PRONOSTIC
quelques cas môme il ne succombe. Vous employez des sangsues, le la glace sur le front, des vésicatoires aux extrémités, les moyens les plus énergiques, et dans certains cas vous n'enrayez pas les accidents. Eh bien, la suppression d'une sécrétion à la surface d'une petite étendue de peau malade peut amener le même état que la suppression des poux.
Ici ce sera le tube intestinal qui se prendra, là les organes biliaires, ailleurs les poumons, mais jamais d'état pblegmasique nettement dessiné. Et comme je le faisais observer précédemment poulies poumons, ce sont des congestions à moitié sanguines, à moitié séreuses, subinflammatoires, que les antiphlogistiques ne font qu'exaspérer ; et l'on ne guérit généralement ces affections qu'en rappelant à la peau l'éruption là où elle existait, et cela par des moyens artificiels, à la tète desquels je place l'buile decrotontiglium, parce que cette huile développe toujours une inflammation sécrétante. Heureux encore quand la révulsion peut être opérée ; dans quelques cas j'ai employé en vain l'huile de croton, la pommade épispastique, les sinapismes répétés, les vésicatoires. Il semble que la peau soit tombée dans un état d'insensibilité qui la rende inaccessible aux irritants les plus énergiques.
Singulier phénomène que celui de la répercussion ou de la métastase, car il peut y avoir l'une ou l'autre, suivant les circonstances. Ainsi un malade sort d'un bain chaud ; il reçoit l'impression de l'air froid, l'affection cutanée disparaît ou s'atténue notablement: il y a répercussion. Mais dans beaucoup de cas, sans cause appréciable connue, la maladie cutanée s'éteint pour être remplacée par un état morbide général ou local plus ou moins grave : c'est alors de la métastase dont la cause nous échappe.
C'est ici le lieu de faire connaître un fait que nous avons établi presque en axiome depuis quelques aimées : à savoir, que toute maladie de peau disparait ou peut disparaître sous l'influence d'un état morbide général de l'économie. Et, chose remarquable, si cette affection cutanée donne lieu à quelque production animale ou végétale, tous les insectes ou les productions organiques disparaissent a un tel point, que le malade se croit guéri de sa maladie de peau, el que le médecin est disposé à entrer dans cet ordre d'idées. Ainsi,
plus de traces de gale ou d'acarus, ou de poux, si la maladie était la gale ou une affection pédiculairé; plus de productions végétales de la teigne, de Y herpès tonsurant, si ces affections préexistaient à l'état fébrile général. Les maladies sécrétantes et non sécrétantes sont dans le même cas.
Tant que durera cet état morbide interne, qui pourra être avec ou sans fièvre, l'affection de la peau sera maintenue à l'étal de disparition : ainsi, soit une fièvre typhoïde, qui dure cinq à six septénaires, la gale, la teigne ou toute autre rpaladie cutanée, auronti complètement disparu durant ce laps de temps.
Le malade vient- il à entrer en convalescence, celle-ci n'est réellement franche que lorsque l'affection de la peau reparaît. J'ai pris pour exemple la gale et la teigne, parce qu'il est fort surprenant qu'une maladie produite par un insecte s'anéantisse durant une maladie générale pour se réveiller ensuite à la convalescence : telle est donc la puissance de cet état général qu'elle encliaine l'évolution même d'un animal parasite; à plus forte raison enchaîne- telle l'évolution d'une maladie de la peau. Mais dans l'un comme dans l'autre cas la maladie sommeille, que l'on me passe celte expression ; puis à la convalescence elle se montre avec les mêmes caractères, sauf l'intensité, qui généralement est moindre.
Telle est d'ailleurs la ténacité de certaines affections cutanées chroniques, qu'une maladie exanthémateuse n'en fait pas toujours justice, et cependant c'est une nouvelle affection cutanée générale, succédant à une affection cutanée toute locale et limitée à une très petite surface. L'exemple suivant en est une démonstration bien évidente.
Un homme est dépuis trois mois traité dans nos salles pour une urticaire chronique datant de dix huit mois; il est pris de phénomènes généraux ou prodromes d'une affection exanthémateuse, et, en effet, au bout de deux jours on voit apparaître une roséole générale. Néanmoins Vurticaire persiste, les prodromes ne cèdent cependant pas, et le surlendemain apparaît un purpura aigu ; puis au cinquième jour se montre une variole con/luenle: alors cesse l'urticaire. La variole parcourt toutes ses phases, et sa gravité est si grande, qu'elle met les jours du malade en danger à cause des phé-