VI. ANATOMIE DE LA PEAU COMPARÉE A LA PATHOLOGIE
Pendant longtemps la peau fut regardée comme un tissu composé de deux couches superposées, l'épiderme et le chorion. Après les travaux de Malpighi, les anatomistes s'accordèrent à reconnaître comme intermédiaires à ces deux tissus le corps muqueux et le corps papillaire.
Le derme était le canevas de la peau; le corps papillaire s'y trouvait superposé et résultait d'un assemblage de petites éminences formées par les extrémités des nerfs et des vaisseaux, qui, après avoir passé par les trous dont était criblé le chorion, se groupaient en petits pinceaux dans un tissu spongieux érectile ; organes essentiellement nerveux suivant les uns, nerveux et vasculaires suivant les autres, parce qu'ils y admettaient l'existence de vaisseaux exhalants et absorbants.
Quant au corps muqueux, c'était un produit sécrété par les papilles et destiné à les lubrifier. Il renfermait en outre la matière colorante.
Bichat mit en doute l'existence du corps muqueux comme tissu propre, et le considéra comme une couche vasculaire chargée de la triple fonction d'exhalation, d'absorption et de production de matière colorante.
Gaultier émit sur le corps muqueux de nouvelles idées. Il le regarda comme étant formé de quatre couches: la plus profonde, à bourgeons vasculaires ou sanguins ; la deuxième, albuginée profonde ; la troisième, membrane brune; et la quatrième, albuginée superficielle, La première et la troisième seules douées d'organisation et remplissant les fonctions d'exhalation et d'absorption.
Chaussier a constamment nié l'existence de ces quatre couches.
Enfin, MM. Breschet et Boussel de Vauzème furent conduits à revenir aux idées anciennement émises en considérant la peau comme formée de deux feuillets superposés, le chorion et l'épiderme
Quoiqu'il en soit de ces divergences sur les tissus lamelleux de la peau, on admettait 1 existence de vaisseaux exhalants et absorbants. On avait même mesuré leurs orifices dans un espace donné, et