‹ Traité pratique des maladies de la peau [electronic resource]Chapitre 35 sur 77 · TROISIÈME GROUPE · texte numérisé non relu

TROISIÈME GROUPE

Affections syniptomatiqucs d'altérations dn sang.

Nous réunissons dans ce quatrième groupe des maladies qui peuvent présenter entre elles des analogies de causes, de forme morbide et de traitement. Quoi de plus voisin, en effet, que Yecthyma cachecticum et le rupia? Existe-t-il des maladies qui offrent entre elles plus d'affinités que le purpura et le scorbut ? Le pempfiigas ne naît-il pas à la suite de toutes les causes que peuvent faire naître aussi ces quatre maladies? Nous pourrions même y joindre Vimpetigo scabida, si ce n'était une forme composée. Et si nous envisageons ces cinq affections dans leur ensemble, nous verrons que dans toutes il y a un état spécial du sang qui doit tout d'abord attirer l'attention du médecin ; cet état, on l'exprime facilement à la pensée par cette locution vulgaire, mais bien caractéristique, en disant qu'il y a appauvrissement du sang.

Ces cinq maladies se développent dans les mêmes circonstances : c'est le chagrin prolongé, la misère, ou les excès soit de débauche, soit de travail, sans une alimentation correspondant à la déperdition des forces ; et dans toutes ces conditions se retrouve en définitive un défaut de renouvellement du sang par les matériaux de la

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nutrition. Le chagrin, connue la fatigue, affaiblit les forces digcsjaves; quoique le sujet puisse taire usage d'une bonne alimentation, son estomac ne peut fonctionner suffisamment, et l'assimilation n'est plus en rapport avec la déperdition des forces. Cette cause existe tout entière dans les conditions de misère où la personne peut se trouver. Aussi, pour peu que le chagrin, la misère, la fatigue, viennent à agir sur une personne âgée, l'épuisement des forces est rapide et le développement des maladies qui nous occupent le suit de près. Le scorbut, qui est si commun chez les marins, ne se montre chez eux que lorsqu'ils sont privés depuis un certain temps d'aliments substantiels, alors qu'ils sont réduits à l'usage de salaisons et de biscuits, et encore dans une proportion souvent insuffisante. Le purpura, il est vrai, se lie fréquemment à des états gastralgiques ou à des affections chroniques du tube digestif, mais là encore l'altération même des voies digestives s'oppose à la nutrition.

Il est donc peu de maladies cutanées où l'indication thérapeutique soit mieux dessinée et qui justifie plus le rapprochement que nous en faisons, indépendamment de la forme morbide ellemême. Que nous sert, en effet, de savoir que le rupia a pour élément une vésicule ou une bulle ; que Yecthyma cachecticum est une affection pustuleuse à forme spéciale ; que dans le scorbut, comme dans le purpura, on rencontre des taches qui sont produites par du sang sorti des parois vasculaires pour amener soit l'apparence érythémateuse, soit celle ecchymotique ? Ce qui est important, c'est de connaître la cause réelle de ces affections ; or cette cause est de même nature pour ces cinq maladies, puisque ces maladies réclament la même thérapeutique à quelques nuances près; il faut donc, pour les praticiens, les grouper entre elles afin d'en tracer les caractères et de pouvoir mieux nuancer les indications thérapeutiques qu'elles réclament. Ainsi se trouvent justifiées, je crois, les conditions dans lesquelles nous nous sommes placé, qui heurtent sous plus d'un rapport l'ordre d'exposition des maladies d'après les éléments auatomico- pathologiques qui les constituent.

PATHOLOGIE ET THÉHAPKU'NQUK SPÉCIALES.

Pe mphigus [•Kifxft^, bulla, ou TTEjuitptdXu^, bullcî) '. hydroa. exanthemata bullosum ; morbusvesicularis ; morbus phlyctenoid.es ; àffèctio scorM tica pustidosa; febris bullosa; pemphigodes ; pemphigus ; pemphix ; erysipelas vesiculosum.

Suivant l'époque de son développement :

Congénital.

Le nombre des bulles:

Solitaire.

Confluent.

Le mode de développement:

Simultané.

Successif.

Sa marche :

Aigu.

Chronique.

Avec ou sans fièvre :

Pyrétique.

Apyrétique.

Sa l'orme composée :

Herpès pemphigoïde.

Nous allons tracer l'histoire d'une des maladies les plus graves de la peau, celle qui, avec le rupia, amène parfois la mort. Elle affecte surtout les deux âges les plus opposés de la vie, l'enfance et la vieillesse ; non pas qu'elle ne puisse se montrer à une autre époque de la vie, mais en général c'est durant les premiers mois de la naissance, ou vers l'âge de soixante ans, qu'on l'observe le plus souvent.

Par un contraste fort singulier, elle peut se présenter sous la forme la plus discrète, une à deux bulles seulement, ou sous la plus confluente, procédant de la tète aux pieds, et envahissant successivement tout le corps sans laisser un point de peau saine. C'est une chose fort remarquable que ce contraste entre le pemphigus que l'on a nommé solitaire et le pemphigus diutinus ou successif.

Rien de plus facile d'ailleurs à reconnaître que cette maladie. Partout où naît, sans cause extérieure, une bulle plus ou moins large ressemblant à l'ampoule du vésicatoire ou à celle de la brûlure, c'est là un pemphigus (voy. planche P°). Que la bulle soit isolée et seule, qu'elle soit multiple et à l'infini, si elle égale depuis le volume d'une lentille jusqu'à l'ampoule la plus large du vésicatoire, c'est le pemphigus. Aussi, dans cette maladie, on n'aperçoit tout d'abord que l'épiderme soulevé par de la sérosité citrinc et formant bulle plus ou moins volumineuse, sans aucune apparence in-

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