre forme chez la femme. Au même âge, et lorsque les cheveux ont pris un accroissement souvent considérable, déjeunes personnes, soit avant , soit pendant les premières années du mariage, voient, comme elles le disent, leurs cheveux s'éclaircir, quoique aucune cause apparente n'ait pu déterminer un pareil état. Les seuls phénomènes sensibles consistent dans l'apparition de petites écailles qui se détachent sous forme de farine lorsqu'elles passent le peigne fin et qui adhèrent le long des cheveux ; de sorte que cette espèce de poussière très fine est enlevée par la brosse et vient salir les vêtements durant le temps consacré à la toilette. Ajoutez à ce symptôme une démangeaison légère à la peau de la tête dans certains moments de la journée.

Plus tard, on observe dans certaines places, là où les poussières farineuses ont été plus marquées, les cheveux plus clairsemés, la peau moins garnie, en même temps que les points ou ce que l'on nomme les pores delà peau sont plus larges, à orifices plus dilatés que de coutume. Examinez la peau de plus près, et vous lui trouverez une teinte rosée qui fera contraste avec les parties non malades, car celles-ci sont d'un blanc mat.

fi OS PATHOLOGIE SPÉCIALE.

Enfin , exercez des pressions sur la peau , et elle offrira une certaine résistance comme si elle était légèrement tuméfiée ; elle sera pkis mobile, moins appliquée aux os et moins adhérente.

C'est ainsi que commence la maladie de la peau que l'on désigne sous le nom de pityriasis chronique.

Est-ce une affection du tissu de la peau qui vient à réagir sur les cheveux? est-ce une affection des bulbes? C'est ce que la science n'a pas encore déterminé d'une manière certaine. Nous sommes porté à penser que la peau et les bulbes des poils sont malades à la fois. Il faudrait que des études microscopiques fussent entreprises sous ce rapport pour décider la question. Toujours est-il que c'est à la peau qu'il faut s'adresser pour arrêter la chute des cheveux.

Notez que la maladie est diffuse , qu'elle ri est jamais circonscrite, limitée à une étendue qui précise nettement un point malade , et ce dernier caractère distingue cette affection du porrigo decalvans, de l'herpès tonsurant, du favus et du psoriasis du cuir chevelu. Or l'affection débute ordinairement chez la femme au sommet de la tête contrairement à ce qui se passe dans la chute précoce et naturelle des cheveux.

On peut guérir cette affection quand elle n'est pas trop ancienne , de manière à voir renaître une chevelure au moins aussi belle que celle qui existait. Si l'affection est ancienne et qu'elle ne soit pas encore arrêtée, on peut réduire les désordres existants et s'opposer à leurs progrès.

' J'ai cherché à établir une différence tranchée entre la chute des cheveux , qui est la conséquence d'un trouble porté dans toute l'économie par une maladie fébrile grave ou par des suites de couches de longue durée, et celle qui dépend d'un pityriasis, soit accidentel, soit héréditaire.

J'ai fait sentir que dans le premier cas il fallait fortifier la peau à l'aide de pommades et de lotions toniques ou astringentes, telles que les lotions de sulfate de fer, la teinture de cantharides, les mélanges d'eau et d'eau-de-vie, ou de rhum, les pommades au rhum, la pommade de Dupuytrcn, celle au

maladies qui entraînent la chute les cheveux. 609 lavuiîn, etc., tous moyens analogues aux médicaments que l'on prescrit à l'intérieur, et surtout à l'alimentation fortifiante, que l'on met en usage clans le but de rétablir la santé.

11 n'en saurait être de même dans la maladie dont nous nous occupons, et qui entraine la chute des cheveux sous une forme chronique, mais tenace et toujours persistante.

Faisons observer, tout d'abord, que la chute des cheveux, dont le pityriasis est la cause, peut exister seule ou être liée à une altération des voies intestinales qui en dérange les fonctions et qui amène un trouble plus ou moins prononcé dans la digestion. Ordinairement, cet état se dessine par des céphalées ou céphalalgies (migraines) dont la fréquence est en rapport avec le trouble du côté du tube digestif.

On conçoit dès lors que la maladie du cuir chevelu se lie nécessairement à cette cause, qu'elle est entretenue par elle, qu'elle augmente avec le trouble fonctionnel de l'estomac ou des intestins, et diminue ou reste stationnaire durant les améliorations temporaires qui peuvent se montrer dans la santé générale.

La migraine la plus bénigne est toujours accompagnée d'un état fluxionnaire ou congestionnel plus ou moins marqué , et cette congestion, quelque légère qu'elle soit, vient ajouter à la forme inflammatoire de la maladie de la peau.

Nous ne saurions donc trop appeler l'attention sur ces coïncidences si communes , parce qu'il n'est guère de traitement possible, pour une affection cutanée , lorsqu'une cause incessante en entretient la permanence , en venant détruire , d'un moment à l'autre, l'amélioration qu'un traitement externe bien dirigé a pu produire. Il ne nous appartient pas ici de poser les bases d'une médication appropriée à l'état du canal intestinal. Il nous aura suffi d'avoir signalé les fâcheuses conséquences de cet état, pour qu'un médecin se conduise, à cet égard, en raison des données générales de la science, et qu'il » -'utreprenne le traitement de la maladie locale qu'après avoir notablement amendé la cause qui peut perpétuer cette maladie.

Supposons donc le pityriasis isolé de toute influence locale

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