MÉDICATION COMPOSÉE OU MIXTE
aura. D'ailleurs elle est insoluble, il est par conséquent impossible d'en mesurer l'absorption ; aussi est on souvent obligé de donner ce sel à des doses énormes, 5, 10, 15, 20 centigrammes par jour. Mais telles sont la patience et ia foi de quelques praticiens en ce médicament, que je j'ai vu administrer à des malades pendant un an de suite et sans interruption, malgré son inefficacité dans le cas particulier. Le même engouement a existé pour l'iodure de potassium dont on a fait abus en portant la dose de son administration à 2, k, 6 et 10 grammes par jour. Aussi que de gastralgies difficilement curables n'a-t-on pas développées à cette dose! Quand un malade rend un médicament par les urines, c'est que l'économie en est saturée; c'est que l'agent thérapeutique produit tout l'effet qu'il doit produire, sauf l'action locale qu'il peut exercer durant son contact avec l'estomac. Or un malade qui prend l'iodure de potassium à la dose de 5 décigrammes à 75 centigrammes rend tous les jours de l'iodure de potassium par les urines.
C'est d'après les mêmes idées que je formule encore un sirop dans lequel entrent pour 500 grammes, 10 grammes d'iodure de potassium, 15 à 18 centigrammes de sublimé, et 35 centigrammes d'extrait thébaïque. Le malade prend une cuillerée à bouche de ce sirop matin et soir, dans un verre de tisane sudorifique.
S'agit-il d'une forme syphilitique scrofuleuse, je donne l'huile de foie de morue préalablement à un verre de tisane additionnée d'une cuillerée à bouche de sirop mercuriel et ioduré. Le sujet est-il débilité, je fais prendre des pilules ferrugineuses dans le cours de la journétî et je fais boire de l'eau ferrugineuse aux repas. Enfin, dans les accidents tertiaires de la syphilis où les os sont malades, je joins l'arsenic à ces préparations, en faisant composer un sirop dans lequel entre l'iodure de fer, l'iodure de potassium, le biehlorure de mercure et la solution de Fowler. (Voyez Formulaire.)
Ces médicaments composés se prêtent merveilleusement au traitement de la scrofule et des maladies de la peau à forme scrofuleuse et syphilitique à la fois. Ainsi, dans la scrofule, je ne donne jamais l'huile de foie de morue sans vin de gentiane et sans sirop d'iodure de fer, le tout battu ensemble, mélange après lequel je fais prendre une tasse de tisane d ehoublon ou de décoction de
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feuilles de noyer. Souvent aussi j'introduis dans la composition du sirop d'-iodure de fer que je fais préparer extemporanément, c'est-à-dire en combinant directement le fer à l'iode (voy. Formulaire Préparation), une certaine quantité d'iode libre et d'iodure de potassium : ainsi, 5 à 10 centigrammes d'iode pour 500 grammes de sirop et 6 à 8 grammes d'iodure de potassium pour la même dose La base de mon traitement de la scrofule, c'est la réunion des tisanes amères , du vin de gentiane, de l'huile de foie de morue et de l'iodure de fer, une cuillerée à bouche, matin et soir, de chacun d'eux. J'augmente la dose de l'huile en laissant subsister celle du vin de gentiane et du sirop d'iodure de fer ; je porte la dose de l'huile à a et 6 cuillerées à bouche par jour, en progressant d'une cuillerée tous les trois jours pour les engorgements ordinaires avec ou sans abcès. S'il s'agit d'une carie, j'y ajoute l'iodure de potassium et l'iode; s'il s'agit d'un lupus , j'augmente la dose . d'huile jusqu'à 8 à 10 cuillerées par jour. J'ai renoncé à ces doses exagérées d'huile que j'employais autrefois, 12, 16 cuillerées par jour - elles n'amènent pas de résultats plus prompts, elles fatiguent l'estomac, elles causent des diarrhées qui obligent à suspendre l'emploi des médicaments.
Ces doses sont celles qui conviennent dans l'adolescence ou dans la jeunesse ; elles seraient trop fortes.pour des entants.
Souvent aussi je joins à ces médicaments l'usage d'une liqueur alcoolique à principes amers, telle que celle de M. Demaulon, pharmacien à Compiègne, que j'ai déjà préconisée et qui a pour base toutes substances végétales à principes amers, ou bien le sirop antiscorbutique. C'est au médecin à choisir entre le vin de ■ gentiane, le sirop antiscorbutique et la liqueur alcoolique que je
viens de citer. . .
Cette thérapeutique d'ensemble, dans laquelle je suis entre depuis un certain nombre d'années, me donne de tels succès qu'aujourd'hui ie ne repousse aucun scrofuleux de mon service, et que , i-aborde avec le plus grand succès un grand nombre de ces maladies que les chirurgiens ont qualifiées de noli me tangere, maladies nne je guéris dans l'espace de quelques mois. Je pourrais, a cet égard invoquer le témoignage de plusieurs de mes collègues des